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Rotterdam: ouverture et acceptation

La comédie douce-amère présentée à La Bordée aborde la thématique de l’identité de genre

Rotterdam: ouverture et acceptation
Photo courtoisie, Pierre-Marc Laliberté

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Quelques mois après avoir obtenu le rôle d’un jeune homme né dans un corps de femme, à la suite d’une audition, Pascale Renaud-Hébert a vécu une période d’incertitude. La comédienne se demandait si elle avait le droit de jouer ce genre de personnage.  

Un doute qui s’est installé, avec en toile de fond la tourmente autour de l’appropriation culturelle des spectacles SLAV et Kanata.  

Pascale Renaud-Hébert avoue avoir été ébranlée. Elle a eu l’impression que ces deux mois de réflexion ont duré sept ans.  

«Ce n’est pas un enjeu qui est identique à celui de SLAV. L’identité culturelle et l’identité de genre ne sont pas du tout la même chose, mais la représentation et l’inclusion sont fondamentales dans les deux cas», a-t-elle indiqué, lors d’un entretien.  

 À l’affiche à partir de mardi à La Bordée, Rotterdam raconte l’histoire d’un couple constitué de jeunes femmes homosexuelles.  

Ariane Côté Lavoie et Marie-Hélène Gendreau
Photo courtoisie, Pierre-Marc Laliberté
Ariane Côté Lavoie et Marie-Hélène Gendreau

La veille du jour de l’An, Alice, qui vit avec Fiona depuis sept ans, décide de sortir du placard et de révéler son homosexualité à ses parents.  

Au moment où elle s’apprête à faire son «coming out» par courriel à ses parents, Fiona lui avoue qu’elle est un homme né dans le corps d'une femme. 

La comédienne se demandait si c’était légitime de se glisser dans la peau de Fiona.  

«Je n’étais pas certaine que j’avais ma place dans cette affaire-là», a-t-elle mentionné.  

Pascale Renaud-Hébert a rencontré des personnes transgenres et des gens de l’organisme GRIS, qui a pour mission de faire de la sensibilisation à propos des orientations sexuelles.  

«Je me suis sentie validée par ces gens et une période d’apaisement a suivi. J’ai fait une réflexion, j’ai pris une décision et je suis à l’aise avec ça. C’est vraiment un beau défi de jouer ça», a-t-elle fait remarquer.  

Marie-Hélène Gendreau et Charles-Étienne Beaulne
Photo courtoisie, Pierre-Marc Laliberté
Marie-Hélène Gendreau et Charles-Étienne Beaulne

 Délicatesse  

Un défi qui demandait beaucoup de délicatesse. « Je veux que les gens soient touchés et que les personnes trans qui voient le show se reconnaissent. Je ne voulais pas en faire une caricature », a-t-elle dit.  

La pièce écrite par le Britannique Jon Brittain, traduite et mise en scène par Édith Patenaude, est une comédie douce-amère.  

«Rotterdam est beaucoup axée sur les relations entre les personnages, sur ce qu’ils vivent, ce que ça leur fait, et comment ça résonne chez eux. Ça parle d’écoute, d’ouverture, d’acceptation, d’empathie et de ce que nous sommes en tant que personne. Le texte est magnifique», a indiqué la comédienne.  

La pièce, pour Pascale Renaud-Hébert, qui n’a jamais pensé vouloir devenir un homme, est essentielle dans un monde où les questions d’identité de genre sont de plus en plus présentes.  

Beaucoup de souffrance  

«J’ai entendu des chroniqueurs dire des choses épouvantables, que c’était une mode et que les parents devraient recadrer leurs enfants. C’est terrible dire des affaires de même et c’est un manque de connaissance. Voir si quelqu’un aurait le goût de vivre ça. C’est beaucoup de souffrance. C’est important que ça soit présenté et normalisé», a-t-elle fait savoir.  

Le sujet de la pièce a éveillé certaines choses chez la comédienne.  

«On a beaucoup parlé, avec les gens de GRIS, d’autodéfinition. Les gens essaient beaucoup de mettre les gens dans des cases. On n’a pas besoin de nommer tout et de définir tout le monde. Il faut laisser les gens être. C’est à nous de nous définir», a-t-elle laissé tomber.   

► Rotterdam est présentée du 15 janvier au 9 février à La Bordée.