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Les musées québécois plus fréquentés que jamais

Certains établissements enregistrent des achalandages hallucinants, voire historiques

Présentée en 2018, l’exposition Reines d’Égypte a été la plus fréquentée 
de toute l’histoire du Musée de Pointe-à-Callière
Photo courtoisie Présentée en 2018, l’exposition Reines d’Égypte a été la plus fréquentée de toute l’histoire du Musée de Pointe-à-Callière

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Il n’y a pas que le Musée du Louvre de Paris et le MET de New York qui ont fracassé des records d’affluence en 2018. Les musées québécois suivent la tendance mondiale : jamais ils n’ont été aussi fréquentés que l’an passé. Certains qualifient même leur achalandage d’«hallucinant» et «historique». 

À Montréal, le Musée d’art contemporain, qui a présenté l’exposition Leonard Cohen : Une brèche en toute chose/A Crack in Everything évoque un record «hallucinant» avec 114 000 visiteurs de plus que l’an dernier. 

Le Musée Pointe-à-Callière a battu un record «historique» avec ses 527 216 visiteurs, une hausse de 14 %. 

Le phénomène s’observe aussi en région : le Musée POP de Trois-Rivières a reçu 20 % de visiteurs de plus qu’en 2017. Du côté d’Ottawa, six des sept musées nationaux ont enregistré une hausse de fréquentation. 

L’importante rétrospective consacrée 
à Alberto Giacometti a attiré plus de 
100 000 visiteurs à elle seule au 
printemps dernier au Musée national 
des beaux-arts.
Photo courtoisie, Idra Labrie
L’importante rétrospective consacrée à Alberto Giacometti a attiré plus de 100 000 visiteurs à elle seule au printemps dernier au Musée national des beaux-arts.

Même chose à Québec. Plus de 420 000 personnes ont franchi les tourniquets du Musée national des beaux-arts (MNBAQ), une augmentation de 14 %. Au Musée de la civilisation, c’est l’an passé qu’ils ont franchi un seuil historique grâce au succès phénoménal de l’exposition Hergé à Québec. 

Mais si on compare 2018 à une année «normale» comme 2016, ils y voient aussi une hausse significative de 12 %. 

Plusieurs facteurs expliquent cet important intérêt envers les musées qui s’amplifie d’année en année. Dans cette ère numérique, le rapport à l’objet est de plus en plus important pour les gens. 

«Je crois que plus on va aller vers le numérique, plus les gens ressentent le besoin de toucher l’authentique, estime la directrice du musée Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre. On le sent beaucoup dans notre clientèle.» 

«On voit que dans une époque marquée par les fausses nouvelles et la méfiance envers la multiplicité des sources d’information instantanées, les gens se tournent vers les musées, qui sont toujours reconnus pour leur crédibilité», explique Jean-Luc Murray, directeur général du MNBAQ. 

Quant à l’art contemporain, il est «en plein essor», se réjouit John Zeppetelli, directeur du MAC de Montréal. «On a battu tous nos records. C’est de l’art contemporain, je vous le rappelle. Ce n’est pas de la peinture du 19e qui a été commentée des millions de fois et que tout le monde adore.» 

John Zeppetelli va même plus loin en disant que les musées remplacent ce que les gens ont abandonné : l’expérience religieuse et l’église. «On va au musée pour se nourrir spirituellement», compare-t-il. 

Des expositions innovatrices 

Au fil des ans, les musées ont développé toutes sortes de moyens pour maximiser l’expérience de la visite, en intégrant, entre autres, la technologie aux expositions. 

«Les musées sont moins classiques, moins traditionnels. Ils créent des expériences diversifiées. On ne va plus seulement voir des objets en vitrine», soutient Francine Lelièvre. À titre d’exemple, le musée Pointe-à-Callière a collaboré avec Ubisoft l’an passé, et prépare un projet lié à l’intelligence artificielle. 

«Ce n’est plus vrai que le musée, c’est une expérience ennuyante, affirme pour sa part Jean-Luc Murray, du MNBAQ. On a des façons de présenter les œuvres qui sont moins habituelles, des approches moins intellectuelles et plus sensibles, plus émotives.» 

Jeunes adultes et touristes 

La technologie attire inévitablement les jeunes adultes, «pas faciles à amener au musée», précise le directeur du MNBAQ. 

«La clientèle qui a augmenté le plus cette année, ce sont les jeunes de 18-30 ans, affirme-t-on à Pointe-à-Callière. Ils ne sont pas encore une clientèle régulière.» 

La croissance du tourisme est un autre facteur des hausses de l’achalandage, soutient Francine Lelièvre. 

Selon les intervenants, il est «trop tôt» pour dire si la mesure instaurée par le gouvernement d’un dimanche gratuit par mois a eu une influence significative sur l’achalandage. 

Fréquentation des musées  

Musée d’art contemporain de Montréal  

  •  2017 : 462 900 visiteurs   
  •  2018 : 576 292 visiteurs (jusqu’au 24 décembre)   

Pointe-à-Callière  

  •  2017 : 461 744 visiteurs   
  •  2018 : 527 216 visiteurs   

Musée national des beaux-arts du Québec  

  •  2017 : 374 000 visiteurs     
  •  2018 : 420 000 visiteurs   

Musée des beaux-arts du Canada  

  •  2017 : 396 045 visiteurs   
  •  2018 : 419 436 visiteurs   

Musée de la culture populaire de Trois-Rivières  

  •  2017 : 52 400 visiteurs   
  •  2018 : 62 700 visiteurs   

Ailleurs dans le monde...  

Musée du Louvre, Paris  

  •  2016 : 7,4 millions   
  •  2017 : 8,1 millions   
  •  2018 : 10,2 millions   

Metropolitan Museum of Art, New York  

  •  2017 : 7 millions   
  •  2018 : 7,36 millions