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Hôpital Royal-Victoria: près d’une centaine d’itinérants accueillis en deux jours

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L’ancien site de l’Hôpital Royal-Victoria a accueilli depuis mardi près d’une centaine d’itinérants qui n’ont pas réussi à trouver un lit ailleurs pour passer la nuit, et d’autres mesures seront mises en place si jamais les 80 lits disponibles sont tous occupés.

Le site a ouvert ses portes mardi soir à 31 personnes, principalement des hommes, et à 62 personnes mercredi, dont 8 femmes et une personne transsexuelle. Aucune personne avec des animaux de compagnies ne s’est présentée pour le moment.

« Si jamais les 80 places sont dépassées, il y aura des mesures additionnelles », a assuré jeudi le ministre de la Santé Danielle McCann lors de l’ouverture officielle de l’unité d’hébergement d’urgence, en service jusqu’au 15 avril.

Le président-directeur général de la Mission Bon Accueil Samuel Watts a estimé que le nombre de lits devrait être suffisants, mais un plan B sera mis en place s’il y a des débordements.

L’ancien Hôpital Royal-Victoria est depuis mardi soir un refuge de dépannage et offre 80 lits qui s’ajoutent au 957 places déjà disponibles ailleurs. Lorsque les autres refuges affichent complet, l’unité de débordement ouvre ses portes pour accueillir les sans-abri à l’aide d’un service de navettes en fonction de 21 h à 7 h.

Le ministère de la Santé, Montréal et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CIUSS) ont injecté 200 000 $ dans cette unité temporaire.

La mise en place de cette nouvelle ressource a d’ailleurs été bouclée en une trentaine de jours pour permettre d’accueillir depuis mardi les sans-abri, selon Samuel Watts. La décision avait été annoncée en décembre alors que les refuges débordaient depuis l’arrivée des temps froids.

Dénombrement

Les intervenants présents à l’ouverture officielle de l’unité attendent tous les résultats du dénombrement mené ce printemps, qui seront dévoilés dans les prochaines semaines. Cela permettra de déterminer si le nombre de personnes itinérantes a augmenté à Montréal depuis le décompte de 2015.

Selon Samuel Watts, le nombre de sans-abri devrait avoir augmenté légèrement, en raison de la méthodologie qui a été améliorée.

« Force est d’admettre que les besoins en itinérance ne sont pas vraiment en diminution, on se rend compte que le visage de l’itinérance change. Il y a 10 ans on avait très peu de personnes aînées dans la rue, maintenant on en voit plus, on voit plus de femmes, de nouveaux arrivants qui se retrouvent dans des ressources pour la nuit », a reconnu la mairesse de Montréal Valérie Plante.

Cette dernière a expliqué que la métropole tente d’être plus proactive chaque hiver, mais que des solutions à long terme devaient être implantées pour réduire le nombre d'itinérants.

Selon la mairesse, cela passe par le financement de ressources en habitation et en soutien communautaire pour permettre aux personnes qui quittent la rue de bien s’intégrer à la vie en société.

Montréal souhaite construire 6000 logements sociaux en quatre ans, dont 950 pour les personnes en situation d’itinérance. Environ 438 de ces unités sont en voies d’être réalisées, a indiqué Valérie Plante.