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Legault comprend mal l’hostilité du Canada envers le Québec

Un sondage indique que la province est isolée dans la fédération canadienne

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 OTTAWA ET DAVOS | François Legault comprend mal l’hostilité que provoque le Québec dans le reste du Canada, alors que la province a selon lui tant de choses à offrir, comme... la bonne vieille rivalité de hockey entre le Canadien et les Maple Leafs de Toronto.   

 Le premier ministre du Québec ne manque pas d’arguments, depuis Davos, pour défendre la province la moins appréciée de la fédération, selon un sondage paru jeudi. 

 Lorsqu’on lui demande ce que les Québécois ont à offrir aux autres Canadiens, François Legault cite en priorité la « francophonie », la « joie de vivre », et « l’hydroélectricité ». 

 « On brasse des affaires, on crée des emplois. On apporte beaucoup de choses », a-t-il aussi affirmé en entrevue avec Le Journal, en marge du Forum économique de Davos, en Suisse.   

 Mais une écrasante majorité de Canadiens ne semblent pas d’accord avec lui et sont loin de porter le Québec dans leur cœur. 

 « Le Québec se distingue par le fait qu’il attire le moins de sentiments positifs à son endroit à l’extérieur de ses propres frontières », souligne la firme de sondage Angus Reid dans son étude. 

 Aucune affinité 

 Sans surprise, les provinces des Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba) ne se sentent aucune affinité avec le Québec, leur degré d’amour oscillant autour d’un rachitique 1 % à 3 %. 

 Une forte majorité de cette population considère même les Québécois comme leur étant hostiles. C’est le cas de 81 % des Albertains et de 74 % des Saskatchewanais. 

 Les Ontariens et les Néo-Brunswickois sont les Canadiens qui apprécient le plus les Québécois. Mais il n’y a pas de quoi fêter. Autour de 12 % des sondés dans ces deux provinces ressentent de l’amitié pour le Québec. À l’inverse, l’Ontario (44 %) et le Nouveau-Brunswick (42 %) sont de loin les provinces chouchou des Québécois, la Colombie-Britannique arrivant loin en troisième position (15 %). 

 La maison de sondage ne donne pas de pistes de réflexion pour expliquer l’isolement du Québec. 

 Mais il y a fort à parier que les sondés avaient en tête, lorsqu’ils se sont prononcés, l’opposition de la province au passage d’un pipeline sur son territoire ou encore le généreux chèque de péréquation qu’elle a encaissé l’an dernier. 

 Sur la question de la péréquation, François Legault a admis « qu’on a peut-être du travail à faire ». 

 La maison de sondage s’est aussi intéressée aux perceptions des Canadiens par rapport aux provinces qui profitent le plus de la fédération. 

 Profiteur ? 

 Sans surprise, une majorité de Canadiens (53 %) considèrent que c’est le Québec qui prend plus qu’il ne donne. 

 Les Québécois sont par ailleurs eux-mêmes nombreux à être en accord avec cette opinion (21 %), dans une proportion deux fois supérieure à quiconque dans la fédération. Le sondage a été mené auprès de 4024 Canadiens, du 21 décembre au 3 janvier, et comporte une marge d’erreur de 2,5 %, 19 fois sur 20.