/opinion/columnists
Navigation

Trump et son mur ont-ils frappé un mur?

Trump et son mur ont-ils frappé un mur?
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

Dans la crise budgétaire qui paralyse le gouvernement américain depuis plus d’un mois, il n’y a toujours pas de solution en vue. Pour dénouer l’impasse, le président Trump devra faire ce dont il semble incapable : un compromis.

Aux États-Unis, le shutdown est entré dans son second mois et on semble plus loin d’une solution aujourd’hui qu’au tout début.

Cette paralysie coûte cher, surtout pour les employés fédéraux, mais aussi pour l’économie qui pourrait afficher une croissance nulle au premier trimestre si la crise se prolonge.

Donald Trump perd cette confrontation et il ne donne aucun signe de pouvoir y trouver une solution.

Dialogue de sourds

Le président a présenté samedi un plan qui comprenait des accommodements temporaires pour les immigrants irréguliers en échange de 5,7 milliards $ pour son mur. Pour les démocrates, c’était inacceptable. Ils réclament la fin immédiate du shutdown, sans condition.

S’il veut vraiment son mur, Trump devra renoncer à tenir 800 000 employés fédéraux en otage et être prêt à faire des concessions aux démocrates, que son parti et sa « base » n’accepteront jamais. Bref, ce n’est pas demain la veille.

En politique comme dans les affaires, un bon « deal » en est un où tout le monde gagne, mais pour Trump le politicien, il semble que les seuls « deals » acceptables sont ceux dont il sort seul gagnant.

C’est un très mauvais calcul. Historiquement, les présidents qui ont du succès sont ceux qui s’entendent avec leurs adversaires politiques. Pour y arriver, Trump devra contredire les leaders d’opinion de droite qui agitent sa base militante en attisant les flammes de l’intolérance, ce dont il semble être incapable.

Donald Trump est peut-être convaincu qu’il gagne cette confrontation parce que ses militants applaudissent à ses moindres gestes. En fait, il est en train de se faire passer à la moulinette.

Avantage aux démocrates

Pourquoi les démocrates devraient-ils reculer ? Le président a lui-même affirmé qu’il prendrait le blâme pour le shutdown, ce qu’une majorité de ses concitoyens lui accorde volontiers.

Les démocrates savent aussi que leurs vis-à-vis républicains ne tiennent pas absolument à construire un mur, ce qui fait qu’ils ne concéderont jamais rien d’important en échange.

Les signes d’affaiblissement de Donald Trump s’accumulent. Sa cote de popularité fond comme neige au soleil et elle continuera à s’affaisser si le ralentissement économique provoqué par cette paralysie se prolonge.

Le président croyait faire un bon coup en ranimant la chicane autour du discours sur l’état de l’Union, mais il s’est dégonflé et n’a fait que renforcer la position de Nancy Pelosi, qui refuse catégoriquement de l’accueillir au Congrès tant que l’impasse n’est pas réglée.

Trump est arrivé à la présidence en pensant qu’il pourrait diriger seul, comme il menait son entreprise familiale ou comme son ami Vladimir mène la Russie. Avec un Congrès contrôlé en partie par des démocrates qui n’ont rien à perdre à lui dire non, c’est impossible.