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Quand c’est le temps de foncer

Cédric Chaperon a travaillé pendant deux mois avec un artisan soudeur pour construire sa remorque

Cédric Chaperon, fondateur de La roue libre. Son entreprise fait des livraisons de colis à vélo.
Photo Chantal Poirier Cédric Chaperon, fondateur de La roue libre. Son entreprise fait des livraisons de colis à vélo.

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Démissionne, démissionne pas... Cédric Chaperon a jonglé avec cette idée pendant 18 mois alors qu’il montait son projet d’entreprise. Son idée : créer La roue libre, un service de livraison de marchandises à vélo.

« C’est un concept qui offre plusieurs avantages dans un milieu urbain. En plus d’être rapide, il est aussi écologique. Il existe un service du genre un peu partout à travers le monde. Il était temps que ça arrive à Montréal », explique-t-il.

Finalement, sa valse-hésitation a pris fin quand son poste de chargé de projet pour un organisme voué à la protection de l’environnement a été aboli à la suite d’une vaste restructuration. Même si l’annonce l’a pris par surprise, il y a vu un signe qu’il était temps pour lui de foncer.

Il a profité du programme Soutien au travail autonome d’Emploi-Québec pour monter son plan d’affaires. Il a de plus bénéficié d’un accompagnement « qui a fait une différence ». À partir de ce moment-là, les choses ont déboulé.

Il a travaillé pendant deux mois avec un artisan soudeur pour construire la remorque munie d’un caisson étanche et sécurisé qui est tirée par un vélo électrique. Il est ainsi en mesure de livrer différents types de marchandises pouvant aller jusqu’à 400 livres.

Objectifs financiers atteints

En activité depuis moins d’un an, il a déjà atteint les objectifs de son plan d’affaires.

« Le démarchage de la clientèle va bon train, dit-il. Je recherche principalement des entreprises qui ont des besoins réguliers et récurrents. »

Comme ce torréfacteur qui a confié à la jeune entreprise la livraison de son café dans différents quartiers de la métropole. Il fait également la tournée hebdomadaire des restaurants pour distribuer le pain d’une boulangerie établie dans Villeray.

En novembre, il a conclu un partenariat avec Cook it dans le cadre de son projet pilote de kit durable qui vise à remplacer ses boîtes de carton et ses emballages de plastique par des contenants 100 % réutilisables.

Pour l’entreprise de prêt-à-cuisiner, « la livraison à bicyclette lui permet d’atteindre son objectif de réduire au maximum son empreinte écologique. Je livre le sac aux clients et je récupère celui de la semaine précédente », explique le jeune entrepreneur.

Cook it vise à offrir ce nouveau service à l’ensemble de sa clientèle d’ici deux ans.

Malgré ces perspectives favorables, il doit encore convaincre ses clients potentiels de l’efficacité de son service. « Il faut démontrer la pertinence de la logistique à vélo. On le sait, ce sont les derniers kilomètres jusqu’aux clients finaux qui coûtent le plus cher. Malgré la congestion routière, on peut livrer rapidement et à moindre coût que les modes de transport réguliers. »

Ses clients sont également soucieux de l’aspect sécurité de leur marchandise. « C’est pourquoi les prochains caissons seront plus grands et isolés pour bien conserver notamment les produits alimentaires. Je prévois également avoir bientôt des remorques réfrigérées, ce qui me permettra d’ouvrir un nouveau marché. »

Un regret

Dans la prochaine année, son objectif est de doter La roue libre d’une flotte de vélos électriques pour desservir une plus large clientèle. Après avoir investi ses fonds propres dans le démarrage de son entreprise, il est donc à la recherche de financement pour procéder à l’achat de matériel roulant.

Après avoir tant hésité à se lancer, il sait aujourd’hui qu’il est sur la bonne voie.

« Avec le recul, je me dis que j’aurais dû faire le saut plus tôt, avoue-t-il. Quand on a une bonne idée, il faut y aller, même si c’est difficile de quitter un emploi. On vit beaucoup d’incertitudes, mais on se retrouve aussi devant un grand champ des possibles. »

Il a surtout la satisfaction de contribuer à la protection de l’environnement. « J’ai travaillé pendant des années à monter des projets de sensibilisation à la lutte aux changements climatiques. Malgré l’urgence d’agir, il est encore difficile de faire avancer les choses. J’avais envie de poser des actions concrètes. »

Son parcours

  • Cédric Chaperon, 32 ans
  • Maîtrise en Sciences politiques, profil Environnement, Université Jean-Moulin Lyon 3, 2009
  • Responsable des dossiers Énergie et Changements climatiques, Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ), 2009 à 2017
  • Fondateur de La roue libre, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  • « D’avoir privilégié les réseaux sociaux. Malgré le temps que je dois y consacrer, cela m’a permis de décrocher des contrats. Bien communiquer, ça rapporte. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « De ne pas avoir trouvé de partenaires d’affaires dès le début. »

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