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Fuir la dépression

Originaire de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, Caroline Savoie a remporté le Festival international de la chanson de Granby en 2015.
Photo courtoisie, LePetitRusse Originaire de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, Caroline Savoie a remporté le Festival international de la chanson de Granby en 2015.

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Originaire du Nouveau-Brunswick, Caroline Savoie apprivoise sa nouvelle vie montréalaise depuis trois ans. Pour la gagnante de l’édition 2015 du Festival international de la chanson de Granby, les dernières années n’ont pas été de tout repos. Son nouvel album, Pourchasser l’aube, aborde notamment la dépression, l’anxiété, la déception amoureuse, le doute et la solitude. Le Journal s’est entretenu avec elle.

Tu as quitté ta province natale pour Montréal il y a trois ans. Comment se passe ta nouvelle vie ?

« Super bien. Quand j’ai déménagé ici, j’avais déjà des amis qui y habitaient. C’était facile de faire le changement. Mais c’est sûr que je m’ennuie beaucoup de chez nous. J’y retourne tous les deux mois, au moins. »

Qu’est-ce que ce déménagement a changé dans ta carrière ?

« C’est proche de tout. Je vais voir des shows presque chaque semaine. C’est super enrichissant. J’avais aussi besoin d’un changement d’environnement. J’ai beaucoup plus écrit aussitôt que je suis arrivée ici. J’avais un peu le syndrome de la page blanche à Moncton. Ç’a vraiment fait du bien de déménager. »

Le nouvel album est-il teinté de cette nouvelle vie montréalaise ?

« Oui, quand même. Ç’a été un peu d’ajustement d’être ici, d’avoir un différent mode de vie. Faire les salles au Québec, en tournée, je n’avais jamais fait ça avant. C’était un nouveau public. Ça parle un peu de ça dans l’album. »

Quand as-tu commencé la création du nouveau disque ?

« Aussitôt que je sors un disque, je commence à écrire l’autre. Quand j’ai sorti mon premier album, j’avais déjà commencé à travailler sur le prochain. Mais je dirais que c’est autour de 2017 et 2018 que j’ai écrit le plus de chansons. »

Avais-tu une idée en tête de l’ambiance générale que tu voulais qui se dégage du disque ?

« Ça fait longtemps que j’essayais d’avoir un certain son. J’ai beaucoup écouté du Feist, Karkwa et Marie-Pierre Arthur. Ça faisait longtemps que je voulais faire un mélange de ça. Je n’étais pas capable. C’est pour ça que j’ai fait appel à Philippe Brault [pour la réalisation]. Je sens qu’avec cet album-là, on a vraiment concrétisé mon son. »

Pourquoi avoir choisi le titre Pourchasser l’aube ?

« Je n’ai pas eu une année facile quand j’ai écrit l’album. J’ai fait une dépression et beaucoup d’anxiété. Je me demandais si j’allais continuer à faire de la musique et si je devais rester à Montréal ou retourner au Nouveau-Brunswick. On dirait que j’étais tout le temps à la recherche d’un nouveau départ. Je pense qu’on le sent beaucoup dans les chansons. Cet album-là était vraiment comme une thérapie. Je ne planifiais même pas sortir ces tounes-là, car elles étaient très personnelles. Mais en même temps, je me disais que si j’étais honnête avec ce que j’avais vécu, j’allais les sortir. »

La dépression est encore un sujet souvent tabou. Pourquoi as-tu voulu l’aborder sur le disque ?

« J’ai essayé de l’imager sur certaines chansons, mais ce n’est pas facile, car c’est un mal que les gens ne peuvent pas voir. C’est vraiment une détresse. Dans les tounes, j’ai essayé de mettre plus d’images pour que les gens comprennent. Cette période sombre a duré un peu moins d’un an. J’ai été chanceuse parce que j’étais hyper bien entourée. Je suis allée chercher de l’aide. L’écriture de l’album m’a vraiment aidée à m’en sortir. J’ai des antécédents de ça, dans ma famille, du côté de mon père. Mon single qui vient juste de sortir, Mille et un, parle de ces crises d’anxiété. J’ai aussi une chanson, Le monstre, qui parle de ce sujet. »

Comment expliques-tu que beaucoup d’artistes acadiens ont du succès au Québec ?

« Lisa (LeBlanc) et Radio Radio ont eu beaucoup de succès ici, il y a quelques années. Quand on voyait ça, au Nouveau-Brunswick, on se disait que c’était possible pour nous. Ils ont tracé le chemin pour plein de monde. [...] Avant ça, je n’avais jamais eu beaucoup de modèles de mon âge. On entendait surtout parler de Zachary Richard et Édith Butler. »


Le deuxième album de Caroline Savoie, Pourchasser l’aube, paraîtra le 1er février. Pour les détails : carolinesavoie.com.

Originaire de Dieppe, au Nouveau-Brunswick, Caroline Savoie a remporté le Festival international de la chanson de Granby en 2015.
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