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Embâcle: le Port de Montréal préoccupé par le manque de brise-glaces

Embâcle: le Port de Montréal préoccupé par le manque de brise-glaces
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

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Le Port de Montréal est préoccupé par le manque de brise-glaces dont dispose la Garde côtière canadienne pour maintenir ouverte la voie maritime du Saint-Laurent, dans un contexte où le climat joue de plus en plus au yo-yo en hiver, ce qui est propice à la formation d’embâcles.

Selon l'administration portuaire, trois brise-glaces s’activaient toujours jeudi après-midi entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières, notamment dans les secteurs des courbes de Sorel et du lac Saint-Pierre, afin de rouvrir le chenal à la navigation, qui est interrompue en raison de la formation d’un important embâcle.

Cinq navires étaient retenus au port de Montréal, jeudi, dont trois qui attendaient de se diriger vers l’océan Atlantique.

En matinée, le plus gros et le plus fort des navires qui se trouvait à Montréal s’est dirigé dans la voie maritime, aidé de trois brise-glaces et sous la coordination de l’Administration du pilotage des Laurentides, un organisme fédéral qui a la responsabilité d’assurer des services de pilotage maritime sur le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saguenay.

Le but était de se servir de la vélocité de ce navire pour ouvrir un chemin à travers les glaces. Suivi d’un second bateau, il était rendu dans le lac Saint-Pierre en milieu d’après-midi, selon le Port de Montréal qui suivait sa trace grâce à la géolocalisation.

Des investissements importants réclamés

À l’instar de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) et d’Armateurs du Saint-Laurent, le Port de Montréal réclame des investissements importants du gouvernement fédéral pour renouveler la flotte de brise-glaces vieillissante de la Garde côtière canadienne. Il en va de la croissance du Port de Montréal, qui ne se dément pas d’année en année, et alors que le Canada et l’Europe ont maintenant un accord commercial en bonne et due forme.

«En tant que membre de l’industrie, on trouve préoccupant que la flotte de brise-glaces ait pris beaucoup d’âge. Ce n’est pas arrivé spontanément. La moyenne d’âge des brise-glaces est de plus de 37 ans, alors que certains d’entre eux sont en service depuis 45 ou 50 ans», a dit Daniel Dagenais, vice-président aux opérations pour le Port de Montréal.

M. Dagenais a souligné en entrevue avec l’Agence QMI qu’il n’est pas normal de se retrouver avec une flotte de brise-glaces vieillissante et insuffisante pour couvrir tous les points chauds. Qu'arriverait-il en effet si plusieurs embâcles se formaient simultanément?

«Des glaces, c’est sûr qu’on va en avoir chaque année, alors c’est étonnant que dans un pays nordique où il est requis de casser de la glace, il n’y ait pas de plan plus élaboré ou amorcé pour remplacer les brise-glaces», a indiqué M. Dagenais.

Le chantier Davie de Lévis a eu le mandat de rénover trois brise-glaces usagés, «mais le premier qui a été réparé a été envoyé à Terre-Neuve. Il est présentement amarré bien au chaud. On ne sait pas ce qu’il a. C’est un des nouveaux brise-glaces et il n’est pas en fonction», a indiqué M. Dagenais.

Et pour défaire l’embâcle qui préoccupe les autorités en ce moment, il a fallu réquisitionner les brise-glaces qui sont affectés à la rivière Saguenay et au fleuve à la hauteur du Bas-Saint-Laurent, où quatre navires sont présentement amarrés en attente de pouvoir se diriger vers la métropole. «On est aussi préoccupé pour le Saguenay, il n’y a rien pour l’ouvrir», a dit M. Dagenais.

Selon le Port de Montréal, la formation d’embâcles sur le fleuve Saint-Laurent est relativement rare, survenant chaque trois ou cinq ans, et la «situation actuelle n’est pas critique».

«La priorité, vendredi, va être de permettre aux navires amarrés à Montréal de descendre le fleuve», a mentionné M. Dagenais, en soulignant qu’«aucun importateur et client du port ne nous a signifié une grande pénurie» de produits en ce moment.