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Les pourvoiries ne sont plus réservées aux hommes

France Boucher a abattu une antilope noir en mai 2018, en Afrique du sud. Elle est photographiée ici derrière la bête, avec son conjoint Eric Bergeron.
PHOTO COURTOISIE France Boucher a abattu une antilope noir en mai 2018, en Afrique du sud. Elle est photographiée ici derrière la bête, avec son conjoint Eric Bergeron.

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De plus en plus de femmes fréquentent les pourvoiries du Québec, surtout pour la pêche, mais de plus en plus pour la chasse.

Le temps où les voyages de chasse et de pêche étaient l’apanage des hommes est révolu. Depuis une dizaine d’années, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans les pourvoiries.

Elles représenteraient maintenant de 10 à 20% de la clientèle, selon des pourvoyeurs rencontrés par l’Agence QMI au Salon national de la pourvoirie chasse et pêche de Laval, qui se déroule ce week-end.

France Boucher, qui est copropriétaire d’une terre de chasse en Afrique du Sud avec son conjoint Éric Bergeron, chasse depuis une douzaine d’années, et a vu les femmes et les enfants arriver.

«On en voit de plus en plus. C’est agréable de recevoir des couples. On voit aussi de plus en plus de jeunes avec leurs parents. De recevoir des petites familles et de vivre les initiations avec eux, je trouve cela génial», a-t-elle dit.

Louer une île

Des familles vont désormais jusqu’à s’unir pour louer l’île de la pourvoirie Némis, dans les Hautes-Laurentides. Cinq chalets d’un minimum de quatre personnes y sont disponibles. Les gens partent en bateau pour aller chasser sur les berges environnantes.

Le propriétaire, Michel Desjardins, dit recevoir deux ou trois groupes composés exclusivement de femmes chaque année, ce qu’il ne voyait pas il y a 25 ans.

«Les femmes prennent ça à cœur et s’appliquent», dit-il.

Il indique par ailleurs que la grande majorité des groupes de juillet à août sont composés de familles.

Danny Hébert, de la pourvoirie Jodoin, dans les Hautes-Laurentides également, a aussi remarqué que la forêt n’appartient plus aux hommes.

«Ce n’est plus les quatre monsieurs qui vont à la pêche. Je dirais qu’il y a beaucoup de familles depuis dix ans», dit-il.

Des entreprises de vêtements, comme Hypnose, de Saint-Hyacinthe, se sont ajustées à cette nouvelle réalité et proposent des vêtements de chasse teintés de rose depuis quelques années.

«La dame vient magasiner et profite du bois autant qu’un homme», dit Sébastien Couture, qui est actionnaire de la compagnie.

Confort

Le confort des chalets contemporains joue également un rôle dans la venue de femmes et d’enfants, selon Martin Dufour de la pourvoirie Club Bataram, dans Charlevoix.

«Veux, veux pas, des gars qui s’en vont en forêt pour prendre de la bière et s’amuser, le chalet ne les dérange pas. Mais les femmes sont plus portées à vouloir des commodités et des chalets propres», dit-il.

Il ajoute que la clientèle demande de plus en plus à avoir du réseau cellulaire.