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Antilles françaises: la Guadeloupe à vélo

VOY-VELO-GUADELOUPE
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée

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SAINT-FRANÇOIS, Guadeloupe | Il suffit d’un seul regard sur la carte de la Guadeloupe pour comprendre son surnom de l’« île papillon ». Ce superbe archipel des Antilles françaises déploie ses deux grandes ailes sur fond de mer émeraude. Un paradis pour les plongeurs... autant que pour les cyclistes qui roulent avec délice au beau milieu de la canne à sucre, des bananiers et des cocotiers.

« Allez vous baigner plutôt que de pédaler », nous lance sur le ton de l’humour un vieux Guadeloupéen qui sirote un verre de rhum blanc sur sa terrasse fleurie.

Il est vrai que par les 30 degrés à l’ombre qu’il fait aujourd’hui, on peut se demander pourquoi nous ne remplaçons par le lycra de notre chandail de vélo par celui de notre maillot de bain. Mais le bain de mer attendra, il y a tant à découvrir en Guadeloupe en dehors de ses plages.

Logé dans un hôtel de la station balnéaire de Saint-François, au sud-est de Haute-Terre (l’aile droite du papillon), notre peloton compte bien sillonner tous les chemins de traverse de cette partie « un peu plus plate » de l’île.

Des plages à l’état sauvage appellent à la détente.
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée
Des plages à l’état sauvage appellent à la détente.

Le premier jour nous conduit à la belle Pointe des Châteaux, à 12 km de notre hôtel. Un aller-retour le long de plages sauvages jusqu’à l’extrémité rocheuse et déchiquetée de cette péninsule photogénique. Partis tôt le matin avant les grosses chaleurs, nous avons le temps en chemin de déclipser nos chaussures pour plonger dans l’eau chaude de la mer des Antilles.

Bord de plage en Guadeloupe.
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée
Bord de plage en Guadeloupe.

Traverser les terres

Le lendemain, un 40 km nous attend pour rejoindre Vieux-Bourg, un petit village de pêcheurs proche du cœur du papillon. Troquant les routes nationales pour de charmants chemins de campagne, nous rentrons au cœur du territoire agricole de la Guadeloupe. Les cocotiers des plages du Sud laissent place à des champs de canne à sucre à perte de vue, entrecoupés de bananeraies aux régimes de fruits appétissants. On croirait rouler dans un jardin d’Éden avec les vaches qui paissent en liberté et nous regardent nous échiner sur l’asphalte brûlant. Heureusement, de belles descentes récompensent nos efforts et la vitesse nous sert de climatiseur naturel.

Sur l’heure de midi, à la mi-journée, on atteint la superbe baie de Grand Cul-de-sac marin, fermée au large par des récifs coralliens. Rien de mieux comme collation qu’un sac d’acras (beignets de morue épicés) et deux belles mangues bien juteuses dégustés à même le quai de pêcheurs, les pieds dans l’eau émeraude.

Le vélo tatoué sur le cœur

Le long de la côte ouest de Marie-Galante, 
en Guadeloupe.
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée
Le long de la côte ouest de Marie-Galante, en Guadeloupe.

Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. On continue d’explorer l’intérieur des terres en passant par des dizaines de petits villages créoles, où nous sommes probablement les seuls touristes de la journée. Les Guadeloupéens nous saluent toujours de la main gentiment et nous encouragent comme si nous participions au Tour de France.

La culture du vélo est impressionnante sur cet archipel antillais, pourtant bien loin de sa métropole. Il n’y a pas eu une seule matinée où nous n’avons croisé d’impressionnants pelotons de cyclistes guadeloupéens s’entraînant avant de commencer leur journée de travail.

Ici, la plupart des routes sont de beaux rubans d’asphalte lisse, et les automobilistes prennent tous la peine de laisser un grand espace entre leur véhicule et notre vélo. Une bénédiction compte tenu des routes parfois étroites qui serpentent à travers les collines de l’île.

Panneau « traversée de tortues marines » à Marie-Galante, en Guadeloupe.
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée
Panneau « traversée de tortues marines » à Marie-Galante, en Guadeloupe.

Nous quittons aujourd’hui l’île papillon pour rouler sur la plus belle fleur de l’archipel, Marie-Galante. Située à 30 km des côtes, l’île est accessible en une heure de traversier. Troisième plus grande île des Antilles françaises, son tour complet représente 50 km de vélo.

Pédaler dans un havre de paix

Marie-Galante est surnommée « la grande galette », mais elle nous réserve pourtant les plus belles côtes de notre semaine de pédalage en Guadeloupe. Le sud de l’île est superbe avec des plages idylliques bordées de cocotiers penchés. Très peu de véhicules circulent sur l’île, et nous croisons davantage de scooters et de chariots tractés par des bœufs.

Restaurant sur le bord de la plage à Marie-Galante, en Guadeloupe.
Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée
Restaurant sur le bord de la plage à Marie-Galante, en Guadeloupe.

Les insulaires avec qui nous discutons lors d’une étape rafraîchissante à l’ombre de grands flamboyants sont fiers d’avoir réussi à conserver l’âme authentique de leur île et son charme d’antan.

En bouclant la boucle à Saint-Louis, le port de Marie-Galante où nous attendons le traversier pour la navigation de retour, le panorama est magique sur les reliefs montagneux du volcan de la Soufrière (1467 m), à Basse-Terre. Tout en dégustant notre sorbet coco, nous nous prenons à rêver d’un futur séjour cycliste à la découverte de l’aile gauche de ce beau papillon antillais.

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Photo d'archives Agence QMI, Frédérique Sauvée

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Ce reportage a été rendu possible grâce à Vélo Québec Voyages.