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Pense aux pauvres...

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Les soirs de grands froids, j’entends toujours ma mère qui me répète : « Pense aux pauvres... » Chaque fois, je frissonne un peu plus.

Particulièrement ces derniers jours, j’ai une pensée pour les enfants qui se promènent avec des bottes de pluie en janvier, ceux qui ont des habits de neige passés de frère en sœur, des habits de neige rendus tellement usés et tellement fins qu’on peut réellement appeler ça des habits de neige en Kleenex.

Dans ces moments-là, je me demande si on en fait vraiment assez pour lutter contre la pauvreté.

Ceux qu’on refuse de voir

C’est certain qu’on n’aime pas ça voir la misère. On tourne facilement le regard quand un « squeegie » s’approche de notre voiture (chauffée) pour laver notre vitre. On est prompt à répondre aux quêteux qu’on n’a pas de change. Pendant ce temps-là, combien d’hommes et de femmes vont passer la nuit dans une boîte de carton abriés avec la gazette d’hier ?

La pauvreté n’a pas toujours le visage buriné des hommes usés par la vie ou le « brandy nose » des alcoolos du centre-ville.

La pauvreté, c’est plus sournois que ça.

La pauvreté, c’est le sort silencieux de plusieurs de nos voisins. C’est la malchance qui ne décolle plus d’une famille. C’est le début de la nouvelle vie de plusieurs immigrants. C’est aussi le lot de nombreuses familles qui aujourd’hui chauffent leur deux et demi miteux en ouvrant la porte du poêle.

Mourir de froid

Dans les dernières années, une dizaine de personnes sont mortes coincées dans des boîtes de dépôt de vêtements d’organismes de charité. Dans bien des cas, ces personnes cherchaient à attraper des vêtements chauds pour survivre à la nuit.

Triste mort, mais surtout, quelle triste vie.

Encore plus que pendant le reste de l’année, quand l’hiver frappe à son plus fort, je pense aux pauvres...