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Premier recours collectif entendu contre un parc éolien

Des propriétaires du Centre-du-Québec réclament de 10 à 15 millions de dollars en dommages

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SAINTE-SOPHIE-D’HALIFAX | Environ 500 personnes qui demeurent près des 50 éoliennes implantées au Centre-du-Québec, en 2013, pourront se faire entendre, dès le 4 février, dans le cadre de leur recours collectif qui réclame entre 10 et 15 millions $ en dommages.

Yvon Bourque, 67 ans, n’habite plus son « coin de paradis » acquis en 1988 à Sainte-Sophie d’Halifax pour y finir ses beaux jours. Depuis l’implantation du parc éolien de L’Érable, il y a cinq ans, il vit dans la maison de son fils.

Sa femme et lui ne pouvaient plus tolérer les 17 éoliennes qui encerclent leur résidence du 4e Rang, à cause du bruit et de toute la chicane qu’elles ont engendrée.

« Ma femme a fait une dépression », partage cet électricien de métier.

Yvon Bourque, qui est âgé de 67 ans, n’habite plus sa résidence de Sainte-Sophie-d’Halifax. Sa maison est entourée de 17 éoliennes. Il l’a mise en vente.
Photo Caroline Lepage
Yvon Bourque, qui est âgé de 67 ans, n’habite plus sa résidence de Sainte-Sophie-d’Halifax. Sa maison est entourée de 17 éoliennes. Il l’a mise en vente.

Sa maison, qui est à vendre, n’a pas encore trouvé preneur. Un couple avait loué le domaine, mais il a quitté l’endroit après un mois à cause des éoliennes.

Selon M. Bourque, le bruit qu’elles provoquent est pire lorsqu’il vente fort.

« Ça dépend des journées. C’est intermittent », commente-t-il.

Familles et villages divisés

Le recours collectif qu’il a intenté, avec Jean Rivard, contre Éoliennes de L’Érable vise le dédommagement des propriétaires ayant subi des désagréments temporaires et permanents à cause des éoliennes, comme la dévaluation des propriétés.

Leur avocat, Me David Bourgoin, estime les pertes à 10 à 15 millions $ ou plus s’il a gain de cause sur toute la ligne.

Quelque 200 résidences situées à environ 1,8 km des éoliennes seraient touchées. Actuellement, plusieurs propriétaires, surtout de Sainte-Sophie et Saint-Ferdinand, reçoivent une compensation de 487 $ par an, en vertu d’une entente avec le promoteur Enerfin, l’entreprise espagnole qui a implanté ce parc éolien à la suite d’un appel d’offres d’Hydro-Québec.

M. Bourque n’est pas contre les parcs éoliens en zone inhabitée, mais il reproche le manque d’information au début du projet, en 2007, qui a semé la discorde.

Les ententes confidentielles entre le promoteur et des propriétaires, qui ont accepté la présence d’éoliennes sur leur terrain en échange d’argent, ont aussi créé des troubles de voisinage.

« Ça a divisé des villages et des familles », a exprimé sa conjointe, Lise Payeur.

Selon Me Bourgoin, un recours collectif contre un promoteur éolien est une première au Canada.

Le procès se tiendra au palais de justice de Victoriaville du 4 février au 15 mars prochains, devant la juge Marie-France Vincent.

Sébastien Verzeni, directeur d’Enerfin, refuse de commenter le dossier durant les procédures judiciaires.

M. Bourque souhaite que le procès permette de tourner la page.

« Il va falloir faire un effort, mais il faudra en venir à ne plus en parler », conclut le requérant.