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Bloc anxiété stress adolescente école
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À l’heure où le gouvernement veut assurer la laïcité des institutions publiques en interdisant le port de signes religieux pour certains employés, il était mal avisé de la part de l’archevêché de Montréal d’émettre un communiqué invitant les parents à assurer eux-mêmes une éducation à la sexualité de leurs enfants fondée sur le catholicisme et d’espérer les soustraire des cours qui se donneront à l’école.

Bien sûr, l’institution religieuse a vite reculé devant l’énormité de sa bêtise d’avoir avalisé le projet de son directeur de pastoral liturgique et du médecin qui a contribué à la rédaction d’une petite plaquette nourrissant la culture de l’ignorance. L’évènement met toutefois en lumière l’intégrisme d’une certaine frange chrétienne qui se maintient très active et qui tente régulièrement de faire obstacle au partage de connaissances qui heurtent ses convictions. La laïcisation de nos institutions scolaires  fut progressive et s’amorça avec la mise en oeuvre de commissions scolaires linguistiques et se prolongea dans les établissement quelques années plus tard avec la fin de l’enseignement religieux et l’introduction du programme Éthique et culture religieuse. Toute cette progression ne s’est pas faite sans opposition, menant des intégristes jusqu’à recourir aux tribunaux pour obtenir exemption ou accommodements.

En matière d’accommodements raisonnables, les médias rapportent généralement les demandes des communautés musulmanes ou juives, il faut savoir cependant qu’au moment de la commission Bouchard-Taylor, le plus grand nombre de demande provenait de communautés chrétiennes. Jusqu’à un certain point, il faudra remercier l’archevêché de nous avoir rappelé que nous retrouvons des intégristes dans chacune des confessions religieuses et que le catholicisme n’y échappe pas. Il fallait entendre l’abbé Robert Gendreau en entrevue à Radio-Canada nous dire que l’éducation à la sexualité des enfants à l’école s’apparentait à une agression pour comprendre que nous sommes loin d’en avoir fini avec l’obscurantisme.

L’empressement du ministre de l’Éducation à imposer le programme et les réserves émises par les syndicats d’enseignants sur sa faisabilité nourrissent des doutes qui peuvent alimenter les réticences de parents ou les objections d’institutions religieuses. Faute d’un consensus solide sur les moyens de dispenser le programme, d’une formation adéquate du personnel enseignant et d’un soutien professionnel approprié pour ces derniers, les résistances ou les faux-pas risquent de se multiplier autour de la mise en place d’un programme qui est souhaitable et par surcroit de qualité. Nous ne pouvons que féliciter le premier ministre et son ministre de vouloir assurer cette éducation à la sexualité à tous les élèves et de restreindre au minimum les exemptions, cela ne devrait toutefois pas les empêcher d’anticiper er d’aplanir les difficultés qui se profilent en établissant une collaboration fructueuse avec les acteurs du milieu.

Entretemps, l’archevêché de Montréal devrait inscrire tous ses prêtres aucours d’éducation à la sexualité afin de s’enlever une épine du pied!