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Lire pour apprendre

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Quelques semaines après la sortie de son nouvel album, Mishta Meshkenu, le chanteur innu Florent Vollant nous parle de ses livres préférés.

De manière générale, quel genre de lecteur êtes-vous ?

Je lis à longueur d’année, mais, à chaque période de Noël, je suis à peu près sûr de lire une biographie que j’aurai reçue en cadeau. Je ne lis pas de romans, parce que ça ne me captive pas. Moi, je veux lire des trucs qui vont me permettre d’apprendre toutes sortes de choses, et l’un des derniers livres du genre que j’ai bien aimé, c’est Le peuple rieur – Hommage à mes amis Innus de Serge Bouchard. Mais évidemment, je vais aussi lire ce que mes amis ou les gens que je connais font. J’ai donc lu les recueils de Joséphine Bacon et de Natasha Kanapé Fontaine.

Où lisez-vous le plus souvent ?

Je lis beaucoup dans les avions. Lorsque je dois aller vers l’ouest, j’ai trois heures de vol devant moi et je vais lire, c’est sûr. Une fois, à l’aéroport, j’ai acheté All the Way : My Life on Ice de Stephen Brunt [seulement offert en anglais pour l’instant], qui retrace la vie du joueur de hockey inuit Jordin Tootoo. J’étais curieux de savoir comment il s’était rendu jusqu’à la ligue nationale. Son histoire est très inspirante pour l’ensemble de la communauté.

Et vous lisez de tout, ou est-ce qu’il y a des genres que vous aimez plus particulièrement ?

Moi, ce que je préfère, ce sont les biographies, surtout celles qui sont consacrées aux artistes. Les Beatles, Neil Young, Keith Richards, les Eagles, Céline Dion, Serge Fiori, Bob Marley, Zachary Richard... J’ai lu toutes leurs bios. J’aime les gens et je suis toujours curieux de découvrir d’où ils viennent, comment ils procèdent pour créer de nouvelles chansons. Quand ces artistes parlent de leurs déplacements, de la scène, de la relation qu’ils ont avec leurs musiciens, je connais, je sais c’est quoi. C’est mon univers, et je suis très intéressé par tous ces détails. Je n’ai pas de formation en musique, alors j’essaie de comprendre ce que je fais à travers les autres.

Quelles bios recommandez-vous ?

J’ai beaucoup aimé Harel – Rock ma vie de Pierre Harel, anciennement de Corbeau. Sa bio est assez fascinante parce qu’il a voyagé dans des communautés autochtones et parce qu’il avait des projets de fou. Personne ne voulait l’aider parce que personne ne comprenait dans quoi il voulait s’embarquer. Son livre est plein de bonnes anecdotes.

Une autobiographie de Neil Young m’a aussi beaucoup fasciné, même si cette bio n’est pas toujours facile à lire et à suivre. Dans ce livre, Neil Young parle de ses albums et raconte ses années à Winnipeg, quand il voyageait avec son band dans un petit camion. Et puis, à 21 ans, il a écrit un hit international et il a fait beaucoup d’argent. Ensuite, chaque projet a été associé à une voiture différente. C’était sa façon de se rappeler chacun d’eux !

Un homme qui m’a également beaucoup marqué, c’est Pierre Bourgault. C’est une époque, c’est lui qui a parti le premier mouvement indépendantiste au Québec. Son histoire m’a fasciné. Pierre Bourgault de Jean-François Nadeau n’est peut-être pas une brique, mais c’est intense. Je me souviens l’avoir lu en deux nuits.

Au cours des dernières années, vous vous rappelez avoir lu un livre qui a réussi à vous surprendre ?

C’est un cadeau que j’ai reçu du rappeur algonquin Samian, un ami à moi. Moi, j’aime beaucoup la photo et un jour, j’aimerais pouvoir en faire. Samian m’a offert Street Art – Poésie urbaine de Sophie Pujas, un livre où les graffitis des artistes de rue sont photographiés. Ça m’a touché.

Selon vous, est-ce qu’il y a un auteur qui mériterait d’être découvert ou redécouvert ?

Il y a une jeune poète, Laure Morali, qui travaille des fois avec Joséphine Bacon. C’est quelqu’un qui s’adresse aussi aux jeunes et elle mérite d’être connue.