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«Si je vois un gros dans le coin, je ne vais pas aller le ramasser» - Samuel Girard

Samuel Girard sait comment faire face aux imposants rivaux

Avalanche c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Samuel Girard a tenté de se défaire de l’emprise de Michael Chaput, samedi.

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À une époque pas si lointaine, les défenseurs de moins de 6 pi n’avaient pas la cote dans la LNH. Aujourd’hui, la rapidité et la relance du jeu ont encore plus d’importance que la robustesse. Et il y a une plus grande ouverture d’esprit envers les petits arrières.

Parmi les 31 équipes de la LNH, on dénombre 23 défenseurs de moins de 6 pi qui ont joué au moins 20 matchs cette saison. C’est pratiquement un défenseur par équipe. Pour la visite de l’Avalanche au Centre Bell, il y avait trois défenseurs qui répondaient à ces critères.

Du côté du Canadien, il y avait Victor Mete (5 pi 9 po et 183 lb). Dans le camp de l’Avalanche, on retrouvait Samuel Girard (5 pi 10 po et 162 lb) et Tyson Barrie (5 pi 10 po et 190 lb).

Temps de glace

À 20 ans seulement, Girard occupe déjà une place importante au sein de la brigade de défenseurs de l’Avalanche. Depuis le début de la saison, Jared Bednar l’utilise pour près de 20 minutes par rencontre.

L’ancien des Cataractes de Shawinigan a appris depuis longtemps à jouer selon ses forces pour survivre dans un univers où les rivaux sont à 99 % du temps plus gros que lui.

« Il faut juste croire en soi, a dit Girard à la veille du match contre le CH. Ce n’est pas un défi de jouer contre de plus gros joueurs, c’est naturel. Je suis sur la glace et je dois utiliser mes qualités. »

« Je sais que ma vitesse va m’aider, a-t-il poursuivi. Si je vois un gars de 6 pieds 3 et 240 livres arriver derrière moi, je vais savoir quoi faire pour utiliser ma vitesse et le contourner. Pour ne pas me faire frapper, parce qu’il y a des chances que je ressorte de là avec une épaule cassée ! »

L’intelligence avant tout

Depuis le début de l’année, le défenseur originaire de Roberval au Saguenay–Lac-Saint-Jean ne s’est brisé aucun os. Il a toujours ses deux épaules bien en place. Avec son langage coloré, il a expliqué une partie de sa recette.

« Il faut que tu sois intelligent, a-t-il rappelé. Si je vois un gros dans le coin, je ne vais pas aller le ramasser, c’est moi qui vais revoler. J’essaie de le pousser dans la bande, d’enlever la rondelle, bâton contre bâton. »

Une famille heureuse

Pour l’unique visite de l’Avalanche cette saison au Centre Bell, Girard a joué devant une armée de partisans.

« Le fan-club des Cataractes vient, a-t-il précisé. Ils vont être 60. Du Lac-Saint-Jean, ils seront 250. C’est toujours une belle expérience de jouer devant famille et amis, au Centre Bell. J’ai grandi en regardant le Canadien, maintenant je suis sur la glace et je joue contre eux. »

Parmi les nombreux fidèles du numéro 49 de l’Avalanche, il y avait ses parents (Tony et Guylaine), ses deux frères (Jérémy et Christopher) et sa sœur (Jessica).

Plus jeune, Samuel avait reçu le plus beau des cadeaux de son grand frère, Jérémy.

« Mon frère était aussi un bon joueur, mais il m’a laissé sa place pour ne pas que ça coûte trop cher à mes parents, a-t-il raconté. Il savait que j’étais un peu plus talentueux que lui. Il voulait aussi jouer dans la LNH, il a travaillé fort. Il s’est sacrifié pour moi. »

« Au repêchage, il m’a serré dans ses bras, en me disant qu’il vivait ce rêve avec moi. Il fait son tour au Colorado des fois, il me le dit après chaque match, je capote. Je vis ton rêve dans ma tête aussi. Je le vis en même temps que toi. On se soutient comme famille. Mon autre frère et ma sœur aussi ont toujours été là pour moi. Ils m’encouragent. »

Comme Jérémy le disait dans un reportage touchant à RDS, c’est le nom de Girard qui se retrouve dans le dos de Samuel. C’est donc un honneur pour toute la famille.