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Sonia LeBel (au centre) et les élus de l’opposition : Hélène David, Véronique Hivon, et de dos, Christine Labrie.
Photo capture d’écran, TVA Nouvelles Sonia LeBel (au centre) et les élus de l’opposition : Hélène David, Véronique Hivon, et de dos, Christine Labrie.

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Vous allez peut-être dire que les vacances et le début d’année me rendent naïf et utopiste.

Mais j’ai trouvé remarquable la rencontre non partisane organisée hier par la ministre de la Justice Sonia LeBel au sujet des cas de violences sexuelles.

Une rencontre entre des élues de quatre formations politiques qui se parlent afin de définir la meilleure solution à un problème criant a quelque chose de rafraîchissant dans notre société de plus en plus polarisée.

Oui, il semble bien y avoir un problème avec le traitement des violences sexuelles.

Le cas de Gilbert Rozon, qui a fait face aux allégations de 14 femmes dont seulement deux ont abouti à des accusations au criminel, rendait la réflexion nécessaire, dans la foulée du mouvement #moiaussi.

Le « système fonctionne »

Au départ, la ministre LeBel semblait peu encline à faire évoluer les choses. « Le système fonctionne », avait-elle déclaré, ce qui en avait déçu plusieurs.

Rapidement toutefois, elle a fait preuve d’ouverture et a écouté le cri du cœur de la péquiste Véronique Hivon, qui proposait la mise sur pied d’un tribunal spécialisé sur ces violences ; elle a invité sa collègue à venir en discuter. Les deux autres partis d’opposition ont alors très légitimement réclamé d’en être.

Équilibre difficile

Certes, au sortir du bureau de la ministre hier, aucune formule n’était arrêtée. Peut-être que des différends apparaîtront bientôt.

La création d’un tel tribunal, dont il n’existe que peu de précédents (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande) exige prudence.

La bonne prise en compte des dénonciations est essentielle. En même temps, il doit être hors de question d’évacuer les principes fondamentaux tels la présomption d’innocence et le fardeau de la preuve reposant sur l’accusation.

Un sain équilibre doit être visé. D’où l’intérêt de voir des femmes élues compétentes, provenant de différents horizons, échanger afin de proposer des avenues, des formules.

Non-partisanerie

La grande partie des citoyens abhorrent la partisanerie et réclament que ce type d’effort non partisan soit plus fréquent.

Au fait : cela va dans l’intérêt du gouvernement. Jean Charest n’a jamais été aussi populaire que lorsqu’il se retrouva minoritaire et fut contraint d’inventer la notion de « gouvernement de cohabitation ».

Pour plusieurs électeurs, du reste, c’est la promesse de la « Coalition » avenir Québec : les « adversaires d’hier décident de travailler ensemble au Québec de demain ».

À l’assermentation de ses élus, François Legault s’est aussi donné un « droit à l’erreur » : « Les Québécois ne s’attendent pas à ce qu’on soit parfaits, ils s’attendent à ce qu’on les écoute puis qu’on fasse de notre mieux... »

À ses ministres, il a parlé du triptyque « proximité, humanité, ouverture », notions devant devenir la « marque de commerce » de son gouvernement.

Or la non-partisanerie concorde avec cet esprit.

C’est parfaitement utopique, je le sais. Gouverner c’est trancher des dilemmes et décevoir, forcément. Mais il faut dans la vie comme en politique avoir des idéaux vers lesquels tendre. Sinon rien ne peut s’améliorer.