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Airbus pourrait construire des avions de chasse au Québec

L’Eurofighter est actuellement utilisé par l’Arabie saoudite au Yémen

Eurofighter Typhoon
Photo courtoisie, Airbus La facture totale d’un seul Eurofighter Typhoon s’élève à 120 millions d’euros (182 M$ CA), selon le gouvernement allemand.

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Le géant européen Airbus envisage de construire à Mirabel des avions de chasse qu’il veut vendre au Canada et que l’Arabie saoudite utilise actuellement au Yémen.

L’Eurofighter Typhoon fait partie des appareils qu’Ottawa considère pour remplacer ses vieux CF-18, aux côtés du Super Hornet de Boeing, du F-35 de Lockheed Martin et du Gripen de Saab. Le contrat pourrait valoir jusqu’à 19 milliards $.

Lors d’un événement tenu hier à l’usine des avions A220 de Mirabel, le président d’Airbus Defence and Space Canada, Simon Jacques, a fait valoir que le Typhoon pourrait aisément côtoyer les F-35 américains au sein du NORAD.

« Une flotte mixte, ce serait vraiment bon pour la défense de l’Amérique du Nord », a insisté M. Jacques, en notant que le Royaume-Uni possède à la fois des avions Eurofighter Typhoon et F-35.

Airbus mise grandement sur le fait que le Canada est devenu son cinquième pays d’appartenance avec la prise de contrôle de la C Series de Bombardier, devenue l’A220, l’été dernier.

« On a le vent dans les voiles », a soutenu Simon Jacques.

Des satellites aussi

L’Eurofighter est actuellement en service dans neuf pays, dont l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. L’Arabie saoudite en possède 71 et souhaite en ajouter 48 à sa flotte.

En 2017, un Typhoon saoudien s’est écrasé au Yémen dans le cadre de l’opération militaire que Riyad y mène.

Ce week-end, Le Journal a révélé que l’industrie aéronautique québécoise a vendu pour près d’un milliard de dollars en biens et services à l’Arabie saoudite depuis le début de cette guerre sanglante.

M. Jacques a également laissé planer la possibilité qu’Airbus installe au Québec une usine de fabrication de satellites de télécommunications si l’entreprise canadienne Télésat lui octroie un contrat.

Une impressionnante délégation de 30 journalistes d’Europe et d’Amérique du Nord se trouvait à Mirabel hier à l’invitation d’Airbus, parmi lesquels des représentants de grands journaux comme le Financial Times, Le Monde et le Corriere della Sera.

Cette offensive donnera de la visibilité à l’A220 en Europe, où plusieurs transporteurs s’apprêtent à passer des commandes d’avions.

Jusqu’à Hawaï en A220

Airbus a par ailleurs annoncé hier avoir obtenu l’approbation des autorités pour que les avions A220 puissent s’éloigner jusqu’à trois heures de vol de l’aéroport le plus proche. Ce feu vert permettra à l’A220 de réaliser de longs vols au-dessus de l’océan comme New York-Londres et Los Angeles-Honolulu.

Air Canada n’a pas l’intention d’utiliser ses futurs appareils A220 pour des liaisons transatlantiques, a indiqué hier un cadre du transporteur, Mark Galardo

En revanche, l’A220 permettra à Air Canada de lancer de nouvelles routes, y compris possiblement Montréal-Seattle, a-t-il dit.

Airbus au Canada

  • Présent au pays depuis 1984
  • 3000 employés dans quatre provinces
  • 700 hélicoptères en service
  • 130 avions commerciaux en service
  • 21 aéronefs militaires en service