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Des conducteurs sur la métamphétamine

La majorité de ceux arrêtés pour drogue au volant en consomme

Des opérations de détection de drogue au volant ont eu lieu en novembre dernier sur la Rive-Sud de Montréal.
Photo d'archives Des opérations de détection de drogue au volant ont eu lieu en novembre dernier sur la Rive-Sud de Montréal.

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La métamphétamine a été la substance de choix pour une majorité de Québécois arrêtés pour drogue au volant, ce qui inquiète, car elle affecte davantage les comportements des conducteurs que le cannabis.

C’est ce que révèlent des données obtenues par Le Journal provenant du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, qui font état des types de drogues détectées lors de prélèvements d’urine effectués chez 623 conducteurs arrêtés en 2017 pour conduite avec les capacités affaiblies par la drogue.

Dans la province, la métamphétamine trône au sommet des substances retrouvées dans les organismes, avec 56,5 %, suivi de près par le cannabis à 46,9 %, puis la cocaïne à 32,6 %.

C’est dans la région de Québec que la meth est plus populaire, alors que 71,1 % des prélèvements effectués en présentaient des traces. À Montréal, le stupéfiant a été détecté à 41,5 %.

Rage au volant

Selon des experts interrogés par Le Journal, la consommation de métamphétamine affecte plus gravement les automobilistes que le cannabis, en entraînant des comportements impulsifs, allant même jusqu’à la rage au volant.

« Il y a davantage de prise de risques, d’énervement. Le cannabis reste quand même une substance qui, en moyenne, affecte les capacités, mais pas tant que l’alcool et probablement pas tant que la métamphétamine », affirme Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Les consommateurs réguliers de métamphétamine présentent des comportements à risque élevé au volant, soutient la professeure à la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et directrice du Réseau de recherche en sécurité routière du Québec, Marie Claude Ouimet.

« Il y a une association entre les stimulants du système nerveux central et les collisions », précise-t-elle.

11 substances

En moyenne, les tests d’urine ont permis d’identifier près de trois stupéfiants par conducteur. Une analyse a même permis de déceler jusqu’à 11 substances actives dans l’organisme d’un conducteur.

Malgré tout, l’alcool demeure le stupéfiant le plus dangereux sur la route, selon M. Fallu.

► Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi relative à la conduite avec les capacités affaiblies le 18 décembre dernier, les policiers pourront exiger des prises de sang afin de déterminer les taux exacts de cannabis dans le sang.

Les stupéfiants et leurs effets au volant

Métamphétamine (effets semblables pour la cocaïne) :

  • Vitesse plus élevée, variation de la position dans la voie, virage à gauche dangereux, comportements impulsifs, rage au volant, hyper vigilance

Cannabis :

  • Conduite plus lente, réflexes ralentis en cas d’urgence, altération du jugement

Alcool (effets semblables pour le GHB) :

  • Désinhibition des comportements, jugement altéré, vitesse, réflexes d’urgence affectés, troubles d’équilibre

Substances détectées chez les conducteurs testés au Québec en 2017

► Dans l’ensemble du Québec

  1. Métamphétamine : 56,5 %
  2. Cannabis : 46,9 %
  3. Cocaïne : 32,6 %
  4. GHB : 26,6 %

► Par région

Métamphétamine

  • Québec 71,1 %
  • Montréal 41,5 %

Cannabis

  • Québec 42,1 %
  • Montréal 43,6 %

GHB

  • Québec 43,9 %
  • Montréal 29,8 %

Source : Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale du Québec