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Pas si simple d'avoir un seul rapport d'impôts

François Legault
Photo PIerre-Paul Poulin

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

Jeudi, le premier ministre François Legault a profité de sa rencontre avec son homologue fédéral, Justin Trudeau, pour lui demander une déclaration de revenus unique administrée par le Québec.

Selon lui, envoyer une déclaration à Québec et une autre à Ottawa « coûte présentement cher aux Québécois en raison des nombreux dédoublements ».

M. Legault ajoute qu’il y a environ « 500 millions $ en dédoublements. Ce sont essentiellement des emplois. Si on crée d’autres types d’emplois plus efficaces, tout le monde est gagnant. Ça donne quoi d’avoir deux groupes d’employés qui font la même chose ? »

Les faits

Malheureusement pour M. Legault, l’élimination de ces « dédoublements » semble beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Le ministre fédéral François-Philippe Champagne disait hier vouloir préserver les emplois des 5000 fonctionnaires de l’Agence du revenu du Canada (ARC) travaillant au Québec, selon la Presse canadienne.

De plus, ce ne sera pas simple de congédier les milliers de fonctionnaires permanents travaillant à l’ARC au Québec. Ils devront soit être relocalisés dans d’autres fonctions, soit être indemnisés.

Le Droit rapportait d’ailleurs en 2015 que l’abolition de 25 800 postes dans la fonction publique fédérale entre 2010 et 2014 a coûté à Ottawa 4,45 milliards $ en indemnités de départ.

M. Legault a toutefois raison de dire qu’ultimement, les Québécois et les entreprises québécoises économiseraient temps et argent en remplissant une seule déclaration de revenus.

 

Le chiffre de la semaine: 1,6

La Ville de Montréal a amassé grâce à son armée de déneigeuses 1,6 million de mètres cubes de neige dans ses rues depuis le début novembre. Si cela peut sembler beaucoup, ce n’est rien comparativement à l’hiver 2017-2018, selon la base de données ouverte de la Ville. À pareille date l’année dernière, les déneigeuses avaient déjà amassé 7,9 millions de mètres cubes de neige, soit cinq fois plus.

Selon les données d’Environnement Canada, 139,8 cm de neige étaient tombés entre le 1er novembre 2017 et le 18 janvier 2018. C’est 59,4 cm de plus que la neige reçue pendant la saison hivernale actuelle.

— Andrea Valeria