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Un gouvernement issu de la majorité

Quelques membres de la CAQ : Agnès Grondin, Suzanne Blais et Pierre Dufour.
Photo d'archives, Simon Clark Quelques membres de la CAQ : Agnès Grondin, Suzanne Blais et Pierre Dufour.

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Après 100 jours, la CAQ est devenue un gouvernement naturel pour les Québécois. Sera-t-il compétent ou pas ? Efficace ou pas ? L’avenir nous le dira. Mais ce gouvernement, bien qu’issu d’un nouveau parti, n’a pas l’air d’un corps étranger sur les banquettes du pouvoir.

Le fait est que la CAQ a été élue principalement par les francophones, le groupe majoritaire au Québec. Le sentiment émanant des derniers gouvernements libéraux était celui d’un gouvernement des minorités. Qui s’efforçait de gouverner dans le respect de la majorité francophone. À l’inverse, la CAQ est un gouvernement issu de la majorité qui s’efforcera de montrer du respect envers les minorités.

Comprenons-nous, ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Ce sont des coalitions. Il y a bien des francophones au Parti libéral et il y a des allophones et anglophones à la CAQ. Il n’en demeure pas moins que les mandats successifs du Parti libéral étaient en train d’installer l’idée que la majorité francophone allait vivre longtemps avec un gouvernement issu des minorités.

Loin de moi l’idée d’affirmer que la majorité doit tout mener et les minorités se soumettre. Ce qu’on appelle la « tyrannie de la majorité » est inacceptable en démocratie. De toute façon, nos chartes des droits rendent cette tyrannie impossible en 2019. Or, si la tyrannie de la majorité doit être rejetée, l’effacement politique de la majorité n’est guère plus viable.

Cent jours après l’élection, ce qui frappe, c’est le côté sain de l’alternance. Un gouvernement issu de la majorité au pouvoir. Particulièrement dans le contexte québécois où les francophones qu’on appelle la « majorité » au Québec représentent une minorité au Canada et même une infime minorité en Amérique du Nord.

Un chaos ?

Le libéral Alexandre Taillefer avait annoncé un chaos social advenant l’élection de la CAQ. Cette prophétie (farfelue me direz-vous) est aux antipodes de ce qui se produit. La CAQ agit avec énormément de prudence. Trop à mon goût dans un Québec qui a besoin de réforme.

En 100 jours, la CAQ n’a posé aucun geste de rupture brusque. Dans les actions comme dans le langage, l’équipe de François Legault évite les confrontations et le tapage. Lors de la brève session parlementaire, on a posé des jalons pour des changements à venir. Des projets de loi déposés, qui feront l’objet de discussions futures, pour être adoptés éventuellement.

Compromis

Sur plusieurs sujets importants, les porte-parole de la CAQ ont laissé la porte ouverte à des compromis, à accueillir les suggestions de l’opposition. C’est notamment le cas dans l’important dossier de la laïcité. Probablement la chose la plus importante à mener à terme durant cette année 2019. Personnellement, je privilégierais la fermeté maintenant, quitte à jeter du lest à minuit moins une, pour rallier un soutien plus large.

Après 100 jours, nous constatons que l’équipe dans son ensemble tient la route malgré l’inexpérience. Un maillon faible a été corrigé hier à l’Environnement. Et le chef semble confortable dans son rôle de premier ministre.