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Il doit dire adieu aux Jeux olympiques

Blessé dans un combat dans la nuit de vendredi, Maxime Potvin a été éliminé du tournoi

Victime d’une fracture du tibia durant un combat disputé dans la nuit de vendredi, l’expérience amère de Maxime Potvin s’est plutôt terminée dans la salle d’opération de l’hôpital de l’Enfant-Jésus.
Photo courtoisie Victime d’une fracture du tibia durant un combat disputé dans la nuit de vendredi, l’expérience amère de Maxime Potvin s’est plutôt terminée dans la salle d’opération de l’hôpital de l’Enfant-Jésus.

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Au terme d’une journée « horrible et sans respect pour les athlètes », selon son entraîneur, Maxime Potvin a dit adieu aux Jeux olympiques pour une triste raison durant la finale disputée à 1 h 15 dans la nuit de vendredi : une fracture du tibia à la jambe gauche. « Ce n’est pas humain de se battre à cette heure », s’est insurgé l’athlète de taekwondo depuis son lit d’hôpital.

Le Centre des congrès de Québec était presque désert, au début de la nuit de vendredi, où se terminaient les sélections canadiennes pour les championnats panaméricains de taekwondo. La finale dans la catégorie des moins de 80 kilos opposait Potvin, du club de Beauport, à Christopher Iliesco, de Sainte-Foy. L’enjeu valait la mise puisque le gagnant se qualifiait pour les championnats du mois de mars, lesquels déboucheront ensuite sur les Jeux panaméricains de l’été prochain, au Pérou, là aussi un rendez-vous précieux dans la conquête de points pour la qualification olympique en vue de Tokyo en 2020.

Victime d’une fracture du tibia durant un combat disputé dans la nuit de vendredi, l’expérience amère de Maxime Potvin s’est plutôt terminée dans la salle d’opération de l’hôpital de l’Enfant-Jésus.
Photo USA Today Sports

Potvin menait par la marque de 8 à 7 lorsque, avec huit secondes à écouler au combat, sa jambe a frappé violemment celle de son adversaire voulant se protéger par un réflexe qualifié de « normal » et « sans mauvaise arrière-pensée » par l’entraîneur de Potvin, Paul Germain.

Le géant de 6 pi 3 po s’est effondré au sol. La scène diffusée sur les réseaux sociaux nous le montre étendu sur le tapis, son cri de douleur déchirant le plateau de compétition. Le geste d’Iliesco ayant été jugé involontaire par les officiels, une disqualification lui a été épargnée. Du coup, en raison de son incapacité évidente à terminer le combat, Potvin a été déclaré perdant.

« Ce n’est pas humain de se battre encore à cette heure-là », nous a répété vendredi matin l’athlète de 31 ans, la voix affaiblie, à quelques heures de subir une chirurgie à l’hôpital de l’Enfant-Jésus.

« Les athlètes sont plus susceptibles [aux risques de blessures] quand on arrive aux derniers combats. J’étais moins rapide dans mes mouvements », a souligné Potvin.

Lacunes

Son entraîneur pointe le déroulement du tournoi pour expliquer cette grave blessure qui met ainsi fin au rêve de Potvin de participer enfin aux Jeux olympiques, lui qui avait également échoué – par une seule défaite – à se qualifier pour les Jeux de Rio.

« Carrément ridicule »

Après l’obligation pour les athlètes de se présenter à 7 h 30 au Centre des congrès pour la pesée aléatoire, Paul Germain rappelle que l’appel pour le tournoi des moins de 80 kilos ne s’est fait qu’autour de 13 h. Les premiers combats dans cette formule de double élimination (chaque concurrent a droit à une seule défaite) ont débuté à 14 h.

L’entraîneur avance diverses lacunes : « mauvaise planification », « temps d’arrêt exagérément longs entre les combats », « cérémonie d’ouverture prévue dans la journée la plus lourde », « problèmes avec le système électronique ».

« Ils [les organisateurs] pensaient terminer à 21 h. On comprend ça. Et, même si ça s’étire jusqu’à 22 h, ça peut aller. Mais, rendu à 1 h du matin, c’était carrément ridicule », prétend Germain.

Aux yeux de l’entraîneur, ce coup du destin vient pratiquement clore les ambitions olympiques de son protégé.

« Ça aurait pu être une belle histoire qui se serait continuée, mais ça devient une histoire qui se termine tristement. »

« Égal pour tout le monde »

« Tous les athlètes qui étaient ici savaient ce qu’était la formule et qu’ils allaient avoir une grosse journée de combats. La formule double élimination est quelque chose que j’ai toujours mis de l’avant pour la sélection d’athlètes parce que ça fait en sorte que tu vas choisir ton meilleur. »

François Coulombe-Fortier a pris soin de nous rappeler qu’il défendra toujours le bien des athlètes. Riche d’une longue carrière internationale en taekwondo, qui l’a mené notamment jusqu’au neuvième rang aux Jeux de Londres, son emploi d’agent de projet à Taekwondo Québec l’a amené comme organisateur de cette sélection pour les championnats panaméricains seniors, tenue à Québec, dans le cadre des championnats nationaux cadets et juniors.

Horaire serré

Témoin de la blessure subie par Maxime Potvin, il avoue que la scène lui a heurté le cœur. Même s’il compatit pour lui, Coulombe-Fortier rappelle qu’un tel dénouement ingrat vient avec la dureté de son sport. Potvin, qui nous a rappelé avoir été debout à 6 h 30 jeudi matin, ne se souvient pas avoir été impliqué dans une compétition se terminant plus tard que 22 h.

L’horaire serré des championnats n’aurait pas permis de reporter au lendemain les derniers matchs de la sélection chez les seniors, selon l’organisateur. Ni de lancer leur tournoi avant jeudi 14 h, en raison des compétitions de la catégorie cadette tenues en matinée. Quelque 300 combats, répartis sur les six plateaux, avaient été prévus au total de la journée de jeudi.

« Moi, mon premier championnat canadien, je l’ai gagné en 2003. J’avais commencé à 9 h et j’avais fini à 1 h 30. C’était exactement le même scénario qu’hier [jeudi]. Ç’avait été extrêmement dur et je ne souhaite ça à personne. Ce ne sont pas de bonnes conditions de performance, mais c’est égal pour tout le monde », rappelle-t-il.