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Brésil : confusion autour des livres scolaires

Jair Bolsonaro
Photo AFP Jair Bolsonaro

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Le ministre de l’Éducation du Brésil a annoncé mercredi avoir annulé des modifications controversées dans les critères qui régissent l’achat de livres scolaires pour les écoles publiques, que le nouveau gouvernement attribue à l’administration précédente. 

La directive du ministère qui comportait ces modifications, supprimant notamment des exigences sur la représentation de la « diversité ethnique » de la population brésilienne, avait pourtant été publiée le 2 janvier, au lendemain de l’investiture du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. 

Le ministère a expliqué dans un communiqué avoir annulé la directive « en raison d’erreurs détectées dans ce document émis par la gestion précédente ». 

Cette décision a été prise après la publication mercredi dans la presse de nombreux articles critiquant les modifications apportées par cette directive. 

« Le ministère réitère son engagement pour une éducation égalitaire et dément toute information selon laquelle le gouvernement Bolsonaro aurait décidé volontairement de retirer des extraits portant sur la correction d’erreurs dans les publications ou les violences contre la femme », selon le communiqué. 

D’après la directive publiée le 2 janvier, à laquelle l’AFP a eu l’accès, les livres scolaires n’étaient plus tenus de comporter des illustrations graphiques représentant la « diversité ethnique de la population brésilienne, le pluralisme social et culturel du pays ». 

Avec cette modification, même si la population du Brésil est composée à 54% de Noirs et de métis, un livre scolaire ne montrant que des personnages blancs remplirait les critères. 

Un alinéa exigeant que les ouvrages « donnent une image positive de la femme » avait été amputé d’un extrait demandant « une attention spéciale à la promotion de la non-violence contre les femmes ». 

Un autre article tout bonnement supprimé exigeait que les livres scolaires ne comportent pas de fautes d’orthographe ni d’erreurs d’impression. 

Dès sa prise de fonction, la semaine dernière, le gouvernement Bolsonaro s’est lancé dans une véritable croisade idéologique, pour promouvoir ses idées ultra-conservatrices en termes de moeurs et bannir tout vestige des 13 années de gouvernement de gauche (2003-2016). 

Son ministre de l’Éducation, Ricardo Vélez Rodriguez, a affirmé dès son intronisation le 2 janvier qu’il combattrait le « marxisme culturel » et « l’idéologie du genre ». 

Il faisait référence à la théorie du genre, selon laquelle la construction de l’identité sexuelle peut être fondée sur des facteurs non biologiques.  

Jair Bolsonaro lui-même a défrayé la chronique à plusieurs reprises par le passé à coups de dérapages racistes, misogynes ou homophobes.