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Plusieurs chirurgiens attendent encore des salles d’opération

Seulement 30% des hôpitaux atteignent la cible, selon les données compilées par Le Journal

Bloc hôpital opérations chirurgies
Photo d’archives La grande majorité des blocs opératoires des hôpitaux de la province n’atteignent pas la cible d’utilisation de 85 %, a compilé Le Journal. Souvent­­­, les chirurgies sont annulées et les employés vont faire du ménage ou des tâches administratives.

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Pendant que des milliers de Québécois attendent plusieurs mois pour être opérés, la grande majorité des blocs opératoires des hôpitaux demeurent sous-utilisés et des salles sont vacantes, déplorent les chirurgiens.

Seulement 30 % des hôpitaux du Québec ont atteint la cible d’utilisation du bloc opératoire de 85 % en 2017-2018, montre une compilation réalisée par Le Journal grâce à la Loi d’accès à l’information.

Chirurgiens frustrés

« Au niveau des chirurgiens, il y a énormément de frustration, avoue la Dre Diane Francœur, présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMOQ). Tout le monde grogne. »

Pénurie de personnel, manque de lits ou de budget : des salles sont fermées sans préavis, forçant les employés à faire du ménage ou de la paperasse.

Des 66 réponses obtenues, treize hôpitaux sont même sous la barre de 75 % d’utilisation. Pendant ce temps, 12 277 patients étaient en attente d’une chirurgie depuis plus de six mois au Québec, en décembre dernier.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), l’utilisation maximale d’un bloc opératoire est de huit heures par jour, cinq jours par semaine.

Présentement, il n’y a pas de cible ministérielle à respecter, mais la barre de 85 % est visée par les directions. Le reste du temps est consacré au ménage et à la préparation.

« Bonheur total »

« Si tous les hôpitaux roulaient à 85 %, ce serait le bonheur total », dit la Dre Francœur.

Parmi les meilleurs résultats (plus de 95 %), on retrouve le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et le Centre universitaire de santé McGill.

Au CHUQ, les chirurgies similaires ont été regroupées au même hôpital pour améliorer l’efficacité.

« Les gens développent une expertise particulière, on est capables d’être plus performants », dit la porte-parole Geneviève Dupuis.

Par contre, certains gros centres hospitaliers font piètre figure, dont le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (76 %). Seulement 27 des 39 salles d’opération fonctionnent à ce jour, mais la progression se poursuit, assure la direction.

D’ailleurs, plusieurs hôpitaux de Montréal sont sous la barre des 80 % (Jean-Talon, LaSalle, Verdun).

Le pire résultat revient à l’hôpital de La Tuque, en Mauricie, où le bloc opératoire est utilisé à 16 %.

« On n’a pas les volumes pour remplir le bloc, c’est trop loin pour déplacer les patients », dit la porte-parole Geneviève Jauron.

Solutions à venir ?

De façon globale, les taux d’occupation s’améliorent depuis quelques années. À la FMSQ, on attend un coup de barre de la nouvelle ministre de la Santé.

« On veut avoir des solutions rapidement, dit la Dre Francœur. Il faut que les patients soient opérés, il faut que ça roule davantage. »

La ministre de la Santé n’était pas disponible pour répondre au Journal, hier.


► Près de 20 000 chirurgies ont été payées par le public dans trois cliniques privées en 2017-2018.

 

Taux d’utilisation des salles d’opération

Meilleurs résultats

  • L’Enfant-Jésus (CHUQ) 99 %
  • Hôpital général de Montréal (CUSM) 98 %
  • Hôtel-Dieu de Québec (CHUQ) 95 %
  • Pointe-Claire 95 %
  • Saint-Hyacinthe 94 %
  • Saint-François d’Assise 93 %
  • Sorel 93 %
  • Royal Victoria (CUSM) 93 %

Pires résultats

  • La Tuque 16 %
  • Lac-Mégantic 49 %
  • Amqui 52 %
  • Témiscouata 59 %
  • Lachine (CUSM) 59 %
  • Dolbeau-Mistassini 63 %
  • Kamouraska 68 %
  • Matane 69 %

Source : Taux de 2017-2018 ou 2018, compilé par les directions des hôpitaux


La méthode de calcul du temps opératoire peut varier selon les endroits, NDLR.