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À 17 jours de la date butoir, près de 80 % des armes de chasse ne sont toujours pas enregistrées.
Photo courtoisie À 17 jours de la date butoir, près de 80 % des armes de chasse ne sont toujours pas enregistrées.

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Deux sujets sensibles semblent avoir animé de nombreuses discussions durant la période des Fêtes.

La chasse est une activité ancestrale qui compte près de 300 000 adeptes. Ces passionnés des temps modernes, qui ont perdu une foule de privilèges au fil des époques, tiennent mordicus à leurs droits acquis.

Crise majeure évitée

Des milliers de nemrods souhaitant prélever un chevreuil dans les zones 9 ouest et 10 est n’ont pu accéder à leur territoire l’automne dernier, car des techniciens ont identifié un total de 11 cerfs rouges d’élevage infectés par la maladie débilitante chronique (MDC).

Cette dernière est causée par des prions qui sont en fait des protéines dénaturées transmissibles entre cervidés par le contact avec leur urine, leurs excréments, leur salive, leur sang, etc. Elle est mortelle et sans traitement possible. Certains experts recommandent de bannir les fermes de cervidés afin d’empêcher la MDC de se développer et de ravager la faune sauvage.

Le biologiste et directeur d’Alliance for Public Wildlife, Darrel Rowledge, affirmait : « C’est une épidémie fabriquée par l’homme qui affecte tout l’écosystème et l’industrie de la chasse, toute l’économie qui dépend de la faune sauvage paie pour. »

Mesures exceptionnelles

Comme l’avait précisé le coordonnateur provincial pour la gestion du cerf de Virginie, François Lebel : « Si des mesures exceptionnelles n’avaient pas été mises en place, plus de 25 % du cheptel des chevreuils et des orignaux de la Belle Province aurait pu être décimé par la maladie, tel qu’observé ailleurs en Amérique du Nord. »

Le MFFP a même dû embaucher la firme spécialisée américaine White Buffalo inc., au montant de 500 000 $, pour prélever des cerfs sauvages dans une zone d’intervention contrôlée afin d’avoir la certitude que la MDC ne s’était pas étendue hors de l’enclos en question. Un total de 751 chevreuils ont été abattus et, fort heureusement, aucun d’entre eux n’était infecté.

Ce qui a fait rager de nombreux citoyens face à cette triste situation qui a mis en péril l’équilibre des cheptels naturels des cervidés, en plus de forcer les autorités à tuer 751 chevreuils et à dépenser 500 000 $ de nos poches, c’est que l’Agence canadienne d’inspection des aliments offrira une indemnisation de quelques millions de dollars à l’éleveur du troupeau responsable de tous ces malheurs afin de compenser le dépeuplement de ses 2787 bêtes...

Armes à feu

La Loi sur l’immatriculation des armes à feu est entrée en vigueur en 2018 et toutes les armes à feu sans restriction présentes sur le territoire du Québec devront être immatriculées avant le 29 janvier prochain. Cette catégorie d’armes, qu’on nomme aussi « armes d’épaule », regroupe les carabines et les fusils de chasse. Les fautifs pourraient être passibles d’une amende allant de 500 $ à 5000 $. Pourtant, à 17 jours de l’échéancier, près de 80 % des armes n’ont toujours pas été enregistrées par leur propriétaire.

Je me suis déjà prononcé à quelques reprises sur le sujet et je trouve ce nouveau registre totalement dérisoire et très onéreux. Je serais même prêt à gager que dans un futur très proche, les proprios d’armes devront payer des frais annuels pour chaque calibre qu’ils posséderont. Je crois sincèrement que la société devrait plutôt investir davantage dans les soins relatifs aux maladies mentales et accroître les budgets et les efforts pour retirer de nos rues les armes de contrebande.

Réactions

J’ai interrogé quelques intervenants sur le sujet. Voici l’essentiel de leurs propos :

« La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs demeure contre le registre des armes à feu et déplore les dépenses récurrentes inutiles que ce dernier va engendrer ; ces sommes pourraient être investies plus efficacement. Elle n’encourage toutefois pas les propriétaires d’armes à feu à la désobéissance civile. Il revient à chaque individu de décider du moment où il procédera à l’immatriculation de ses armes », précisait le directeur général Alain Cossette.

Jessie McNicoll de Tous contre un registre québécois des armes à feu demande à tous ses membres et partisans de ne rien enregistrer avant la date butoir, question de mettre de la pression sur les élus, particulièrement ceux de la CAQ. « Nous leur demandons de contacter leur député par courriel et idéalement prendre rendez-vous avec eux pour leur faire part poliment, mais fermement, de leur opposition sans équivoque au registre. Il convient également de leur rappeler que la CAQ a été portée par les gens des régions et que les propriétaires d’armes à feu ont massivement voté pour eux. Aucun député libéral n’a survécu au registre en région. Si François Legault veut un second mandat, il devra écouter les honnêtes propriétaires d’armes à feu », ajoutait-il.

« La Loi sur l’immatriculation des armes oblige tous les propriétaires à enregistrer leurs armes sportives d’ici le 29 janvier 2019. Tous les organismes qui supportent ce type d’arme incitent leurs membres à se plier à cette loi même s’ils sont en désaccord avec son application. Par contre, dans un esprit de contestation, ils encouragent les propriétaires d’armes à contacter et à manifester leur désaccord avec leur député. De plus, on suggère fortement d’enregistrer les armes à la dernière minute en espérant un report ou l’annulation de cette loi », confiait pour sa part Pierre Gagné de l’Association des Collectionneurs d’Armes du Bas-Canada.

Pierre Bertrand, vice-président de l’Association des chasseurs avec chiens courants du Québec, encourage les membres de l’ACCCQ à attendre de voir, à l’approche de la date limite pour l’enregistrement des armes, quelles seront les actions du gouvernement face au faible taux de participation au registre. Il surenchérissait en ajoutant : « Toutefois, si et quand vous déciderez d’enregistrer vos armes, nous vous encourageons à exprimer de façon légale votre mécontentement envers l’application du registre. Par exemple, pour l’enregistrement de cinq armes, il est possible d’utiliser cinq formulaires distincts et de les poster dans des enveloppes séparées. »