/opinion/blogs/columnists
Navigation

Il faut qu'on se parle de Caroline Néron

Il faut qu'on se parle de Caroline Néron
Photo courtoisie, Radio-Canada

Coup d'oeil sur cet article

Alors comme ça, il faudrait par solidarité féminine, que toutes les femmes du Québec, et en particulier les femmes entrepreneures, prennent la défense de Caroline Néron ?

Désolée, mais cette idée est complètement ridicule.

 

J’ai à de très nombreuses reprises pris la défense de Caroline Néron. Ici

https://www.journaldemontreal.com/2014/10/07/caroline-neron--1-dany-turcotte--0

 

et surtout ici https://www.journaldemontreal.com/2013/09/26/caroline-neron-un-bijou-dentrepreneure  

 

Comme je l’écrivais dans le Journal : « J’adore l’histoire de Caroline Néron et de ses bijoux. Parce que c’est l’exemple parfait d’une femme qui a connu des critiques acerbes, et disons-le, le mépris d’un certain milieu artistique qui ne l’a pas prise au sérieux. Caroline aurait pu être démolie par les critiques, elle a choisi de se relever les manches et de montrer à tous qu’elle avait une tête sur ses ravissantes épaules ».

 

Quand une compatriote fait des bons coups, il faut l’applaudir. Mais quand elle prend de mauvaises décisions d’affaires, on a parfaitement le droit de le dire, de s’en désoler, et d’émettre des critiques. Quand Caroline déclare à Sophie Thibault que sa force ce n’est pas la gestion, on peut trouver ça incongru sans passer pour une mauvaise langue.

 

Être féministe, ce n’est pas réclamer à tout vent un traitement différent pour les femmes. C’est au contraire réclamer que les femmes subissent le même traitement que les hommes, ce qui inclut des mauvais critiques quand on se plante. Il n’y a rien de misogyne à critiquer une femme d’affaires.

 

Toute cette histoire braque encore une fois les projecteurs sur le mode de sélection de l’émission des Dragons à Radio-Canada.

Sur le site des Dragons, on trouve encore la fiche de présentation de Caroline Néron : « Grâce à son entreprise, Caroline a trouvé la combinaison idéale pour mettre à profit son esprit artistique et son flair en affaires. (...)

À maintes reprises, Caroline Néron a prouvé qu’elle est une entrepreneure de talent, et elle inspire aujourd’hui les entrepreneurs de demain. »

Comment expliquer que Radio-Canada ait demandé à une femme d’affaires en pleine tempête financière, dont le bateau a de la difficulté à se maintenir à flot, de servir de capitaine pour d’autres entrepreneurs ?

Lors de son passage à notre balado de couple Devine qui vient souper  (à Qub Radio) (que vous pouvez réécouter ici )  l’ex Dragon François Lambert avait soulevé cette question. On ne demande pas aux Dragons de montrer leurs états financiers, déplorait-il. Il y a là-dedans des méchants pauvres.

Or, La Presse nous apprenait cette semaine que sur les huit entreprises à qui Caroline Néron a promis d’investir en ondes, devant les caméras, aucune n’a reçu d’investissement de sa part, une fois les caméras éteintes. Pas une !

Est-ce que, au nom de la solidarité féminine, il faudrait passer cela sous silence ?

Qu’une personne embauchée pour ses capacités d’investisseur soit incapable d’investir, il me semble que c’est fort de café.

Traiter les femmes avec des pincettes et des gants blancs, leur épargner des commentaires, des reproches ou des reportages d’enquête, c’est les traiter comme des petits êtres fragiles et sans défense.

C’est paternaliste et ça ne les aide pas.

Quand on joue dans la cour des grands, on demande à être traitée comme un grand.

Oui le monde des affaires est traditionnellement masculin. Mais si chaque fois qu’une femme d’affaires se plante il faut regarder ailleurs pour ne pas lui faire de peine, ça s’appelle « deux poids, deux mesures ».

Il me semble que les femmes méritent mieux que ça.