/opinion/blogs/columnists
Navigation

Canadien condamné par représailles et pour l’exemple

Canadien condamné par représailles et pour l’exemple
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

En Chine, la condamnation à mort du Canadien Robert Lloyd Schellenberg ressemble beaucoup à des mesures de représailles contre le Canada.

M. Schellenberg a clamé son innocence lors d’un premier procès où il avait été condamné à quinze années de prison pour trafic international de methamphétamines. La Cour d’Appel de Dalian a alourdi sa peine parce que la poursuite a présenté un témoin qui a affirmé que M. Schellenberg était très impliqué dans des activités de trafic de drogue. Normalement, sa peine doit être avalisée par la Cour suprême de Chine, puisqu’il s’agit d’une condamnation à mort. Il ne faut cependant pas s’attendre à ce que la Cour suprême reverse la décision de la Cour d’Appel. Ce genre de renversement est extrêmement rare en Chine.

Soumis à la torture

M. Schellenberg est peut-être coupable. Lui-même prétend avoir été victime d’une arnaque tendue par des trafiquants de drogue. La culpabilité de M. Schellenberg est difficile à conclure avec certitude, puisqu’en Chine, les procès sont très expéditifs. En plus, les accusés sont soumis à des formes de tortures psychologiques très élaborées. Il y a quelques années, l’ex-haut dirigeants chinois Bo Xilai, accusé de corruption, avait expliqué qu’il avait signé des aveux de culpabilité parce qu’il était vain de tenter de résister à ces tortures psychologiques du système carcéral chinois. Il savait de quoi il parlait.

Un message clair

L’invitation faite à trois médias étrangers d’assister au procès et l’alourdissement de la peine montrent bien que le gouvernement chinois veut envoyer un message au Canada et au reste du monde. Ce message se résume ainsi : si  vous accordez des passe-droits aux ressortissants chinois en procès dans votre pays, nous en accorderons aussi aux ressortissants étrangers en procès en Chine. Sinon, attendez-vous à des peines de la plus grande dureté contre vos ressortissants.

Inacceptable

Bien-entendu, une telle proposition est complètement inacceptable dans des pays comme le Canada où les tribunaux sont séparés de toute influence politique directe. Elle n’aura donc aucune incidence sur le procès pour extradition de Madame Meng, dans l’affaire Huawei. Mais cette proposition sera entendue là où les systèmes judiciaires sont sous l’influence directe des dirigeants politiques, c’est-à-dire dans la plupart des pays de la planète.

Ceci n’est qu’un avant-goût de ce que à quoi ressemblera un monde de plus en plus dominé par la Chine.