/news/society
Navigation

Souvenirs du Chic-N-Coop

1959

Avant Après
Photo courtoisie, Alfred Bohns
Photo courtoisie de la collection du Centre d’histoire de Montréal

Coup d'oeil sur cet article

Le fameux poulet Chic-N-Coop

Donnant l’impression de sortir tout droit d’une comédie musicale, ces marins déambulent en 1959 sur la rue Sainte-Catherine Ouest, entre les rues Stanley et Drummond. Comme de nombreux touristes, ces hommes des mers pourraient bien être tentés de faire un arrêt au Chic-N-Coop. Destination prisée par les visiteurs de la métropole, le populaire restaurant offre un poulet rôti n’ayant rien à envier à celui du St-Hubert d’aujourd’hui. Fondée en 1939 par les frères Cecil, Eli et Victor Hill, l’entreprise doit son succès à un approvisionnement assuré par les producteurs de poulet du Québec et de l’Ontario, mais aussi à l’atmosphère unique du restaurant. En vitrine, un poulet à la broche tourne sur la rôtissoire, mettant en appétit les passants. Une fois à l’intérieur, bien assis sur les tonneaux faisant office de sièges, vous êtes invités à manger votre poulet et votre maïs frits avec vos doigts ! Voilà une ambiance rustique et décontractée, idéale pour une soirée entre amis.

Hitler à la rôtissoire !

Photo courtoisie de la collection du Centre d’histoire de Montréal

Si vous aviez fréquenté le restaurant en 1940, ce napperon vous aurait fait bien rire. Véritable caricature, le dessin associe l’actualité au poulet du Chic-N-Coop. Marquant son ambiance rustique, le cadre dépeint un paysage campagnard, animé par des cowboys débraillés et des animaux de la ferme. Les voyageurs venus de loin en automobile sont invités à s’arrêter au restaurant où le poulet est la vedette du menu. Au centre, une scène étonnante montre Hitler et deux membres de son état-major dotés de corps de poulet. Enchaînés devant un tribunal dont le jury est composé de poules, ils sont jugés coupables et condamnés à être frits ! Cette caricature suggère une victoire prochaine des Alliés, qui annoncera la condamnation d’Hitler. Bien sûr, l’Histoire s’est passée autrement, mais ce napperon rappelle les espoirs de l’époque. Appartenant à une famille ontarienne qui ne manquait jamais l’occasion d’aller au Chic-N-Coop lors d’un séjour à Montréal, ce napperon a été donné au Centre d’histoire de Montréal en 2008.

Une permanente digne de la Reine

Jetant un coup d’œil au salon de beauté, ces marins espèrent sans doute apercevoir une jolie fille au passage. Voisin du Chic-N-Coop, Wanner’s est la référence en matière de beauté capillaire à Montréal depuis 1926. Ayant commencé sa carrière à 14 ans, Mme Wanner offre une coiffure impeccable à un prix compétitif, mais aussi des cours de « culture de beauté » et de « maintien et personnalité ». L’entreprise familiale est gérée par son fils, Jacques, et son mari, tandis que sa fille, Danièle, se spécialise dans la confection de perruques. Si l’incendie du 17 novembre 1962 met fin aux activités du Chic-N-Coop, le studio de coiffure est réaménagé par nul autre que Richard Lorain, costumier de Radio-Canada, mais aussi décorateur. À l’été 1970, Wanner’s présente des défilés de coiffures au Pavillon de la femme à Terre des hommes un lundi sur deux, valorisant un cheveu en santé. Mais une mise en vente du mobilier dès 1972 annonce le début de la fin pour le salon Wanner’s.