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Et s’il était simplement faible...

Et s’il était simplement faible...
Photo d’archives, Sarah Bélisle

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Dès qu’il fut élu chef du NPD, une question s’est posée à propos de Jagmeet Singh : le Canada serait-il prêt à voter pour un premier ministre portant le turban ? Certains tournaient autour du pot puisque l’enjeu est un peu tabou. D’autres posaient ouvertement le problème de perception.

Les interrogations à ce sujet sont justifiées en ce qui me concerne. Dans une société qui s’interroge sur le port de signes religieux ostentatoires pour des personnes en autorité, est-ce que le premier ministre peut en porter un aussi gros et aussi visible ?

Le premier ministre

La question ne s’est pas tellement posée pour des députés et même des ministres, mais le premier ministre devient un peu le visage du pays. À l’étranger ou à l’occasion de grands sommets internationaux, le premier ministre EST le Canada, ni plus ni moins. Est-ce que les électeurs canadiens sont prêts dans de tels forums à être représentés par quelqu’un qui arbore un signe religieux manifeste ?

Il y a une autre question sous-jacente au port du turban. Monsieur Singh sait qu’il s’aiderait comme chef de parti politique en retirant son turban. Il enlèverait un irritant pour une partie de l’électorat. Il ne le fait pas. Cela démontre quand même un attachement très fort aux rites des sikhs orthodoxes.

Pour un chef de gouvernement, la question des fidélités religieuses pouvant influencer les décisions politiques se pose toujours. Elle se pose pour les chrétiens fondamentalistes, dont on fouillera les positions sur des enjeux comme l’avortement. Comment l’éviter lorsque les convictions religieuses sont affichées aussi clairement ?

La question plus grave

Je commence sérieusement à me demander si les perceptions concernant le turban n’ont pas occulté un thème bien plus fondamental. Jagmeet Singh est-il à la hauteur de la situation ? Maîtrise-t-il ses dossiers ? Le week-end dernier, lors d’une entrevue sur la chaîne anglaise CTV, il s’est couvert de ridicule.

Interrogé sur les déclarations fracassantes de l’ambassadeur chinois qui accusait le Canada d’agir en suprémaciste blanc, il a dû avouer à l’intervieweur ne pas être au courant, forçant ce dernier à lui expliquer les faits. Ses réponses suivantes n’ont guère été plus convaincantes.

Le chef du NPD veut gouverner le Canada et ignore les développements majeurs dans la crise avec la Chine. Un manque flagrant de sérieux et de préparation. Les Canadiens qui lisent les journaux un peu attentivement avaient vu passer cette nouvelle.

De surcroît, face à son ignorance, l’incapacité de s’en sortir avec un mélange de confiance en soi et de généralités ne donne pas l’image d’un grand champion. Si vous regardez l’extrait, le malaise est terrible.

Cela n’était pas sans rappeler un malaise semblable dans un point de presse à la Chambre des communes. Interrogé à propos d’un projet de loi, il a dû consulter autour de lui pour connaître la position de son parti...

Il joue son avenir dans une élection partielle. Je ne suis même plus sûr de ce qu’espèrent les gens de son propre parti...