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Lemelin coupable de tentative de meurtre, son coaccusé acquitté

Il a été trahi par la tuque Budweiser qu’il portait lors d’une violente invasion de domicile à Beauport

Lemelin coupable de tentative de meurtre, son coaccusé acquitté
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Trahi par la tuque Budweiser qu’il portait lors d’une violente invasion de domicile à Beauport, un individu au lourd passé judiciaire a été déclaré coupable d’avoir tenté de tuer sa victime avec une arme à feu, tandis que son coaccusé a été acquitté sur toute la ligne.  

Le juge Christian Boulet n’a pas cru Pierre Lemelin, 37 ans, qui a soutenu que son coaccusé, Johnny Daigle, 52 ans, était celui qui portait l’arme et qui avait fait feu à cinq reprises lors d’un cambriolage qui a mal tourné dans la nuit du 4 au 5 juin 2017 chez la victime Miguel Dufour, rue Renouard, à Beauport.  

Selon les aveux de Lemelin faits aux policiers après son arrestation sept mois après le crime, lui et Daigle avaient décidé de s’introduire par effraction dans le logement de Dufour pour y voler de l’argent et des stupéfiants.  

C’est Mario Lamonde, un ami de Dufour, qui leur avait donné l’information que des liasses d’argent y étaient cachées.  

Lamonde, qui a incriminé les deux autres et qui a aussi été accusé dans cette affaire, ne serait jamais entré dans l’appartement.  

Atteint par trois coups de feu  

Deux cagoulards ont fait irruption chez Dufour – qui était dans son lit – en défonçant la porte. Le cambriolage a rapidement pris des allures violentes.  

Dufour, 33 ans, a frappé à plusieurs reprises à la tête un premier cambrioleur, qui venait de lui envoyer quelques décharges dans les côtes avec un «Taser gun».  

Puis, un autre assaillant cagoulé a tiré cinq coups de feu. Dufour a été atteint deux fois à l’abdomen, et une fois à la cuisse droite.  

Il a été blessé sérieusement, gisant dans une marre de sang. Les deux autres projectiles tirés se sont logés dans un mur et dans le plancher.  

La conjointe de Dufour et quatre autres membres de sa famille étaient dans la maison. Mais ni eux ni le plaignant, lui-même un individu avec des antécédents judiciaires, n’ont été en mesure d’identifier les agresseurs.  

Toutefois, la preuve présentée au procès a convaincu le juge hors de tout doute raisonnable que Lemelin était le tireur, bien qu’il affirmait être plutôt l’assaillant au «Taser».  

Tuque avec son ADN  

Une tuque Budweiser récupérée sur les lieux du crime a fourni d’importantes réponses. L’ADN de Lemelin y a été prélevé. D’ailleurs, l’accusé avait soutenu aux enquêteurs dans une déclaration que c’était bien lui qui la portait.  

Lemelin coupable de tentative de meurtre, son coaccusé acquitté
Photo courtoisie

Trois témoins ont indiqué au procès que le tireur était celui qui était coiffé de la fameuse tuque. Deux d’entre eux l’ont même vu faire feu.  

«Je ne crois pas Monsieur Lemelin lorsqu’il dit que son complice est le tireur. La preuve est hors de tout doute raisonnable que c’est plutôt lui», a affirmé le juge avant de le déclarer coupable sur tous les chefs qui pesaient contre lui, dont le plus grave, celui de tentative de meurtre.  

«Je suis convaincu que Monsieur Lemelin, en tirant cinq coups de feu en direction du plaignant dont trois l’ont atteint, avait l’intention spécifique de causer sa mort», a tranché le magistrat.  

Probablement, mais...  

Quant au deuxième assaillant, bien que Dufour ait réussi à lui enlever sa cagoule, personne n’a pu l’identifier sur place.  

Du sang prélevé tout juste à l’extérieur de la résidence appartenait à Daigle, mais le juge a estimé que cet indice ne permettait pas de prouver qu’il était entré à l’intérieur.  

«La preuve indique que le deuxième cagoulard est probablement Monsieur Johnny Daigle, mais je n’en suis pas convaincu hors de tout doute raisonnable», a affirmé le juge Boulet avant de prononcer son acquittement sur tous les chefs.  

Le troisième complice dans cette histoire, Lamonde, 37 ans, a été condamné la semaine dernière à trois ans de pénitencier après avoir plaidé coupable à une accusation d’introduction par effraction dans le but de commettre un vol qualifié.  

Il soutient être toujours resté à l’extérieur et s’être sauvé lorsqu’il a entendu un coup de feu.  

Lemelin a déjà écopé d’une peine de 66 mois en 2011 pour avoir causé la mort d’un ami dans un accident, alors qu’il conduisait complètement saoul et intoxiqué par des méthamphétamines.  

Il reviendra en cour en prévision du prononcé de sa peine en février.