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Les québécophobes

Trudeau Couillard
Photo Agence QMI, Simon Clark L’extrême droite, qui menace les démocraties occidentales, se nourrit du refus de bien-pensants, comme chez nous Trudeau, Couillard et une partie des libéraux et des dirigeants de Québec solidaire, d’admettre que le racisme n’est pas réservé aux citoyens du pays d’accueil, mais qu’il caractérise aussi une partie de ceux qui y débarquent.

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Ce n’est pas sans un pincement douloureux au cœur que je rédige cette chronique. Je suis consciente que certains lecteurs à la tête brûlée et aux préjugés violents peuvent instrumen­taliser mes propos.

Le silence dicté par la rectitude ambiante et les agitations d’une gauche multiculturelle qui envahissent les réseaux sociaux alimentent le dérapage de trop d’ennemis du Québec. Du Québec francophone, précisons-le.

Des guerriers de la pensée, des fondamentalistes religieux de même que des anglos du Québec et du Canada pratiquent sans vergogne une détes­tation de ce que nous sommes.

L’on n’a qu’à lire la presse anglo­phone pour être édifiés. Nous sommes encore et toujours des porteurs d’eau pour nombre de nos compatriotes, qui ignorent sans doute cette réalité qu’est la réussite spectaculaire d’une haute bourgeoisie québécoise francophone. Laquelle, curieusement, se retrouve, l’hiver, réunie selon un réflexe clanique dans certains quartiers ultrachics de la Floride.

Indifférence

Aux yeux de nombre d’immigrants canadiens de première et de seconde génération, les Québécois francophones ne sont qu’une communauté ethnique et culturelle comme eux. Et c’est ainsi qu’ils ignorent notre histoire et notre culture. Dans le meilleur des cas, nos agitations collectives les laissent indifférents.

Notons d’ailleurs que les lobbies des communautés culturelles n’ont aucune difficulté à ouvrir les portes du pouvoir à Ottawa. Il n’y a que le Québec qui se fait rabrouer à coups de discours moralisateurs lorsqu’il revendique certains droits collectifs. Dont celui de limiter le nombre d’immigrants, par exemple, afin de mieux les intégrer, comme le répète inlassablement François Legault.

De nombreux groupes ethnoculturels vivant au Québec revendiquent des droits spécifiques et des accommodements en dénonçant notre « racisme systémique ». Et dans ces groupes, l’on nourrit des sentiments ambigus à l’égard de la majorité francophone.

Disons-le sans noyer le poisson, de soi-disant porte-parole et des provocateurs patentés expriment une forme de mépris et de dénigrement envers les Québécois à leurs yeux peu instruits des réalités mondiales. Ces fomen­teurs de troubles sont dangereux dans la mesure où ils sont eux-mêmes des pyromanes sociaux.

Racisme partagé

Il faut résister à la tentation du rejet des immigrants qui guette les Québécois bon enfant blessés par de telles accusations. L’extrême droite, qui menace les démocraties occidentales, se nourrit du refus de bien-pensants, comme chez nous Trudeau, Couillard et une partie des libéraux et des dirigeants de Québec solidaire, d’admettre que le racisme n’est pas réservé­­­ aux citoyens du pays d’accueil­­­, mais qu’il caractérise aussi une partie de ceux qui y débarquent.

Des Charkaoui, des Zaazaa et d’autres immigrants racisés qui nous crucifient publiquement sont des gens dangereux. Les musulmans, eux, nuisent avant tout à la majorité musulmane établie au Québec et qui se comporte en citoyens respectueux et reconnaissants.

Les Québécois francophones n’ont pas l’appui des anglophones nés ici et qui ne s’insurgent guère contre de telles attaques. Trop d’entre eux ont plutôt le réflexe de se plaindre d’être mal servis et maltraités par le Québec français.

Décidément, il y a urgence d’éteindre ces foyers d’intolérance entretenus par des groupes minoritaires, qui néanmoins hurlent aux loups.