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Bonaventure, une entrée ratée?

La nouvelle configuration du secteur du Vieux-Montréal, qui a coûté 142 millions$, est loin d’être parfaite

Congestion Bonaventure
Photo PIerre-Paul Poulin En 2009, l’administration de Gérald Tremblay a décidé de mettre à terre 850 mètres de l’autoroute surélevée pour créer un espace public liant les quartiers du Sud-Ouest et du Vieux-Montréal. Ce grand projet a d’ailleurs gagné plusieurs prix d’urbanisme.

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La nouvelle entrée Bonaventure, inaugurée il y a un peu plus d’un an, donne fière allure à Montréal. Mais chaque soir, à l’heure de pointe, des milliers d’automobilistes y convergent pare-chocs à pare-chocs, paralysant tout un secteur de Montréal. La Ville a-t-elle raté son coup ?

Il faut tout de même admettre que le parc linéaire qui a remplacé l’ancienne autoroute sur pilotis au coût de 142 millions $ est plus charmant.

Pourtant, dans les rues, ce n’est pas de l’urbanisme prestigieux dont parlent les gens, mais de leur calvaire quotidien.

Je suis allée sillonner le secteur à pied et en auto durant la période de pointe du soir, près du Vieux-Montréal. Je confirme : c’était le BORDEL.

Cette interdiction de tourner à gauche fait la vie dure aux automobilistes souhaitant aller vers le Sud-Ouest. Première observation : les petites rues adjacentes au boulevard, du côté est, sont pour la plupart engorgées par des dizaines de voitures. Au compte-gouttes, quelques véhicules réussissent à chaque cycle de feu vert à joindre l’autoroute.

La rue William, qui n’a qu’une seule voie et à laquelle a été ajoutée une bande cyclable, est de loin la pire, m’ont confirmé les résidents et les travailleurs du coin (voir la carte ci-dessus).

Chantiers privés

C’est sans parler des chantiers privés. Il y en a partout dans le secteur, la nouvelle entrée ayant clairement provoqué un boom immobilier.

Un peu plus au sud, au coin de la rue Wellington et du boulevard Robert-Bourassa, des chauffeurs d’autobus m’ont expliqué que des policiers sont souvent déployés pour modifier les feux de circulation tellement le trafic est dense. « Ça roulait mieux avant, c’est clair, mais je préfère tout de même le boulevard à l’autoroute, c’est pas mal plus beau », m’a confié un automobiliste.

Trop tôt pour juger

La Ville de Montréal dit être bien au fait que les déplacements sont compliqués dans le secteur.

« Ce n’est pas à cause de la nouvelle configuration des rues, c’est à cause des nombreux chantiers publics et privés qui nuisent à la circulation », affirme le porte-parole administratif Philippe Sabourin.

Il ajoute que les grands chantiers de l’échangeur Turcot et du pont Samuel-De Champlain mettent de la pression sur l’axe Bonaventure, qui sera « assurément » plus fluide quand ceux-ci seront terminés.

Ouais, j’ai hâte de voir ça. On se rappelle que le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine et la Métropolitaine seront en chantier pour les prochaines années. Pas sûre que ça va aider à la fluidité...

Ces enjeux de circulation ne surprennent pas trois experts à qui j’ai parlé, dont un qui a conseillé la Ville pour l’aspect signalétique du projet. Selon eux, il est toujours très difficile de prévoir la circulation d’un nouveau secteur, malgré toutes les études et les projections qu’on peut faire.

Suivi constant

Les trois professionnels sont unanimes : quand on change autant la configuration, il faut retourner maintes et maintes fois sur le terrain pour observer ce qui s’y passe et apporter des changements.

Est-ce que Montréal fait réellement un suivi du projet depuis que le ruban a été coupé en 2017 ? M. Sabourin affirme que oui.

Des ingénieurs municipaux évaluent régulièrement la configuration des rues, et des changements sont apportés à l’occasion, « rien n’est coulé dans le béton », m’a-t-il dit.

L’AUTOROUTE BONAVENTURE :

<b>Avant</b>
Photo d'archives, Agence QMI
Avant
<b>Après</b>
Photo d'archives, Agence QMI
Après

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