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Le déneigement cause une tempête

Des rues mal entretenues à Saint-Jérôme deviennent si étroites que des citoyens s’y sentent en danger

La police municipale de Saint-Jérôme a été appelée sur les lieux lorsque ce camion a volontairement bloqué la rue.
Photo Stéphane Sinclair La police municipale de Saint-Jérôme a été appelée sur les lieux lorsque ce camion a volontairement bloqué la rue.

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Saint-Jérôme | La grogne au sujet du déneigement à Saint-Jérôme a grimpé d’un cran hier lorsqu’un camionneur a décidé de bloquer une rue et que des résidents ont dénoncé des rues qui deviennent périlleuses en situation d’urgence.

C’est pour protester contre la politique de déneigement de Saint-Jérôme qu’un camionneur a bloqué une rue pendant une heure et demie, hier après-midi, piégeant du coup cinq étudiants qui sortaient de l’université.

Philippe Latour habite la rue Saint-Joseph et en a assez que celle-ci soit régulièrement obstruée en hiver.

Philippe Latour bloque l'accès à la rue St-Joseph à St-Jérôme dans le but d'empêcher les étudiants de l'université qui se trouve en 
arrière de lui de repartir avec leur véhicule qui obstruent la rue sur laquelle il habite. Il veut ainsi faire pression sur la ville pour 
quelle déneige enfin la rue.
Photo Stéphane Sinclair
Philippe Latour bloque l'accès à la rue St-Joseph à St-Jérôme dans le but d'empêcher les étudiants de l'université qui se trouve en 
arrière de lui de repartir avec leur véhicule qui obstruent la rue sur laquelle il habite. Il veut ainsi faire pression sur la ville pour 
quelle déneige enfin la rue.

« Je n’en ai pas contre vous, mais contre la Ville », a dit M. Latour aux étudiants qu’il bloquait avec son camion cube.

« Ça doit changer, ce n’est plus vivable ici en hiver », estime le camionneur de 46 ans.

Problèmes de stationnement

Manon Cholette et ses voisins de la rue Saint-Joseph disent craindre pour leur sécurité. Ils habitent l’une des trois rues en cul-de-sac dans le secteur de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) à Saint-Jérôme.

Manon Cholette est devant chez elle sur la rue Saint-Joseph. Le pavillon de l’Université du Québec en Outaouais, à Saint-Jérôme, se trouve derrière elle au loin. Il y a beaucoup moins d’étudiants le jeudi. La rue était donc accessible.
Photo Stéphane Sinclair
Manon Cholette est devant chez elle sur la rue Saint-Joseph. Le pavillon de l’Université du Québec en Outaouais, à Saint-Jérôme, se trouve derrière elle au loin. Il y a beaucoup moins d’étudiants le jeudi. La rue était donc accessible.

La neige y est rarement ramassée en hiver, selon toutes les personnes rencontrées, car les véhicules des étudiants encombrent souvent leur impasse.

Il arrive régulièrement que la rue devienne trop étroite pour permettre à une ambulance ou un camion de pompier d’y circuler.

Des automobilistes y sont même parfois coincés. La problématique touche trois rues.

Un pavillon de l’UQO a ouvert ses portes en 2010. Depuis, plusieurs centaines d’étudiants fréquentent l’établissement en semaine, de jour et de soir.

Comme il y a peu de stationnements autour de l’université, les étudiants garent donc leur véhicule sur les trois artères. Certains jours de la semaine, comme le lundi et le mardi, elles sont souvent complètement obstruées.

Vie en danger

« Parfois, on ne peut même pas passer en automobile. Là, j’en ai assez ! », fustige Mme Cholette.

Elle raconte qu’un homme de 84 ans qui habite tout au fond du cul-de-sac a dû téléphoner à son fils pour qu’il vienne le chercher à l’autre bout de la rue. Il a dû marcher sur une centaine de mètres parce que son véhicule ne passait pas.

La police municipale de Saint-Jérôme a été appelée sur les lieux lorsque ce camion a volontairement bloqué la rue.
Phoot courtoisie

Nicole Daoust souffre d’emphysème pulmonaire. Elle craint carrément pour sa vie.

Celle-ci a d’ailleurs dû être hospitalisée d’urgence trois fois dans les deux dernières années. Elle estime avoir été chanceuse parce que la rue n’était pas bloquée.

« Il vaut mieux choisir son temps pour être malade », lance en sarcasme la dame de 70 ans. Les citoyens concernés ont proposé plusieurs solutions « simples » à la Ville, mais rien n’a changé. « Le maire s’en fout », tranche Mme Daoust.

Le maire Stéphane Maher n’a toujours pas répondu aux nombreuses requêtes de rencontres ni aux questions du Journal.

Le directeur des opérations des Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière, Stéphane Maillet, dit que la situation est inquiétante.

« Le nerf de la guerre en santé, dit-il, c’est le temps d’intervention, et cela va grandement nous ralentir. »

Pour offrir des places aux étudiants, l’administration municipale a instauré un système de navette entre le stationnement du nouvel aréna de Saint-Jérôme et l’université.

Or, le stationnement se trouve loin des principaux accès de la ville, à 3 km de l’université. Plusieurs étudiants préfèrent se garer près du pavillon de l’UQO.