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La «taxe police» fait mal à Saint-Jérôme

D’autant plus que plusieurs rues sont mal déneigées, estiment des propriétaires

Étienne Chenard est en train de pelleter le trottoir devant son duplex sur la rue Lachaine, comme un voisin à l’arrière-plan.
Photo Stéphane Sinclair Étienne Chenard est en train de pelleter le trottoir devant son duplex sur la rue Lachaine, comme un voisin à l’arrière-plan.

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SAINT-JÉRÔME | Des propriétaires de Saint-Jérôme dénoncent une importante hausse des taxes municipales, alors que la Ville peine à déneiger les trottoirs devant chez eux.

Étienne Chenard, qui a acheté un duplex sur la rue Lachaine à Saint-Jérôme en 2015, a été sidéré lorsqu’il a reçu son nouveau compte de taxes.

Alors qu’il payait 2538,56 $ en 2018, le montant total pour 2019 s’établit à 2796,72 $. Il s’agit d’une hausse de 10 %.

L’administration du maire Stéphane Maher a eu beau annoncer une hausse de la taxe foncière de 2,1 %, elle a aussi voté en décembre dernier une taxe « police » de 95 $ par porte pour financer l’augmentation des coûts de son service de police municipale.

Ainsi, le propriétaire d’un immeuble de 16 logements va devoir payer 16 fois la taxe de 95 $, c’est-à-dire 1520 $ de plus par année.

Pour le duplex de M. Chenard, c’est 190 $ de plus. Ce qui le choque doublement, dit-il, c’est qu’il est insatisfait des services municipaux qu’il reçoit. Il assure que la Ville n’a jamais procédé au déneigement des trottoirs sur sa rue. « Nous sommes obligés de pelleter les trottoirs, sinon c’est dangereux », dénonce l’homme de 36 ans. Ce dernier souligne qu’il y a une école primaire tout près et que de nombreux enfants marchent matin et soir sur sa rue enneigée. M. Chenard dit avoir formulé en vain de nombreuses plaintes à la Ville.

La Ville déneige les trottoirs des principales rues, mais pas ceux des plus petites rues comme la sienne. Les trottoirs des corridors scolaires sont aussi déneigés.

Tous les voisins rencontrés dénoncent la situation. « La chenillette passe souvent dans la rue avec la gratte en l’air », fustige Jean-Claude Chartrand.

Faire pression sur Québec

Danielle Pilette, professeure en gestion municipale à l’UQAM, explique que Saint-Jérôme voudrait obtenir l’aide financière du gouvernement du Québec pour son service de police.

« La taxe police vise à encourager les citoyens à faire pression sur Québec pour que le gouvernement finisse par financer davantage le service de police, comme cela se fait à Drummondville », dit-elle.

« La taxe fixe est plus difficile pour les moins fortunés qu’une augmentation de la taxe foncière, poursuit-elle. La Ville aurait pu augmenter davantage la taxe foncière au lieu d’y aller avec une taxe fixe de 95 $. »

Coût du déneigement

Mme Pilette mentionne aussi que le problème du déneigement des trottoirs n’est pas unique à Saint-Jérôme. Il faudrait augmenter encore plus les taxes pour offrir un meilleur service.

La Ville a choisi de ne pas hausser davantage les taxes et de conserver ses grands projets destinés aux familles comme les parcs et les terrains de soccer. La Ville a fait le choix d’attirer les familles, selon elle.

La Ville a mentionné mardi qu’elle se pencherait sur la question du déneigement et qu’elle n’avait pas le choix d’instaurer une taxe spéciale fixe pour le service de police.