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Lexson Mathieu prend son envol

Le jeune prodige de 19 ans de Québec fera ses débuts chez les pros samedi

Quebec
Photo Stevens Leblanc Lexson Mathieu à l’entraînement au club de boxe Empire, de Sainte-Foy, un arrondissement de Québec, mardi.

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Lexson Mathieu savait depuis longtemps que les portes de la boxe professionnelle allaient éventuellement s’ouvrir devant lui. À seulement 19 ans, ce joyau du noble art québécois s’apprête à faire ses débuts au Casino de Montréal, samedi, et il a déjà planifié son scénario victorieux.

Fort d’une quarantaine de combats au niveau amateur, où il a été sacré quatre fois champion canadien, le boxeur de Québec ne tient plus en place depuis qu’il a paraphé une entente de deux ans avec l’organisation de Eye of the Tiger Management, à l’automne, qui lui permet de se consacrer en permanence à sa tâche.

« Toute ma vie, c’était ça, le plan. Au niveau amateur, c’était comme aller à l’école où je faisais mes preuves. Je me suis senti assez confiant et j’ai décidé de tourner pro. Je savais qu’il n’y avait plus grand-chose à aller chercher chez les amateurs, sauf peut-être les Olympiques. Un jour, je veux devenir champion du monde », lance-t-il en entrevue avec Le Journal dans les locaux du club Empire de Sainte-Foy où il s’entraîne sous la supervision de François Duguay, figure bien connue dans la Vieille Capitale.

Surnom évocateur

Son premier test se nomme Edgar Santoyo (2-1-2, 1 K.-O.), un Mexicain de 26 ans qui se battra à l’extérieur de son pays pour la première fois.

Si le jeune prodige ne se soucie guère de celui qui se dressera devant lui dans le ring, laissant le boulot d’analyse à son entraîneur, une certitude s’impose naturellement chez lui.

« J’ai hâte, je sais ce qu’il va se passer. J’ai déjà tout visualisé dans ma tête. Je m’attends à la victoire. Non, je ne suis pas nerveux. Je sais ce qui va se passer », assure le principal intéressé entre deux exercices.

Ce n’est sans doute pas pour rien qu’il est surnommé The Next alors qu’il pourrait être la prochaine grande vedette du sport au Québec.

Un sobriquet qui colle à la fois à son talent et à sa personnalité.

« C’est François qui me l’a trouvé quand on était en camp d’entraînement aux États-Unis. Et pendant le camp, il m’a dit qu’il fallait que je me trouve un surnom. Je n’avais aucune idée quoi choisir. Et lui, avec son imagination, a trouvé ça », souligne-t-il.

Des arts martiaux à la boxe

Déménagé à Saint-Gabriel-de-Valcartier en bas âge alors que ses parents recherchaient la tranquillité après avoir vécu le brouhaha de la grande ville dans la région de Montréal, Mathieu a toujours été actif.

Avant la boxe, les arts martiaux s’invitaient à son quotidien, mais le jeune Lexson n’y trouvait pas suffisamment son compte, aux yeux de ses parents, qui ont vu dans la boxe une manière pour leur fils d’exploiter à fond son plein potentiel.

« J’ai grandi dans une bonne famille avec de bonnes valeurs. J’ai pu rester focus dans ce que je voulais faire. Je n’ai pas eu de distractions, rien ne m’a atteint. Ils ont bien fait, d’ailleurs, parce que ça a gonflé ma confiance en moi et ma prestance, soit comment je parle aux gens, comment je suis comme personne, ça m’a amélioré. »

« Je n’aurais pas pu en faire un métier. Puis, il arrivait que je me faisais disqualifier dans les compétitions d’arts martiaux parce que je frappais trop fort ! » raconte celui qui enfilera les gants dans la catégorie des 168 lb chez les pros, mais qui se battra exceptionnellement à 170 lb pour sa rentrée.

«Ça ne me met pas plus de pression»

Lexson Mathieu carbure à l’attention que son entrée chez les professionnels suscite.

« Il y a beaucoup de monde de Québec qui va venir m’encourager, ça va être le fun. En plus, tout le fait que ce soit plus gros, j’aime ça. Ça ne me met pas plus de pression, non. Ça m’encourage à aller m’entraîner plus fort, à rester plus concentré.

« De savoir que j’ai le regard vers moi, je me sens à la bonne place et ce n’est pas comme si je me battais dans le vide alors que personne ne sait que je fais. Je vais peut-être influencer d’autres personnes », signale le pugiliste de Québec qui se battra en sous-carte du combat opposant Mathieu Germain à Steve Claggett.

Moment présent

Aux côtés de Mathieu depuis ses débuts vers l’âge de 12 ans, François Duguay s’assure que son poulain garde les deux pieds sur terre.

« Je ne veux pas non plus lui mettre trop de pression. Je veux qu’on ait du fun. Je veux surtout qu’il profite du moment présent. C’est la chose la plus importante », soutient le vétéran entraîneur.

Des deux côtés

Duguay vante les qualités athlétiques de son protégé ambidextre doté d’une forte capacité d’analyse, selon lui. La préparation va bon train, ce qui fait dire à l’homme de coin que le duel de samedi soir prévu pour quatre rounds ne devrait pas trop s’éterniser.

« J’ai préparé des choses avec Lexson pour nous permettre de ‘‘solutionner’’ rapidement [l’adversaire]. Chaque combat va nous amener à un niveau différent. Et on n’a jamais deux chances de faire une bonne première impression. » Voilà qui est dit !