/news/transports
Navigation

4 ans de travaux majeurs: des bateaux contre la congestion dans le tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine

La ministre Chantal Rouleau pense transporter les gens par navettes durant les travaux du tunnel La Fontaine

Coup d'oeil sur cet article

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, souhaite utiliser des navettes par bateaux pour éviter le chaos dans le tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine, pendant les travaux majeurs de rénovation qui dureront quatre ans.

C’est une façon de donner espoir aux 120 000 usagers quotidiens du tunnel qui se demandent comment ils traverseront le Saint-Laurent entre 2020 et 2024, quand le ministère fermera une des trois voies dans chaque direction de la structure déjà congestionnée près de 10 heures par jour.

La ministre Chantal Rouleau en entrevue hier au Journal.
Photo Chantal Poirier
La ministre Chantal Rouleau en entrevue hier au Journal.

En entrevue avec Le Journal hier, Mme Rouleau a confié qu’elle misait sur le fleuve pour réduire l’achalandage dans le tunnel.

« Le Saint-Laurent fait partie du panier de solutions », indique la ministre, qui rappelle qu’elle est également responsable au gouvernement de la stratégie maritime et de l’utilisation du fleuve.

Cabotage

Mme Rouleau vise notamment les 15 000 camions qui circulent chaque jour dans le tunnel.

« Dans l’industrie maritime, on parle de plus en plus de cabotage, soit le transport de marchandises sur une courte distance [...], je trouve ça génial, dit-elle. On embarque les camions sur les traversiers d’un côté du fleuve et on les débarque de l’autre côté. »

L’intérêt de Chantal Rouleau pour le fleuve Saint-Laurent n’est pas nouveau et il ne se limite pas au transport de marchandises.

L’an dernier, celle qui était encore mairesse de l’arrondissement Pointe-aux-Trembles–Rivières-des-Prairies avait lancé un projet-pilote permettant aux résidents de l’est de l’île de se rendre au Vieux-Port en 30 minutes grâce à des navettes fluviales.

« Près de 1000 personnes ont été transportées chaque jour avec seulement une navette par heure, donc ça fonctionne », soutient-elle.

S’il est trop tôt pour savoir quel pourrait être le tracé des navettes entre la Rive-Sud et Montréal, Mme Rouleau veut consacrer toute son énergie à mettre en application le Projet Saint-Laurent de François Legault.

« Le fleuve est notre colonne vertébrale, il est au cœur de notre stratégie de développement économique et social », insiste-t-elle.

Vue aérienne du tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine qui sera en travaux de 2020 à 2024. Les tracés en pointillés blancs sont une illustration du trajet fluvial qui pourrait être proposé, mais rien n’est encore déterminé.
PHOTO AGENCE QMI, KARIANE BOURASSA
Vue aérienne du tunnel Louis-Hyppolite-La Fontaine qui sera en travaux de 2020 à 2024. Les tracés en pointillés blancs sont une illustration du trajet fluvial qui pourrait être proposé, mais rien n’est encore déterminé.

 

Voie réservée

Le Saint-Laurent n’est pas la seule solution sur laquelle Mme Rouleau table pour réduire la congestion dans la région.

« Les voies réservées seront une signature importante de notre gouvernement, parce que c’est ce qui va rapidement dégager les voies de circulation, explique la ministre. On y travaille pour l’A-15, l’A-13 et l’A-30 notamment. »

Qualifiant de « farce » l’ajout par le précédent gouvernement d’une voie sur l’A-30 en utilisant la voie de service, Mme Rouleau assure qu’une correction sera apportée pour que les autobus aient une véritable voie réservée.

Quant à la Rive-Nord, elle précise qu’un comité de coordination réunissant les élus et les opérateurs de transports a été créé afin de contrer les impacts de la construction du Réseau express métropolitain (REM) sur les lignes de train de Deux-Montagnes et Mascouche.

De la baignade dans l’est en 2020

Chantal Rouleau promet qu’il sera possible de se baigner à Pointe-aux-Trembles dès l’an prochain.

Évoquée depuis 2013 et sujette à plusieurs reports, la plage de l’Est a été inaugurée l’été dernier avec notamment un pavillon et des terrains de volleyball. Toutefois, il est toujours impossible de s’y baigner parce que le terrain est trop pollué.

Promotrice de longue date de ce projet, Mme Rouleau dit qu’elle s’assure que la plage sera terminée rapidement.

« Nous nous sommes engagés à défrayer le coût de décontamination, dont l’évaluation est autour de 5 M$. Sûrement qu’en 2020, on va pouvoir se baigner », affirme la ministre responsable de la métropole.

Des informations cachées aux élus par la Ville

« Je l’ai su [dans le journal] en même temps que tout le monde », admet Chantal Rouleau, à propos des émanations d’arsenic au-dessus des limites permises près de l’usine de transformation de cuivre CCR, à Montréal-Est.

En septembre, notre Bureau d’enquête révélait que tant Québec que la Ville de Montréal étaient au courant de ces émanations pendant plusieurs années, sans avertir les citoyens et sans imposer de sanction à l’entreprise.

« Il y a eu un manque de communication. Nous, au niveau politique, on ne le savait pas, révèle Mme Rouleau, pourtant au comité exécutif de la Ville de Montréal à l’époque. À partir de maintenant, ils ont fait les investissements nécessaires pour corriger la situation, et on suit ça de près. »

Prudente sur le projet Royalmount

Alors que des voix réclament une intervention de Québec pour ralentir le projet de méga centre commercial Royalmount, la ministre Chantal Rouleau renvoie plutôt la balle dans le camp des municipalités.

« En ce moment, je ne peux pas me prononcer. Il y a une consultation [publique]. Il est important que les promoteurs puissent entendre les craintes et y répondre. C’est ce qui pourra justifier le projet », dit-elle, marchant visiblement sur des œufs.

Même si la ville de Mont-Royal semble pouvoir décider seule de l’avenir de Royalmount, Mme Rouleau invite plutôt cette municipalité, la mairesse Valérie Plante et le promoteur, Carbonleo, à discuter. « Une solution, ça passe par le dialogue », lance-t-elle.

La ministre déléguée aux transports demeure évasive quant aux aménagements routiers réclamés par le promoteur pour apaiser la congestion anticipée à l’intersection des autoroutes 15 et 40. « On ne fait pas notre budget en fonction d’un projet d’un promoteur qui peut-être se réalisera ou ne se réalisera pas », mentionne-t-elle.