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«Gilets jaunes»: Trudeau appelle au dialogue après avoir été menacé

«Gilets jaunes»: Trudeau appelle au dialogue après avoir été menacé
MATTHEW USHERWOOD/AGENCE QMI

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Le premier ministre canadien Justin Trudeau, interrogé sur des menaces à son encontre proférées sur des forums de «gilets jaunes» canadiens, a appelé jeudi ses compatriotes à «s’écouter les uns les autres», promettant de «répondre à leurs peurs».

En visite dans l’Ouest canadien depuis mardi, le dirigeant libéral a été accueilli à plusieurs reprises par des manifestants portant le fameux gilet jaune fluorescent devenu le symbole d’une fronde sociale qui agite la France depuis deux mois et qui a désormais essaimé à l’étranger.

Plusieurs groupes de «gilets jaunes», ou «yellow vests» en anglais, ont été formés ces derniers jours au Canada sur Facebook, l’un d’eux comptant plus de 100 000 membres, avec des propos virulents portés contre M. Trudeau, tant pour la taxe carbone que son gouvernement vient d’imposer, que pour sa défense du multiculturalisme et de l’immigration.

Plusieurs membres de ces groupes y ont ouvertement menacé le premier ministre de violences, voire lancé des appels à le tuer, a constaté l’AFP.

Interrogé au sujet de ces menaces, M. Trudeau a rappelé que le Canada était «un pays où les gens sont encouragés à parler ouvertement, à exprimer leurs opinions et préoccupations. [...] C’est l’une des forces de notre démocratie».

«Si des gens sont en désaccord avec ce que je fais, ou questionnent l’action du [gouvernement], je veux pouvoir les entendre. Je veux pouvoir échanger avec eux et discuter pour voir comment avancer ensemble», a-t-il plaidé, disant vouloir «répondre à leurs peurs, leurs préoccupations, leurs inquiétudes».

«Avec un pays aussi diversifié que le Canada [...], il est important de s’écouter les uns les autres avec attention, car c’est la seule manière pour élaborer les solutions qui vont nous garder unis et nous faire avancer dans la bonne direction», a fait valoir le dirigeant canadien, lors d’une conférence de presse en Colombie-Britannique (ouest).

Ces propos interviennent alors que des groupes de «gilets jaunes» canadiens ont appelé à un week-end de mobilisation à travers le Canada les 12 et 13 janvier, évoquant un «Acte I» en référence au vocabulaire adopté par les manifestants français.

Comme le Canada compte très peu de ronds-points, lieu de prédilection des «gilets jaunes» français pour bloquer la circulation, et comme il fait particulièrement froid en janvier, les manifestants canadiens sont appelés à se réunir dans les populaires cafés Tim Horton’s: le pays en compte près de 4000, du Pacifique à l’Atlantique.