/news/currentevents
Navigation

Gilbert Rozon poursuit Juste pour rire

Gilbert Rozon à son arrivée au Centre opérationnel de la police où il a dû se présenter cette semaine pour faire prendre sa photo d’accusé et ses empreintes digitales.
Photo Chantal Poirier Gilbert Rozon à son arrivée au Centre opérationnel de la police où il a dû se présenter cette semaine pour faire prendre sa photo d’accusé et ses empreintes digitales.

Coup d'oeil sur cet article

Gilbert Rozon poursuit Juste pour rire et son nouveau propriétaire ICM pour éviter de payer 3,3 millions de dollars qui lui sont réclamés en raison de pertes causées par «l’affaire Rozon», qui aurait entre autres amené l’humoriste Rachid Badouri à quitter l’entreprise.  

«Les réclamations sont sans fondement», affirme Rozon dans la poursuite civile rendue publique aujourd'hui au palais de justice de Montréal.   

Après qu'un groupe de femmes qui l’accusent d’être un «prédateur sexuel» eurent intenté contre lui une action collective et après avoir fait l'objet d'accusations criminelles de viol et d’attentat à la pudeur, le magnat de l’humour déchu s’engage ainsi dans un nouveau bras de fer judiciaire.  

Mais cette fois, il se battra contre l’entreprise qu’il avait lui-même fondée, ainsi que contre les nouveaux acheteurs.  

En octobre 2017, le monde de Rozon s’écroulait à la suite de témoignages de femmes qui lui reprochaient des inconduites sexuelles. Le scandale a eu un tel impact que Rozon s’est finalement résolu à vendre ses actions dans Juste pour rire.  

«J’ai le cœur déchiré, je n’avais jamais pensé à vendre avant, mais je voulais avant tout sauver cet événement [le festival Juste pour rire]», avait expliqué Rozon lors d’une audience en cour civile l’année passée.  

Réclamations  

C’est finalement l’entreprise ICM et le Canadien Howie Mandel qui se sont portés acquéreurs de Juste pour rire le printemps dernier. Sauf qu’en septembre, l’entreprise a fait parvenir un avis d’indemnisation à Gilbert Rozon et Guylaine Lalonde, une de ses collaboratrices de longue date.  

Juste pour rire réclamait ainsi 923 000 $ pour la perte de commandites et de subventions gouvernementales. Un montant de 570 000 $ était aussi réclamé pour la perte de la commandite des Producteurs de lait du Québec.  

Enfin, l’entreprise veut être indemnisée à hauteur de 2,72 millions de dollars «pour les dommages causés par la terminaison du contrat de production» de l’humoriste Rachid Badouri.  

Inconduite sexuelle  

En filigrane de la poursuite, l’on comprend que ces montants sont réclamés en raison du scandale sexuel concernant Gilbert Rozon.  

Cependant, si ce dernier concède qu’il doit verser une indemnisation pour la perte de commandites et de subventions gouvernementales, il rejette fermement le paiement des deux autres sommes.  

«Les demandeurs nient que la terminaison du contrat de commandite [des Producteurs de lait] était liée aux allégations d’inconduite concernant le demandeur, peut-on lire dans le document de cour. Même si la réclamation [...] était valide, la somme réclamée est grossièrement exagérée.»  

Rozon explique d’ailleurs dans le document de cour que «les dépenses liées à la commandite annuelle étaient plus élevées que le montant de la commandite elle-même, de telle sorte que la réclamation n’a aucune valeur».  

Quant au contrat de Rachid Badouri, le document de cour indique que ce dernier avait payé 250 000 $ pour mettre fin au contrat en août dernier. Les nouveaux propriétaires de Juste pour rire auraient pu saisir la cour pour régler cette affaire avec le principal intéressé, soutient Rozon.  

À moins d’un règlement à l’amiable, la poursuite civile devrait être prochainement présentée en Cour supérieure du Québec.