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Projet Royalmount: Québec appelé à la rescousse

Projet Royalmount: Québec appelé à la rescousse
Photo courtoisie, Carbonleo

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MONT-ROYAL – Plusieurs voix se lèvent pour demander à Québec de freiner les ardeurs du promoteur du mégaprojet de centre commercial Royalmount, à Mont-Royal. Celles-ci s’inquiètent qu’aucun autre règlement ne pourrait l’empêcher de voir le jour.

Au moins trois des participants aux consultations sur les impacts du projet qui se tiennent en ce moment à l’hôtel de ville demandent l’intervention du gouvernement Legault.

Ceux-ci craignent notamment que ce nouveau centre commercial crée davantage de congestion routière dans ce secteur déjà fort achalandé, au coin des autoroutes 40 et 15.

Le Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal souhaite que Québec adopte un décret pour mettre le mégaprojet «sur pause».

Un tel décret aurait pour effet d’interdire toute nouvelle construction dans ce secteur. Il permettrait aussi à Québec d’enlever à la Ville de Mont-Royal le pouvoir de décider ce qui y sera construit.

«Tout va très vite et se fait de plein droit sur le territoire de la ville de Mont-Royal. Mais le projet a un impact beaucoup plus grand. On considère que ce projet sans précédent nécessite une intervention particulière», indique la responsable en aménagement du territoire au CRE, Tania Gonzalez.

Selon nos sources, cette solution est aussi envisagée par l’administration de la mairesse Valérie Plante, qui a émis de sérieuses réserves sur le mégaprojet du promoteur Carbonleo.

Toutefois, «aucune demande officielle» n’a été faite pour l’instant au cabinet de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a indiqué son directeur de cabinet, Francis Côté.

«Le gouvernement doit exiger que toutes les villes impliquées autour de Royalmount s’assoient autour de la table et qu’il y ait une démarche de consultation plus globale», croit Ron Rayside, du cabinet d’architectes Rayside-Labossière.

Le décret ministériel semble la seule option pour les opposants au centre commercial puisque le projet Royalmount respecte le schéma d’aménagement de la Communauté métropolitaine de Montréal.

Ainsi, le ministère des Affaires municipales ne peut pas s’y opposer dans le cadre de ses pouvoirs réguliers.

L’architecte et urbaniste Jean-Claude Marsan estime que Québec doit mettre le holà rapidement sur Royalmount, un problème «hérité de la saga des fusions et défusions municipales».

«Sinon, c’est accepter qu’une petite ville comme Mont-Royal se développe aux dépens des autres. Mont-Royal ne subira aucun inconvénient. C’est Montréal qui subira tous les inconvénients, la congestion routière, entre autres», a-t-il avancé.

Il implore Québec de «permettre aux municipalités de négocier entre elles» dans ce genre de projets.

Une solution dans le SAD?

Même si les terrains sur lesquels le Royalmount est projeté appartiennent à la Ville de Mont-Royal, Montréal pourrait avoir davantage de prise sur le développement du secteur, selon Pierre Barrieau, chargé de cours à l’UQAM et à l’Université de Montréal en planification du transport et en aménagement du territoire – qui n’est par ailleurs pas opposé au projet Royalmount.

Lors de la présentation de son mémoire mercredi à l’occasion de la deuxième séance de consultation publique, il a retenu l’attention du président de la commission, Richard Ryan (Projet Montréal), lorsqu’il a mentionné que le Schéma d’aménagement et de développement (SAD) de l’agglomération de Montréal pourrait être modifié pour inclure des orientations de développement qui devraient être prises en compte par toutes les municipalités sur le territoire, du moins pour des phases subséquentes du développement de ce secteur.

Parmi les autres interventions de la soirée, Tourisme Montréal a paru plutôt optimiste quant à l’arrivée du Royalmount, mentionnant l’importante croissance du tourisme prévue dans la métropole. De son côté, Héritage Montréal était très froid par rapport au projet, et penchait aussi du côté d'une intervention de Québec.