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Ford Mustang Bullitt: la machine à voyager dans le temps

La Mustang Bullitt est une nouveauté au sein de la gamme 2019 du populaire Pony Car de Ford.
Photo courtoisie La Mustang Bullitt est une nouveauté au sein de la gamme 2019 du populaire Pony Car de Ford.

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La Ford Mustang Bullitt 2019 marie deux mythes qui perdurent : celui du populaire Pony Car lancé par Ford il y a plus de 50 ans et celui d’une grande production hollywoodienne qui a contribué à la célébrité du grand acteur Steve McQueen.

La conduite de certaines autos peut avoir un effet magique. C’est le cas de la Ford Mustang Bullitt 2019. Elle m’a fait voyager dans le temps. Elle m’a ramené à l’époque où je conduisais ma première Mustang, une Hardtop noire 1964 1/2. Elle avait été millésimée ainsi parce qu’on avait lancé cette nouveauté au printemps plutôt qu’à l’automne, une façon de faire inhabituelle à l’époque.

C’était la première Mustang que recevait le concessionnaire de Granby. Je l’ai achetée en avril, peu de temps après son arrivée au garage. Nous étions plusieurs à vouloir mettre la main dessus, mais j’ai été l’heureux élu. Heureux, c’est le mot, car j’aimais la conduire et me laisser bercer par le son de son V8, le « 289 » (4,7 L) de 210 chevaux. Ma fierté était aussi alimentée par l’intense attention reçue du voisinage. J’avoue...

Le coffre de la Mustang est aussi
spacieux que celui d’une berline Focus.
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Le coffre de la Mustang est aussi spacieux que celui d’une berline Focus.

Au moment de lancer cette auto, qui est à l’origine de l’expression Pony Car, Ford ignorait l’ampleur du mythe engendré. Il prévoyait en assembler 100 000 lors de la première année, mais en livrera quatre fois plus.

Pour la première fois, un constructeur étatsunien offrait une auto hors du commun à un prix relativement abordable.

Au Canada, la Mustang était offerte à partir de 3131 $, ce qui la situait entre un coupé compact Falcon Futura (2352 $) et l’imposant coupé à six places Fairlane Galaxie 500 (3258 $). À une époque où le Québécois moyen gagnait environ 90 $ par semaine, la Mustang s’avérait à la portée de plusieurs consommateurs, ce qui n’était pas le cas de la Ford Thunderbird (6297 $) ou de la Chevrolet Corvette (6117 $).

Toujours aussi populaire

Un demi-siècle plus tard, la Mustang nourrit toujours la passion de nombreux automobilistes, des nostalgiques — c’est évident — pour qui elle est aussi une machine à remonter le temps.

D’ailleurs, parmi le trio de Pony Car contemporain, des modèles qui résistent à la marée de VUS et de camionnettes, la Ford devance la Chevrolet Camaro et la Dodge Challenger par des ventes trois fois plus importantes.

Sur la carrosserie, seul l’écusson Bullitt qui orne le faux bouchon de réservoir d’essence circulaire à l’arrière du véhicule révèle l’identité
de ce modèle.
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Sur la carrosserie, seul l’écusson Bullitt qui orne le faux bouchon de réservoir d’essence circulaire à l’arrière du véhicule révèle l’identité de ce modèle.

Au fil des ans, divers moteurs l’ont animée. Signe des temps, des normes antipollution contraignantes et des cibles de consommation réduites ont fait réapparaître un 4 cylindres au sein de la gamme actuelle, celle de la sixième génération.

Lancée le 17 avril 2014, elle soulignait le 50e anniversaire de la Mustang. Ce 4 cylindres EcoBoost (turbo) de 2,3 L et de 310 ch sert à plusieurs produits Ford (l’Explorer, la nouvelle Ranger et aussi le Lincoln MKC), mais il permet à la Mustang d’afficher une consommation moyenne inférieure à 10 L/100 km.

Comme un pro

Cet argument utile aux vendeurs rappelle la Mustang II 1974. Elle avait été la première Mustang à posséder un 4 cylindres (atmosphérique) en réaction au choc pétrolier de 1970.

À l’inverse de la Mustang EcoBoost, le modèle d’entrée de gamme, la Bullitt ne jouera jamais la carte écoénergétique. Sa cote moyenne de 13,3 L/100 km le confirme.

Ce n’est pas une Mustang du peuple non plus, puisqu’elle coûte deux fois plus cher.

Les élégantes roues en alliage Héritage peintes en noir sont chaussées de pneus performance (d’été) de 19 pouces.
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Les élégantes roues en alliage Héritage peintes en noir sont chaussées de pneus performance (d’été) de 19 pouces.

Son rôle d’auto « trois saisons » est simple : en mariant l’aura de ce Pony Car à celui du célèbre film de Steve McQueen, Bullitt, elle doit faire saliver celui qui la conduit, comme je l’ai fait autrefois avec ma première Mustang.

Voilà pourquoi elle reprend le V8 de la Mustang GT. Ce moteur de 5,0 L et de 480 ch procure la puissance et le grondement sourd attendus. Il peut cependant se faire étonnamment discret grâce au système d’échappement en mode Quiet Time. Il module le niveau sonore de ce bolide pour le rendre presque furtif.

Les voisins aiment particulièrement son mode Démarrage silencieux lorsqu’il faut quitter la maison très tôt ! Par contre, les modes Normal, Sport et Piste (surtout) permettent d’exprimer plus ou moins librement la fougue du V8, lorsque les conditions le permettent. En 1964, ce gadget m’aurait été utile...

Ce V8 est jumelé à une boîte de vitesses manuelle à six rapports dotée d’un système de correspondance du régime, qui évite les heurts lors des changements de rapports. Il permet à n’importe quel conducteur d’avoir l’air d’un pro !

Conçue pour la performance

Le levier de vitesses, qui se manie avec précision, et l’embrayage souple sont aux antipodes de la manuelle à quatre rapports qu’avait ma 64 1/2. En outre, pour donner une image de sportive pure et dure à la Bullitt, la boîte automatique SelectShift à 10 rapports des Mustang GT n’est pas offerte.

De toute façon, serait-il possible d’adapter à un levier de boîte automatique le joli pommeau blanc sphérique de son levier de vitesses ?

Offerte en deux teintes (noir ombre et le vert Highland de la voiture du film), la Bullitt reprend la dotation d’une GT Premium, une version plus étoffée que la GT ordinaire.

Elle dispose aussi d’un différentiel arrière autobloquant Torsen de 3,73, de freins à disque avant avec étriers Brembo à six pistons, d’un collecteur d’admission de Mustang Shelby GT350 modifié, d’un radiateur de type haute performance et d’un module de commande du groupe motopropulseur calibré pour cracher les chevaux !

Il y a aussi des ressorts de suspension avant plus fermes et une barre stabilisatrice arrière de plus gros diamètre, de même qu’une suspension semi-active MagneRide.

Bref, la Bullitt a une dotation à la mesure de ses prétentions. Après tout, à l’instar d’une Mustang GT, elle doit franchir les 100 km/h en 4,5 s environ et parcourir le quart de mille en 12,8 s à 185 km/h — une mesure effectuée sur piste, cela va de soi.

Confortable

En marge de cette quincaillerie, l’intérieur se veut seyant et confortable pour deux (les places arrière étant symboliques).

Le tableau de bord, les panneaux de portes, la console centrale et les sièges (chauffants et ventilés) sont garnis d’un beau cuir noir à surpiqûres vert Highland.

On reconnaît l’intérieur de la Bullitt à la sellerie de cuir noir ornée de surpiqûres vert Highland, l’une des deux teintes offertes pour la carrosserie.
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On reconnaît l’intérieur de la Bullitt à la sellerie de cuir noir ornée de surpiqûres vert Highland, l’une des deux teintes offertes pour la carrosserie.

Il y a également un système de navigation, une chaîne audio B&O à 12 haut-parleurs, de même qu’un système de détection d’obstacles dans les angles morts avec alarme de trafic transversal arrière.

Ce dernier dispositif est d’ailleurs essentiel pour cette voiture qui, par la forme très inclinée de son pavillon et sa surface vitrée minimaliste, procure un champ de vision arrière médiocre.

Le constructeur offre, par ailleurs, une option très désirable. Il s’agit de sièges Recaro. Très enveloppants, ces sièges supportent remarquablement bien le corps. Ils valent pleinement les 1800 $ exigés. Je suis sûr que Steve McQueen les aurait appréciés, surtout dans la poursuite rocambolesque du film !

 

FICHE TECHNIQUE

Prix de base

  • 29 599 $ (coupé EcoBoost) ;
  • 34 599 $ (cabriolet EcoBoost) ;
  • 35 875 $ (coupé EcoBoost Premium) ;
  • 39 189 $ (coupé GT) ;
  • 41 199 $ (cabriolet EcoBoost Premium) ;
  • 46 425 $ (coupé GT Premium) ;
  • 52 005 $ (cabriolet GT Premium) ;
  • 56 525 $ (coupé Bullitt) ;
  • 75 500 $ (coupé Shelby GT350) ;
  • 85 500 $ (coupé Shelby GT350R).

Transport et préparation

1750 $

Groupe motopropulseur

V8 DACT 5,0 L; 480 ch à 7000 tr/min, 420 lb-pi à 4600 tr/min. Boîte de vitesses manuelle à six rapports. Roues motrices arrière.

Particularités

Suspension indépendante aux quatre roues. Freins à disque aux quatre roues. Antiblocage de série. Pneus : 235/55R17 (EcoBoost) ; 235/50R18 (EcoBoost Premium, GT et GT Premium) ; 255/40R19 à l’avant et 275/40R19 à l’arrière (Bullitt) ; 295/35ZR19 (Shelby GT350).

Cotes

Empattement : 2750 mm ; longueur : 4744 mm ; largeur : 1900 mm ; hauteur : 1668 mm. Poids : 1827-1848 kg. Volume du coffre : 835-2260 L. Capacité de remorquage : 680 kg (1500 lb). Volume du réservoir : 65 L. Consommation moyenne (essai) : 12,8 L/100 km.

Concurrence

  • Chevrolet Camaro
  • Dodge Challenger
  • Nissan 370Z

Points forts

  • Comportement routier confortable et prévisible
  • Excellente boîte manuelle
  • Moteur performant
  • Freinage mordant

Points faibles

  • Piètre visibilité arrière
  • Sièges arrière inutiles
  • Seuil haut du coffre

Cotes de l’auteur

  • Cote d’ensemble : 9/10
  • Consommation : 6/10
  • Équipement : 8/10
  • Prix : 7/10
  • Apparence : 8/10
  • Confort à l’avant : 9/10
  • Confort à l’arrière : 0/10
  • Comportement : 9/10
  • Performance : 8/10
  • Rangement : 7/10

 

Jusqu’à 421 chevaux pour la Mercedes-Benz Classe A

La Mustang Bullitt est une nouveauté au sein de la gamme 2019 du populaire Pony Car de Ford.
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Nouvelle en Amérique du Nord, la Mercedes-Benz Classe A sera commercialisée chez nous en une variante A35 AMG qui développera 306 chevaux. En Europe, Mercedes-AMG a annoncé qu’elle poussera la folie encore plus loin avec une A45, dont la puissance pourra atteindre 421 chevaux ! Reste à voir si elle fera son chemin jusqu’au Canada...