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La vie, pourquoi?

Happy pregnant woman
Photo Adobe Stock

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Une enquête surprenante dans La Presse, hier, nous apprenait que le nombre de centres d’information sur la grossesse pro-vie au Québec est passé de 15 à 27 en deux ans, comme si c’était un scandale absolu.

J’ai terminé la lecture du dossier avec un poids sur l’estomac et l’impression que donner la vie est une bien vilaine chose. Un certain féminisme n’aime pas les enfants et les familles traditionnelles.

Quand des militantes pro-avortement en sont rendues à dénoncer le « bonheur d’être parent » comme un argument vicieux pour choisir de mener une grossesse à terme, nous nous enfonçons, béats d’égoïsme, dans une société en culture terminale.

Zéro menace

Ces centres, que je n’endosse pas, ne constituent pas une menace à nos libertés fondamentales. Les faire taire, oui.

Rien ne peut déboulonner le jugement Morgentaler dans lequel Bertha Wilson, première femme juge à la Cour suprême, établissait que l’avortement était un droit pour les femmes, mais que l’État avait aussi la responsabilité de protéger le fœtus, notamment dans le cas d’avortements tardifs.

Ce que le Canada n’a pas fait, et ne fera jamais, imitant ainsi la Chine, la Corée du Nord et le Vietnam.

Simone Weil, l’héroïne féministe qui a légalisé l’avortement en France, disait que « l’avortement était un échec quand il n’était pas un drame » et mettait les femmes en garde contre la pente savonneuse de la banalisation. Bertha Wilson aussi percevait l’avortement comme une solution de dernier recours. Ces voix de la modération n’existent plus. Seules les extrémistes se font entendre, les religieux pour qui l’avortement est un meurtre et les pro-choix radicales pour qui un fœtus n’est qu’un amas de cellules.

En l’absence de loi, de contre-pouvoirs, des organismes vont prendre le relais pour équilibrer un discours majoritairement pro-avortement. Quel mal à présenter leur point de vue à qui le demande ? Ces gens ne débarquent quand même pas chez les femmes enceintes à l’improviste.

« ... nous présentons aux jeunes femmes les trois options juridiques disponibles dans notre province : l’adoption, la parentalité et l’avortement », dit Allan Heron du centre Options.

Et alors, vous en connaissez d’autres ?

Les centres pro-vie tripotent la vérité, mais quand des féministes les accusent de vouloir « humaniser » les fœtus, je descends. À terme, un fœtus deviendra un être humain, non ?

Pour ou contre ?

Si une femme décide de mener sa grossesse à terme après avoir écouté un baratin religieux, c’est son droit. Les centres pro-vie, ou pro-choix, ne forcent personne à agir contre leur conscience ou leur volonté.

Les groupes pro-choix ne font pas dans la dentelle non plus : le fœtus est un parasite, une excroissance du corps de la femme, une tumeur, une verrue, etc.

Et puis, est-il si scandaleux de suggérer l’adoption au lieu de l’avortement ?

Critiquer ces organismes est de bonne guerre. Les diaboliser envoie le message que les femmes sont incapables de choisir ce qui leur convient, qu’elles sont des petites choses fragiles à qui la gauche doit tenir la main pour traverser la vie.