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Équipe Canada junior : même rengaine francophobe

SPO-CANADA VS CZECH REPUBLIC
Photo Agence QMI, Bob Frid

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Le Championnat mondial de hockey junior vient tout juste de se terminer, et ce n’est pas tant la victoire surprise de la Finlande qui a retenu l’attention cette année, mais bien la pluie d’insultes que le Québécois, Maxime Comtois, a reçues après avoir raté un tir de punition en prolongation.

Le Championnat junior est, mis à part les Olympiques, l’événement sportif annuel où l’on se sent tous un peu plus Canadien. On espère que la feuille d’érable remporte le tournoi, même si on se sent beaucoup plus près du fleurdelisé. Illogique, mais complètement assumé.

Pourtant, année après année, la même histoire se répète avec l’équipe canadienne junior. On y voit toujours ressurgir de la bonne vieille francophobie canadienne, soit par l’entremise des partisans ou par des décisions douteuses de l’organisation elle-même.

Tellement qu’on finit souvent par l’oublier et finalement l’accepter. Posons-nous cependant les questions suivantes : si Maxime Comtois s’était nommé Max Smith, aurait-il subi le même traitement ? Pourquoi les Canadiens blâment-ils le jeune québécois de 19 ans au lieu de l’entraîneur, Tim Hunter? Pourquoi la langue maternelle du joueur devient-elle un critère permettant de juger un joueur ?

Pourquoi est-ce qu’année après année d‘excellents joueurs québécois sont ignorés par l’équipe canadienne, le cas classique étant celui de Mario Lemieux ? Pourquoi le poids du Québec dans le Canada, environ 23%, est-il plus souvent qu’autrement sous-représenté parmi la formation canadienne ?

De simples critiques ?

Mais, revenons à Comtois. Certains ont décrit les commentaires sur les médias sociaux comme étant des critiques certes stupides, mais sans réelles portées politiques. C’est le cas notamment de la plupart des médias anglophones, qui encore une fois ne dénoncent pas les attaques francophobes, eux qui sont pourtant si prompts à défendre toutes les autres minorités.

Le National Post a d’ailleurs titré un article à ce sujet : « Quebec politician says criticism of world junior hockey captain Maxime Comtois is « anti-francophone racism ». Les insultes lancées à Comtois ne seraient donc que de simples critiques selon le Post.

Pourtant, il me semble que le défilé d’insultes visant le fait que Maxime Comtois est francophone est assez probant : « I hope you get HIV you french fuck », « Go back to house league, french fuck ! » ou « You should suicide french fuck ».

Soyons sérieux. Cela relève plus une incitation à une haine anti-francophone qu’à de simples critiques sur les qualités sportives d’un joueur, quitte à faire de la peine à certains médias anglophones. Ces commentaires ne sont pas le fruit d’une liberté d’expression, mais des paroles calomnieuses et condamnables par la loi.

Retour aux hostilités

Les attaques des internautes envers Comtois s’inscrivent dans un retour d’insensibilité, d’injures et d’hostilité envers les francophones. Une francophobie qui se déploie, oui par des décisions des premiers ministres de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick de Doug Ford et Blaine Higgs qui banalisent encore plus le fait français au Canada, mais aussi sur les réseaux sociaux.

Cependant, Twitter, Facebook et Instagram ne sont pas seulement les refuges à quelques bouffons frustrés. Ce qu’on lit sur les médias sociaux est l’écho de nos discussions de salons, avec une dose de brutalité du fait que nous sommes seuls devant notre écran.

Il faudra tôt ou tard reconnaître qu’il existe encore une francophobie assumée dans le Canada anglais et qu’un contexte politique favorise son expression sans retenue. Que ce n’est pas parce que nous ne sommes plus le peuple de « Yes-man » que le racisme anti-québécois n’existe plus. Que ce n’est pas non plus parce qu’il est plus subtil et moins extériorisé qu’autrefois qu’il faut maintenant se bander les yeux.

Cette francophobie se révèle parfois, comme grossi à la loupe, à des moments précis de tensions.

Cela s’est révélé lorsque le maire de Calgary, Naheed Nenshi, s’est fait huer pour avoir prononcé quelques mots en français lors d’un discours.

On l’a aussi vu quand le chef de l’opposition officiel en Alberta, Brian Jean, a publié une photo sur les réseaux sociaux demandant de boycotter les produits québécois et a été partagée environ 14 000 fois !

On s’en est rendu compte lors des élections de deux premiers ministres complètement insensibles au sort du français au Canada, soit de Doug Ford et de Blaine Higgs.

Finalement, n’en doutons pas, ce fut le cas lorsque Maxime Comtois a raté son tir de punition.