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Pas questionnée malgré sa ressemblance avec la disparue

Une Québécoise qui vit au Burkina Faso ne croit pas que le cas est pris au sérieux

Burkina Faso
Photo courtoisie et Facebook On remarque ici la ressemblance marquée entre Stéphanie Beauchamp (gauche), une Montréalaise de 38 ans travaillant au Burkina Faso, et Édith Blais (droite), une Sherbrookoise de 34 ans disparue depuis la mi-décembre dans ce pays frappé par des menaces terroristes.

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Une Québécoise vivant au Burkina Faso ne constate pas de sentiment d’urgence chez les autorités et la population concernant la disparition de la Sherbrookoise Édith Blais et de son ami.

« Ici, personne ne parle de la Canadienne qui est disparue, a confié hier Stéphanie Beauchamp, jointe par téléphone à Koudougou. Les gens à qui j’en ai parlé dans le secteur, c’est moi qui le leur apprenais. J’ai montré leurs photos. Ils ne les avaient pas vus. »

Depuis la mi-novembre, la Montréalaise de 38 ans œuvre comme travailleuse sociale à proximité de l’endroit où Édith Blais et son ami italien ont été aperçus pour la dernière fois, entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou, la capitale du pays africain, le 15 décembre.

Ressemblances marquées

Canadiennes. Blanches. Dans la trentaine. Portent fréquemment un bandeau et des tresses. Les traits communs aux deux femmes sont frappants, affirme Mme Beauchamp.

Cette semaine, alors qu’elle se dirigeait vers Ouagadougou, elle a croisé des membres des autorités locales.

« Ils n’ont même pas demandé mon passeport pour savoir qui j’étais, s’est étonnée la Québécoise, après s’être simplement fait envoyer la main. Je n’ai pas l’impression que sa disparition est prise au sérieux. »

Sécurité resserrée

À la connaissance de Mme Beauchamp, seulement un média télévisé aurait fait mention de la disparition de la Canadienne, disant que l’information provenait d’Ottawa.

« C’est tellement désorganisé. Ici, l’information arrive beaucoup plus lentement aux gens qu’au Québec, où nous sommes toujours branchés. On a accès rapidement aux médias. »

La surveillance policière aurait pourtant redoublé sur les routes depuis que les autorités ont décrété l’état d’urgence, le 31 décembre, en raison de la crainte d’attaques terroristes.

« J’ai reçu une alerte de l’ambassade [canadienne] me disant de faire attention et de ne pas aller au nord et aux frontières », raconte Mme Beauchamp.

Toutefois, les efforts ne semblent pas tournés vers la recherche du couple d’amis, selon la Montréalaise d’origine.

Inquiétude

Après la médiatisation de la disparition de la Sherbrookoise, Mme Beauchamp a reçu une tonne de messages de proches inquiets pour sa sécurité.

Chez elle, il n’y a rien qui circulait dans les médias à ce propos.

« J’ai énormément d’amis, je suis très bien entourée. Il n’y a pas de violence, d’agressivité ou de peur, où je suis. L’état d’urgence, on ne le ressent pas du tout », a-t-elle indiqué.

Les préoccupations des Burkinabés sont, d’après elle, davantage axées sur leur vie au quotidien.

« Ici, les gens pensent à ce qu’ils vont manger ce midi et comment ils vont faire pour y arriver. Ils ne s’en font pas avec l’information extérieure », a expliqué Mme Beauchamp.