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Exclusif : Valérie Plante veut faire annuler l’hiver !

FD-TROTTOIRS-GLACES
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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Le titre de ce billet se veut bien évidemment ironique. Son sujet n’en est pas moins sérieux.

Désolée pour les non-Montréalais, mais les citoyens de Montréal sont nombreux à en avoir ras-le-bol d’une administration qui semble ignorer l’existence même de l’hiver et des effets pourtant connus des changements climatiques sur celui-ci.

L’hiver dernier et l'hiver actuel, l’administration de la mairesse Plante - et quelques-uns des barons les plus entêtés d’arrondissement -, semblent ne rien comprendre aux dangers concrets posés par la pluie verglaçante pour la santé publique.

Comble de malchance, ils l’ignorent encore plus si la dite pluie verglaçante a le culot de tomber en plein temps des Fêtes.

L’an dernier, de nombreux Montréalais ont «patiné» dangereusement sur leurs trottoirs pendant des semaines ! Je répète : pendant des semaines.

La raison ? À la première tombée de pluie verglaçante, l’épandage de sable et/ou de sel sur les trottoirs s’était fait aussi rare qu’un Philippe Couillard après une défaite électorale.

Pas besoin de donner de détails. Les fractures et blessures de toutes sortes se sont multipliées. De peur d’atterrir à l’urgence après avoir atterri sur le dos ou sur la hanche, les personnes plus vulnérables physiquement étant aussi obligées de rester prisonnières chez-elles.

Non mais, de qui se moque-t-on ici ?

Idem cet hiver. Pauvres nous, encore de la pluie verglaçante en plein temps des Fêtes.

Pendant qu’à l’Hôtel de ville, on nous a juré que les trottoirs des grandes rues étaient sécuritaires, le bullshitomètre des Montréalais a fracassé son record de l’hiver dernier.

Comme d’autres, j’habite sur une rue de ces rues, et je peux vous dire qu’après la première pluie verglaçante de cet hiver, nos trottoirs étaient IMPRATICABLES, tellement la glace les recouvrait.

Alors, dites-nous, madame la mairesse, ça sert à quoi de payer des taxes ?

Assurer la sécurité de vos citoyens contre des éléments comme la glace, ça ne vous tenterait pas de le faire? Même dans les «deux langues», si ça vous le chante.

Les Montréalais ne vous demandent pas de trouver le remède contre le cancer ou de résoudre le mystère de la Caramilk.

Ils vous demandent à vous et aux arrondissements de voir à vos responsabilités.

Où j’habite, pour marcher sans finir en ambulance, il a fallu emprunter la piste cyclable qui, elle, comme par magie, était parfaitement dégagée de glace.

Or, il s’adonne aussi que la même piste cyclable est collée sur la seule voie restante de circulation automobile. Donc, d’y marcher est dangereux.

Pis encore, le Journal nous apprenait ce matin que vos fameux «croque-glaces» que vous vantiez tant l’an dernier comme solution aux trottoirs glacés, dorment au garage ! La belle affaire.

Au cas où vous l’auriez manqué, voici l’article en question :

«Les « croque-glaces » acquis par la Ville de Montréal pour régler le problème des trottoirs-patinoires n’ont toujours pas été utilisés, malgré l’accumulation de glace des derniers jours.

En janvier dernier, après un épisode de verglas, la mairesse Valérie Plante avait annoncé l’acquisition de ces brise-glaces rotatifs qui valent près de 20 000 $ chacun.

« À cause des changements climatiques, on va être de plus en plus confrontés à ce phénomène. Il faut adapter notre armada », avait-elle alors déclaré, surnommant affectueusement ces appareils « croque-glaces ».

La mairesse expliquait qu’un projet pilote mené avec deux brise-glaces dans l’arrondissement Ville-Marie pendant deux hivers avait été concluant.

Depuis, la Ville a acheté huit autres de ces rouleaux à dents pouvant être placés sur des chenillettes à trottoirs. Quatre ont été livrés et trois autres sont loués pour cet hiver.

La forte pluie suivie d’un froid glacial des derniers jours semblait donc une belle occasion pour sortir la nouvelle artillerie. Ça n’a pas été le cas.

Selon Audrey Gauthier, relationniste à la Ville de Montréal, la glace est « trop mince » pour pouvoir utiliser les croque-glaces.

« Il faut des conditions particulières, comme une épaisseur de glace d’au moins un pouce pour les utiliser », a-t-elle indiqué.

La Ville de Kirkland, qui possède aussi deux brise-glaces, a également confirmé ne pas s’être servie de ces appareils pour la même raison.

« La glace était trop molle ou pas assez épaisse, a soutenu la chef de division des travaux publics, Karine Lacharité. Par contre, nous allons les sortir [jeudi]. La température influence beaucoup l’utilisation de ces équipements. »

Dans cette ville, comme à Montréal, c’est l’épandage classique de sel et d’abrasif qui a été privilégié. « Il y a eu deux opérations d’épandage dans les dernières 24 heures », a précisé Audrey Gauthier.

Le responsable du déneigement au sein de l’administration Plante, Jean-François Parenteau, n’était pas disponible pour répondre à nos questions hier.

Reconnaissant des lacunes dans le déglaçage l’an dernier, celui-ci avait promis à l’automne que les épisodes de trottoirs glacés étaient du passé.

Il envisageait notamment une réaction plus rapide des arrondissements. « On double la quantité de sel pour être dans des actions préventives. Il n’y a aucune raison pour qu’on se retrouve avec des épisodes de trottoirs glacés cette année », avait-il affirmé au journal Métro.»

***

Bref, des «croque-glaces» qui ne croquent pas grand-chose, à moins de jouir de «conditions particulières» pour le faire. Du grand n’importe quoi payé à même les fonds publics.

Déglacer les trottoirs est pourtant une priorité en santé publique.  Si les croque-glaces ne servent à rien, les abrasifs, eux, font la job.

Ça prend pas le pogo le plus dégelé de l’Hôtel de Ville pour le comprendre...