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Les produits laitiers ont encore leur place

Milchprodukte
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Mardi dernier, les Canadiens ont pu enfin découvrir la version totalement revampée du guide alimentaire canadien. La transition du concept des portions vers celui de proportions en a déstabilisé plusieurs. Si l’on adore l’approche holistique de l’alimentation qui tient compte de la qualité des aliments, mais aussi du contexte social dans lequel nous mangeons, certaines questions demeurent. Faisons le point !

La place des produits laitiers

Je déplorais depuis longtemps l’influence de l’industrie alimentaire dans le développement d’un outil de santé publique comme le guide alimentaire. Les producteurs laitiers n’étaient pas les seuls ayant participé à la table de concertation pour l’élaboration des anciens guides, d’autres acteurs de l’industrie alimentaire y étaient aussi.

Cela dit, ce sont les producteurs laitiers qui connaissent sans doute la plus grande perte avec la disparition du groupe – produits laitiers et substituts – dans le nouveau guide alimentaire canadien et l’absence de lait dans l’assiette santé.

Le lait est un aliment nutritif, j’en bois tous les jours et je le recommande aussi à mes clients. C’est une source de protéines intéressante à ajouter au petit déjeuner, là où les protéines font souvent défaut. Il apporte du calcium et de la vitamine D, de précieux nutriments qui sont souvent manquants dans l’alimentation des Canadiens.

Les personnes qui souffrent d’intolérance et celles qui suivent un régime végétarien ou végétalien ont plusieurs options de boissons végétales enrichies en calcium et vitamine D qui remplacent le lait avec une valeur nutritive s’y rapprochant, surtout dans le cas de la boisson de soya. J’aime le lait pour sa naturalité, j’aime la boisson de soya pour son contenu en phytoestrogènes. Par-dessus tout, je recommande toujours la variété, un concept clé au sein du nouveau guide.

Lors de la conférence de presse de mardi dernier, j’ai fait part de mon inquiétude à Hasan Hutchinson, PhD, directeur général, bureau de la politique et de la promotion de la santé à Santé Canada en lui posant deux questions. Si le lait ou la boisson végétale enrichie ne sont plus mis en évidence sur l’assiette santé, ne risque-t-on pas de ne pas atteindre nos apports recommandés en calcium et en vitamine D ? À la limite, devrait-on réduire les recommandations en calcium pour rejoindre le niveau de l’OMS (soit 500 mg par jour) ?

Le Dr Hutchinson a expliqué que bien que l’accent soit mis sur les protéines végétales, les produits laitiers faibles en gras (lait, yogourt, kéfir et fromage) font partie des fondations du nouveau guide. Il m’avoue aussi avoir testé une assiette santé avec un verre de lait (ou une boisson végétale) à côté du verre d’eau, mais que le message n’était pas aussi clair pour les consommateurs qui ont pris part aux consultations populaires.

Santé Canada confirme aussi que les besoins en calcium et en vitamine D demeurent inchangés et que, malgré l’absence de portions, la rencontre de l’apport nutritionnel recommandé reste un objectif quotidien pour les Canadiens.

Le gouvernement est aussi à revoir les politiques d’enrichissement des aliments, de façon à permettre à plus d’aliments d’être enrichis en vitamine D.

Nos besoins en vitamine D

En 2010, Santé Canada a révisé à la hausse les recommandations en vitamine D. L’apport recommandé chez les personnes de 1 à 70 ans est de 600 UI par jour. Chez les personnes âgées de 71 ans et plus, l’apport recommandé se chiffre à 800 UI par jour.

Puisque notre production de vitamine D est limitée, il est important de consommer des aliments qui contiennent ou qui sont enrichis en vitamine D.

Cependant, les sources alimentaires sont loin d’être nombreuses et diversifiées, ce qui rend difficile l’atteinte de ces recommandations.

Santé Canada recommande même à toutes les personnes de 50 ans et plus de prendre un supplément de 400 UI par jour.

Les sources alimentaires de vitamine D

Aliments Portion Vitamine D (UI)
Champignons shiitake

10 séchés  

125 ml (½ tasse) tranchés, sautés 

56 

15

Saumon de l’Atlantique  75 g

204 (élevage)

246 (sauvage)

Truite 75 g

192 (élevage)

210 (sauvage)

Maquereau 75 g 78
Sardines  75 g  70
Sole  75 g  44
Morue  75 g  36
Tilapia  75 g  121
Thon frais  75 g  219
Thon en conserve  75 g  36
Lait  250 ml (1 tasse)  103
Boisson de soya enrichie  250 ml (1 tasse)  87
Yogourt enrichi  100 g (1 petit contenant)  30 à 50
Pain enrichi  2 tranches  50
Œufs  2 gros  52
Margarine non hydrogénée enrichie  5 ml (1 c. à thé)  24

 

Nos besoins en calcium

Les besoins en calcium varient de 1000 à 1200 mg selon l’âge et le sexe. Si la famille des choux, les légumineuses et les amandes contiennent du calcium, les produits laitiers et les boissons végétales enrichies restent des aliments de choix pour combler facilement nos besoins.

Les sources alimentaires de calcium

Aliments Portion Calcium (mg)
Chou cavalier cuit  125 ml (1/2 tasse)  189
Épinard cuit  125 ml (1/2 tasse) 129
Chou vert cuit  125 ml (1/2 tasse)  95
Lait  250 ml (1 tasse)  291-322
Boisson végétale enrichie  250 ml (1 tasse)  321-324
Fromage ferme faible en gras  50 g  396-506
Ricotta 125 ml (1/2 tasse)  269-356
Yogourt grec nature 175 g (3/4 tasse)  180-212
Kéfir 175 g (3/4 tasse)  198
Sardines avec arêtes 75 g  286
Maquereau 75 g  181
Saumon rose (en conserve) 75 g  179-212
Tofu avec sulfate de calcium 150 g  302-525
Haricots blancs cuits 175 ml (3/4 tasse)  93-141
Amandes rôties à sec   60 ml (1/4 tasse) 93

Source : www.dietetians.ca

Mes recommandations

J’adore l’assiette santé qui véhicule un message clair sur l’importance de consommer des végétaux, et je crois assurément que si les Canadiens adoptent le modèle, on réduira la prévalence d’obésité, de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de cancer, en plus d’avoir un impact favorable sur l’environnement. Outre l’eau, je recommanderais d’inclure du lait ou des boissons végétales enrichies régulièrement, voire quotidiennement, selon l’inclusion dans votre alimentation d’autres sources alimentaires de calcium et de vitamine D (à moins que vous preniez un supplément). Les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les personnes âgées, sont des groupes qu’on devrait prioriser, car leurs besoins sont particuliers.

Au cours de l’année, Santé Canada publiera un guide de référence pour les professionnels de la santé qui prévoira des lignes directrices plus précises sur les portions ainsi que des recommandations précises pour les différents âges et sexes. Ce nouvel outil est essentiel pour l’élaboration des programmes de nutrition et menus, notamment au sein des écoles et des hôpitaux. Il faudra aussi travailler fort pour introduire des protéines végétales au sein des CHSLD et résidences de personnes âgées, alors que les viandes en sauce et les purées y règnent généralement.