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La viande d’ours noirs fait de plus en plus d’adeptes

Plus de 6500 bêtes ont été abattues au Québec, surtout pour être dégustées

GEN-OURS
PHOTO COURTOISIE La chasseuse Stéphanie Vadnais avec son premier ours, chassé lors de la fin de semaine de la fête nationale l’été dernier, dans la réserve faunique Ashuapmushuan, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle affirme que la viande est délicieuse.

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Les chasseurs québécois aiment de plus en plus la viande d’ours noirs, au point où le nombre de bêtes chassées durant la dernière saison a fracassé un nouveau record.

Pas moins de 6513 ours noirs ont été abattus par les chasseurs en 2018, ce qui représente une hausse de 28 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, selon un bilan préliminaire du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, présenté à la fin décembre.

Par ailleurs, 18 277 permis de chasse à l’ours noir ont été délivrés l’an dernier dans la province, contre 17 000 en 2017.

Cette hausse s’explique entre autres par le fait que la viande d’ours a meilleure réputation qu’autrefois et qu’elle est de plus en plus consommée, selon plusieurs pourvoyeurs contactés par l’Agence QMI.

« Les gens étaient un peu dédaigneux de manger de l’ours, mais je te dirais qu’il y a eu une éducation qui s’est faite à ce niveau-là avec les réseaux sociaux. Les gens sont maintenant très friands de la viande d’ours », a mentionné Serge Dapra, de la Pourvoirie Lac Suzie, en Abitibi-Témiscamingue, dimanche.

Délicieux

Le goût de la viande est justement ce qui a motivé la chasseuse Stéphanie Vadnais à chasser l’ours noir pour la première fois, l’été dernier.

La chasseuse n’a mis que trois heures à abattre un ours de

275 livres, dans une réserve faunique du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La bête est délicieuse, selon elle.

« J’ai cuisiné un mijoté, la semaine passée, que j’ai partagé avec des gens dans le temps des Fêtes. Et c’était unanime [c’était délicieux] », affirme-t-elle.

Elle entend chasser l’ours à nouveau l’année prochaine.

En plus de la viande qui gagne en popularité, les Québécois connaissent maintenant mieux l’animal, selon le guide de chasse et chroniqueur Michel Therrien.

« C’est un animal qui collabore assez bien quand on a fait un bon subterfuge. À ce moment-là, initier quelqu’un à la chasse à l’ours, ça devient une activité de plus en plus commune au Québec », explique-t-il.

Stricte

La chasse à l’ours reste néanmoins beaucoup moins populaire que la chasse à l’orignal. Les chiffres préliminaires du ministère indiquent que trois fois plus d’orignaux que d’ours noirs ont été abattus pour la même période, soit 19 696 bêtes.

Ce n’est toutefois pas parce que la chasse à l’ours va bien qu’il faudrait assouplir les règles, selon certains pourvoyeurs.

« Les ours n’ont pas des petits tous les ans et ils n’ont pas de grosses portées. Le risque de faire diminuer la population m’inquiète », soutient Éric Nadeau, de la Pourvoirie Club Fontbrune, dans les Laurentides.

Les femelles ont des portées tous les deux ans.