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Comme d’habitude, les urgences débordent !

JM 1022 Béliveau Rhume
Photo Adobe Stock

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Comme d’habitude, les urgences débordent ! Bienvenue au Québec.

Le Québec, c’est connu, a les pires temps d’attente aux urgences des hôpitaux de tout l’Occident, ou presque.

C’est comme si au Québec, le mystère d’une urgence hospitalière qui fonctionne serait impossible à percer. Permettez-moi d’en douter fortement.

Le problème est endémique et éternel, semble-t-il. Comme l’explique ici l’urgentologue Alain Vadeboncoeur :

«Mais ce n’est pas nouveau, me direz-vous. Comme souvent, le mois de décembre a été rudement vécu dans les urgences, alors que plusieurs sont très congestionnées avec la montée de la grippe, et l’année commence en lion.

En fait, ce qui est le plus surprenant, c’est que chaque fois, à chaque début janvier, on parait surpris. Pourtant, ce n’est pas d’hier que les urgences québécoises sont encombrées. On devrait plutôt être surpris de la persistance du problème, qui fait partie de notre petite histoire depuis... 60 ans! (...)

Comme régler le problème des urgences requiert d’agir sur le système en entier, il est assez probable que lorsque je prendrai ma retraite de la médecine d’urgence, le problème ne sera toujours pas solutionné

***

Coudonc, serions-nous incapables de réussir là où d’autres États réussissent à mieux soigner leur population en temps d’affluence supérieure?

En attendant, dans la vaste catégorie du «plus ça change, plus c’est pareil», je me permets de reproduire ici mon billet de l’an dernier sur les urgences qui débordent en pleine saison de la grippe, du rhume et de la gastro.

Si ça peut empêcher ne serait-ce que quelques propagations pourtant évitables de ces bibittes désagréables et parfois même dangereuses, ce sera au moins ça de fait...

***

Comme à chaque hiver, nous voilà replongés dans l’horrible «saison de la grippe», des rhumes et des infections respiratoires de toutes sortes. Et comme à l’habitude, les urgences débordent.

Ce qui, soit dit en passant et à part les cas réels de complication – et il y en a plusieurs -, confirme une fois de plus que la «baguette magique» du docteur et ministre Gaétan Barrette pour «donner» /sic/ un médecin de famille aux Québécois ne fonctionne parfaitement que dans son propre imaginaire.

Pis encore, on apprend que l'efficacité du vaccin contre la grippe serait faible cette année.

Je ne suis pas médecin, alors je laisserai les spécialistes avancer des explications du phénomène.

Par contre, depuis des années, comme simple citoyenne et patiente à mes heures moi aussi, je suis à même de constater la persistance navrante d’une des causes parmi d’autres de la multiplication de la grippe et autres conditions respiratoires.

Cette autre cause est pourtant tout à fait évitable.

Je parle ici du manque flagrant de respect et de courtoisie pour le bien-être des autres qu’on observe dans les lieux publics, dont les transports en commun, chez un nombre effarant de personnes, enfants ou adultes. Pas chez tout le monde, fort heureusement, mais chez pas mal de monde tout de même. Hommes, femmes et enfants confondus.

À titre d’exemples et question d’être clair, soyons graphiques.

On parle ici de gens qui toussent à pleins poumons dans le visage ou encore tout près d’autres personnes. Comme si la courtoisie élémentaire de «tousser dans son coude» pour protéger les autres de ses propres germes était pour eux un mystère plus grand encore que celui des pyramides d’Égypte.

On parle ici des gens qui éternuent de manière tout aussi imprudente et qui, ce faisant, répandent leurs germes sur les gens et les objets que l’on touchera par la suite sans la moindre hésitation.

Un exemple parmi d’autres : l’autre jour, dans une épicerie, un gars entre. Il tousse super fort, renifle et éternue sans prendre la moindre précaution. Il le fait en prenant des items dans les allées, jusqu’à même éternuer sur une section entière de conserves! Le tout, sans la moindre hésitation. Bravo champion pour ton indifférence totale pour les autres clients qui, après toi, placeront leurs mains sur ces mêmes conserves en risquant sans le savoir d’attraper ce qui te rend malade.

On parle ici de gens qui sont malades, grippe, rhume ou autre, mais qui, sans broncher – si vous me passez l’expression -, vont quand même embrasser quelqu’un sur la joue ou lui donner la main.

On parle ici de gens qui sont malades, grippe, rhume ou autre, mais qui ne portent pas de gants et touchent toutes les poignées sans penser aux autres qui les toucheront après eux.

On parle ici de gens qui, au lieu de porter un masque lorsqu’ils sont contagieux ou malades, arrosent allègrement leurs alentours de leurs microbes.

Soit dit aussi en passant, comment se fait-il que même dans les cliniques médicales et les hôpitaux - où il est pourtant indiqué de PORTER UN MASQUE si vous toussez (et les masques sont sur place) -, personne ou presque ne le fait?

Etc., etc., etc.

Bref, est-ce un manque de savoir-vivre ou tout simplement un énième symptôme d’une société où les gens sont de plus en plus nombreux à vivre dans leur bulle d’écrans multiples sans se préoccuper des autres humains autour d’eux?

Je ne le sais franchement pas.

Je voudrais juste qu’on réfléchisse à la nécessité pour ceux qui ne le font pas déjà, de respecter les autres quand on se promène en public avec nos germes.

En pleine «saison de la grippe» et pendant que les «urgences débordent», est-ce vraiment trop demander?

***

Addendum:

Deux semaines et des poussières après avoir posté ce billet sur mon blogue, devinez quoi?

Eh  oui, dans un lieu public, un homme, fort affable et gentil par ailleurs, est venu me parler «politique».

Or, le monsieur était aussi très malade. Ça se voyait à l'oeil nu.

Et là, paff!, il me tousse ça super fort en plein visage pendant qu'il me parle. On aurait dit que les poumons voulaient lui sortir du corps.

Sur le coup, j'ai reculé et je lui ai dit, le plus poliment possible, de tousser dans son coude et loin des gens puisque, de toute évidence, il n'était pas bien du tout.

(Dans les faits, lorsqu'on tousse beaucoup et que l'on doive sortir quand même, le chose la plus prudente à faire par courtoisie pour les autres, est de porter un masque.)

Évidemment, arriva ce qui devait arriver.

À mon tour, j'ai attrapé la même saloperie. Résultat: j'ai été super malade pendant trois semaines. Et ça, c'était au pire....