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Opération séduction pour une usine d’assemblage de satellites

Le premier ministre québécois tentera de convaincre le futur patron d’Airbus

Dans le grandiose décor de Davos et accompagné du ministre Pierre Fitzgibbon, François Legault (à gauche) s’est réjoui, mercredi, d’avoir convaincu Siemens d’ouvrir un bureau d’approvisionnement au Québec. Or, cette entreprise s’était déjà engagée à le faire, en décembre.
Photo Philippe Orfali Dans le grandiose décor de Davos et accompagné du ministre Pierre Fitzgibbon, François Legault (à gauche) s’est réjoui, mercredi, d’avoir convaincu Siemens d’ouvrir un bureau d’approvisionnement au Québec. Or, cette entreprise s’était déjà engagée à le faire, en décembre.

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DAVOS, Suisse | À son ultime journée au Forum économique mondial, François Legault chantera la pomme au futur président d’Airbus, dans l’espoir de le convaincre d’installer au Québec une future usine de construction de satellites.

Déjà bien présent au Québec avec le programme A220 (anciennement la C Series de Bombardier), Airbus pourrait l’être encore bien davantage, croit l’entourage du premier ministre.

M. Legault s’entretiendra jeudi avec Guillaume Faury, qui doit assumer les fonctions de PDG d’Airbus dès le mois d’avril.

Télésat Canada, un exploitant de satellites de télécommunication, cherche à lancer en orbite jusqu’à 500 satellites au cours des prochaines années, et a fait appel à Airbus et à la française Thales pour l’équiper. François Legault est persuadé que cette usine devrait se trouver chez nous, et n’entend ménager aucun moyen pour convaincre le futur PDG.

La journée de mercredi a été très productive, a-t-il soutenu en point de presse dans les hauteurs de Davos, au cœur des Alpes suisses. Il s’est notamment entretenu avec les grands patrons de la pétrolière Suncor, de la minière Glencore et de Siemens.

Autre bourde de Legault

François Legault s’est ainsi réjoui d’avoir convaincu Siemens d’ouvrir un bureau d’approvisionnement au Québec pour les nouveaux trains de VIA Rail Canada. Le hic : l’entreprise allemande a déjà pris cet engagement il y a plus d’un mois.

Le premier ministre semblait fier de son coup, après des mois passés à dénoncer la décision d’Ottawa, qui n’a pas exigé un minimum de contenu canadien dans les nouveaux trains de VIA.

En point de presse dans les hauteurs de Davos, au cœur des Alpes suisses, le premier ministre s’est dit « très content d’annoncer que Siemens accepte d’examiner la création d’un bureau d’approvisionnement au Québec ».

L’entreprise va « regarder via la chaîne d’approvisionnement pour donner des contrats et des sous-contrats à des entreprises au Québec ». « Donc ça, c’est une belle ouverture de la part de Siemens », a-t-il insisté.

Pourtant, cet engagement avait été rendu public dès l’annonce de l’obtention du contrat de 1 milliard $ par Siemens.

Michael Cahill, le responsable des activités de la multinationale en Amérique du Nord, avait alors confirmé que les trains seraient assemblés en Californie, mais que des bureaux d’approvisionnement seraient ouverts au Québec et en Ontario. Siemens s’est aussi fixé l’« objectif » d’utiliser du contenu canadien dans une proportion de 20 %.

Pressé de questions par Le Journal, M. Legault n’a pas semblé au courant de cette promesse.

« Ils n’avaient pas pris cet engagement, a-t-il dit. Ils ne l’ont toujours pas pris. Ils montrent une ouverture. C’est dans l’intérêt des citoyens du Québec et de Siemens. »

Siemens construira 32 rames de trains bidirectionnelles qui remplaceront, à compter de 2022, celles qui sont actuellement utilisées sur cette ligne.