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Qu’est-ce qu’il faisait là?

Scott Brison
Photo d'archives, Andre Forget Scott Brison

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Scott Brison a quitté son poste de président du Conseil du Trésor dans le gouvernement Trudeau. En ce début d’année 2019, une année électorale, c’est le moment indiqué pour prendre une décision quant à son avenir politique.

Je ne remets pas en doute ses raisons personnelles de quitter cette fonction. Il a fait sept mandats, c’est énorme. Il représente une circonscription de la Nouvelle-Écosse, ce qui représente un volume impressionnant de déplacements. Père de jeunes enfants, il a parfaitement la légitimité de se retirer de la folle vie politique.

Je continue néanmoins à me demander ce qu’il faisait dans ce poste de gardien du Trésor sous le gouvernement Trudeau. Sans méchanceté, il a passablement l’air d’un gardien de coffre-fort qui laisse la porte généralement ouverte et affiche la combinaison sur un Post-it lorsqu’il la referme. Autrement dit : l’argent sort !

Un conservateur

Rappel historique : Scott Brison a fait son entrée en politique il y a un peu plus de 20 ans, non pas comme un libéral, mais bien sous la bannière du Parti conservateur. En 2003, il a même tenté sa chance à la chefferie des conservateurs. À cette époque, il tenait à des finances publiques en santé et des dépenses sous contrôle.

Il a quitté les conservateurs pour se joindre aux libéraux lors de la fusion de son parti avec l’Alliance canadienne. Lui qui est ouvertement homosexuel était mal à l’aise avec cette fusion. À cette époque, le dossier du mariage entre conjoints de même sexe prenait beaucoup de place.

À l’époque, il était passé pour un opportuniste dans les rangs conservateurs puisqu’il avait soutenu initialement cette fusion avant de changer son fusil d’épaule. Évidemment, à cette époque, il se joignait au parti au pouvoir, les libéraux, avec les avantages qui y sont liés. Personnellement, je respecte sa démarche et ses choix de l’époque, d’autant plus qu’il les a assumés pendant quinze ans ensuite.

Inexplicable

Ce que je respecte moins, surtout ce que je n’arrive pas à m’expliquer, c’est comment quelqu’un qui a été un conservateur important peut devenir un champion dépensier. Il aura occupé le poste de président du Conseil du Trésor dans un des gouvernements les plus dépensiers des dernières décennies.

Je n’arrive pas à croire que jour après jour, en voyant le rythme des dépenses, l’ex-conservateur Brison ne se soit pas dit qu’il participait à une gaffe.

Je n’arrive pas à croire que l’ex-conservateur Brison n’ait pas eu de malaise en se rendant compte que les modestes déficits promis par monsieur Trudeau devenaient des gouffres trois fois pires qu’annoncés.

Je n’arrive pas à croire que l’ex-conservateur Brison n’ait pas regimbé en constatant que son gouvernement ne présentait même plus le moindre plan de retour à l’équilibre budgétaire dans un avenir prévisible.

Je peux comprendre le sens de son passage au Parti libéral fin 2003. Mais je décroche en pensant à son rôle comme président du Conseil du Trésor depuis 2015.

Éprouve-t-il secrètement un malaise ? Nous le saurons peut-être dans sa biographie.