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Les Archives de Montréal mieux sécurisées

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
Sébastien St-Jean / Agence QMI Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.

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Une partie de l’histoire de Montréal se trouve maintenant plus en sécurité que jamais, alors que la Ville a déménagé depuis décembre ses 28 000 pièces d’archives dans des locaux temporaires pour trois ans.  

Le «24 Heures» a visité le nouveau lieu de résidence des Archives de Montréal, près de la station de métro Rosemont, puisque celles-ci ont quitté pour la première fois en un siècle les chambres fortes de l’hôtel de ville, qui sera rénové à partir de juin.  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
S�bastien St-Jean / Agence QMI

 

«On ne pouvait pas laisser les archives sur place pendant les travaux. Il y a trop de danger, la soudure entre autres dans les bâtiments patrimoniaux ça peut entrainer des problèmes de feu», a expliqué Mario Robert, le chef de division et responsable des Archives de Montréal.  

 L’édifice Lucien-Saulnier, où iront les employés de l’hôtel de ville pendant le chantier, ne pouvait pas non plus les accueillir, faute d’espace. L’équipe des Archives s’est donc tournée vers le 5800 Saint-Denis, où la Ville loue des locaux où logeaient autrefois ses imprimeries et le bureau des élections municipales de 2017. 

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
Sébastien St-Jean / Agence QMI

  

 M. Robert assure que les archives sont entreposées dans d’excellentes conditions, même meilleures qu’à l’hôtel de ville, où il y avait des problèmes d’infiltration d’eau et des appareils datant de plusieurs époques.  

«Ici, ce sont des conditions idéales. Quand on va retourner à l’hôtel de ville, elles vont encore plus être idéales», a-t-il souligné. Pour tous les types de pièces d’archives dans un même lieu, la température doit être maintenue à 17-18 degrés avec un taux d’humidité de 40 à 50 %.  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
S�bastien St-Jean / Agence QMI

 

Les archives ne sont plus situées dans un sous-sol, mais bien dans un immeuble à étage, et les planchers sont solides pour soutenir leur poids. «Ce bâtiment-là a été construit dans les années 1970 pour des ateliers de couture de vêtements pendant une vingtaine d’années», a précisé l’archiviste.  

Kilomètres d'archives  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
Sébastien St-Jean / Agence QMI

 

Sur place, 4,6 km de documents ont dû être compressés dans un lieu ne pouvant en accueillir que 3,8 km. «Le plus gros défi a été d’y aller par type de contenants, qui sont identiques. Ça permet de rationaliser l’espace parce qu’à l’hôtel de ville on pouvait avoir une boîte comme cela, et une autre d’une autre forme l’une à côté de l’autre», a indiqué Mario Robert. Il fallait aussi s’assurer que les boîtes soient facilement repérables.  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
S�bastien St-Jean / Agence QMI

 

Les milliers de négatifs photographiques sur plaque de verre ont été les articles les plus délicats à déménager, a-t-il ajouté. Ils ont été bien enveloppés dans une pellicule de plastique et les déménageurs ont été avertis.  

Une dizaine de jours pour déménager  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
Sébastien St-Jean / Agence QMI

 

Mario Robert considère le déménagement des archives comme «très important». Il s’est étiré sur six jours au mois de décembre. Quelque 11 000 boîtes et 600 registres ont été transportés par camion. L’opération a nécessité une trentaine de chargements.  

Le déménagement se poursuit pendant quelques jours au mois de janvier puisque 11 000 registres et 4000 boîtes doivent s’ajouter sur les étagères. «Ça s’est bien passé parce qu’on était bien préparés, a soutenu l’archiviste. Ça fait deux ans qu’on commence à planifier le déménagement.»  

Un inventaire complet de toutes les pièces a d’ailleurs dû être réalisé en 2018, avec l’ajout de 2000 boîtes qui n’avaient pas été répertoriées dans la base de données des archives. «C’était un travail de moine», a reconnu M. Robert.  

Des pièces d’exception  

En plus des documents de la Ville, récoltées depuis le premier conseil municipal en 1833, les Archives de Montréal possèdent de nombreux fonds d’archives contenant certaines pièces d’exception qui témoignent de la vie à Montréal à travers des siècles.  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
S�bastien St-Jean / Agence QMI

 

Le service détient entre autres le document d’une concession de terres par le cofondateur et gouverneur de Montréal Paul Chomedey de Maisonneuve à Nicolas Goddé et datant de 1651. Il s’agit de l’un des plus vieilles pièces que détiennent les Archives concernant la métropole, qui a été fondée en 1642.  

 

Mario Robert, chef de division et responsable des Archives de Montréal.
S�bastien St-Jean / Agence QMI

 

  

La correspondance de 1888-1889 du célèbre curé Antoine Labelle — qui a joué un rôle important dans la colonisation des Laurentides au 19e siècle et qui est dépeint dans «Les Belles Histoires des pays d’en haut» — se cache aussi dans les étagères des Archives.  

Jean Drapeau  

Les archives personnelles de l’ancien maire Jean-Drapeau, d’une longueur de 152 mètres, seront d’ailleurs accessibles au public à partir de l’automne.  

Les documents avaient été cédés aux Archives en 1999 par sa famille. «Le contrat de donation précisait que les archives seraient accessibles 20 ans après le décès de monsieur Drapeau», ont précisé les communications de la Ville.  

 Le déménagement des archives c’est...    

  •  4,6 km d’archives au total  
  •  28 000 pièces, dont 15 000 boîtes et 11 000 registres  
  •  Environ 70 chargements de camion au total  
  •  Une dizaine de jours de déménagement  
  •  Trois ans dans des locaux temporaires avant de retourner à l’hôtel de ville