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Contre la révolution végane

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 Le thème est dans l’air : faut-il devenir végane ? Les médias s’excitent beaucoup avec le sujet, en tout cas. L’actualité consacre d’ailleurs sa une de février au sujet, en nous annonçant que la révolution végane ne fait que commencer. 

 On le sait, le régime végane repose sur l’exclusion des produits d’origine animale de notre assiette. Adieu le bœuf, adieu le porc, adieu le camembert, adieu les œufs ! 

 Viande 

 S’il s’agissait simplement d’un régime alimentaire comme il y en a tant, on pourrait se contenter de dire : bof ! À chacun ses préférences ! On pourrait même reconnaître certaines vertus à ce régime, et y trouver quelques raisons de changer nos habitudes alimentaires. J’ai déjà mangé chez un ami végane et j’en suis sorti vivant, sans traumatismes graves ! 

 Mais le véganisme n’est pas qu’un régime, c’est une idéologie et une doctrine politique. 

 Ceux qui s’y rallient, souvent, s’y convertissent. Ils entrent en religion. Et il faut bien le dire, plusieurs basculent dans le fanatisme. Pour eux, la viande appartient à la préhistoire de l’humanité, et on comprend que ceux qui en mangent ne sont pas loin de la barbarie. Le carnivore passe pour le cousin du cannibale. 

Le régime végane n’est pas qu’un régime possible, mais le seul compatible avec l’avenir de l’humanité. Des raisons éthiques et climatiques devraient nous y conduire impérativement. 

 Si, très souvent, les véganes m’exaspèrent, ce n’est pas à cause de ce qu’ils mangent, mais à cause de leur manie de culpabiliser ceux qui ne se soumettent pas à leur manière de manger. 

 La lutte contre la souffrance animale est essentielle, mais on ne la confondra pas avec le refus des produits animaux. Comme qui dirait, pas d’amalgame ! 

 Comment ne pas voir dans cette révolution une forme de puritanisme, comme si l’humanité, pour se laver de ses péchés, devait désormais miser sur une existence aseptisée ? L’homme s’ennuie sans grands projets collectifs, alors il politise sa vie quotidienne. Maintenant, il veut devenir un ange. 

 Il faut défendre nos repas à la manière d’un art de vivre, d’une tradition vivante, d’un savoir élaboré au fil des siècles pour découvrir et agencer des saveurs. Les grands plats de chaque pays appartiennent aux trésors de l’humanité. 

 Pour citer Chesterton, « la chose la plus précieuse, et la plus chère à nos yeux, c’est l’homme, vieux buveur de bière, faiseur de religions, pécheur, sensuel, respectable ». 

 Qui mange sans enthousiasme m’est suspect. Rien n’est plus beau qu’un banquet où des amis festoient autour de belles grillades bien assaisonnées. Rien n’est plus enthousiasmant que le moment où arrive sur la table le plateau de fromages coulants ! 

 Malbouffe 

 Et tant qu’à politiser l’assiette, pourquoi ne pas faire un front commun contre la malbouffe qui empoisonne notre civilisation ? 

 J’ai vu hier la photo de Donald Trump accueillant une équipe de football avec une table remplie de Big Mac. C’était une image dégoûtante. 

 Plutôt qu’une lutte contre la cuisine française et ses délices raffinés, nous pourrions nous mobiliser contre l’américanisation de nos assiettes. 

 Et maintenant, à table !